4« Βρεκεκεκε ξ κοàξ κοàξ », chante en un long écho le chœur des grenouilles. Les flots vides y répondent, doucement, traversent Fay qui n’est plus qu’une vague silhouette, qui n’existe plus, tache noire dans les ténèbres. « Βρεκεκεκε ξ κοàξ κοàξ. »
Sans vertu ni crime, sans la moindre obole, elle demeure sur les rives du Styx abhorré. Au-delà des brumes sombres s’étend la plaine sinistre des Asphodèles, où soufflent les ombres, où l’errance s’éternise. Pour un siècle, Fay ne fera face, figés, qu’aux bouquets de roseaux, à la massette, au souchet. Elle n’a plus froid, plus peur.
Le vieux nocher s’éloigne, arc-bouté sur sa rame, brassant lentement les eaux qui rongent. Au loin crèvent trois aboiements.