Chapitre XX Ils recommencèrent à jouer. M. de Mériolle, qui la veille s’était assis à cette table en riant, tout fier de l’honneur qui rejaillirait sur lui d’avoir tenu tête à son fameux vicomte, était devenu sérieux et inquiet. Il savait qu’il ne pourrait pas payer sa dette ; il fallait donc qu’il forçât Sainte-Austreberthe à quitter le jeu. Mais comment l’obliger à cela ? Le vicomte semblait décidé à jouer tant qu’il aurait un souffle dans la poitrine, et rien en lui n’annonçait qu’il fût prêt à céder à la lassitude. Le mot qu’ils avaient dit en débutant : « Au plus solide des deux, » était devenu une réalité effrayante. Le gagnant serait celui qui ne roulerait pas sous la table. C’était donc un duel, un vrai duel, plus grave, plus dangereux que s’ils avaient eu des épées dans les ma


