Chapitre 9

2682 Mots
L’herbe avait submergé la terre rousse des collines. Trois ans s’étaient écoulés depuis que les pierres de la route l’avaient fauché. Je fixai la pierre de granit et l’épitaphe grotesque gravée dessus et je crus entrevoir le visage d’Antoni, difforme et sanguinolent, dans les rainures de la pierre. Je soupirai et m’essuyai rapidement les yeux. J’avais passé ma dernière soirée de liberté avec Antoni, avant mon exil pour Mantaore. Il avait tout juste quatorze ans et ce vaurien m’avait suivi au bordel en croyant que je ne l’avais pas vu me filer dans la rue. J’avais dans l’idée de passer ma dernière nuit dans les bras d’un joli brin de fille. À l’angle de la rue du Bon Plaisir, je m’étais arrêté pour allumer une cigarette et Antoni s’était rapproché. Il m’avait emboîté le pas sans mot dire, je l’avais laissé faire. La vieille Lanay lui avait fait les yeux doux sitôt qu’elle l’avait vu. Pour ma dernière nuit avec lui, je lui avais offert une p**e et suffisamment de coups à boire pour qu’il soit définitivement soigné des tord-boyaux. Quel frère lamentable j’avais été ! Je m’agenouillai devant le tombeau. Le Soleil déclinait par-delà le faîte des collines, illuminant la terre rousse. La nausée tapissait peu à peu mon gosier. Un rideau de brume se levait des coteaux. Quand on était gosses, on imaginait que les morts s’arrachaient de leur tombe. Naïs se releva à mes côtés. Elle épousseta sa robe et s’approcha. Sa main se referma sur mon épaule. « Nous devrions rentrer. Il se fait tard. » Je considérai une dernière fois la stèle, puis me redressai péniblement en soupirant. Je fis volte-face et roulai un bras autour de sa nuque. Naïs portait ses cheveux détachés et quelques mèches vinrent frôler mon coude. Elle leva les yeux et, malgré son sourire, son regard mélancolique me transperça. Le chemin filait entre les arbres, bordé d’airelles, pénétrant de plus en plus profondément dans la forêt. Un vent frais étendait ses tentacules, si bien que Naïs retenait autour de ses épaules un châle de laine bleu. J’étais encore tout engourdi. Le cimetière de Shore-Ker me laissait toujours le sentiment irrationnel de ne pas appartenir à ce monde. « J’ai pensé qu’on pourrait aller pêcher demain matin, me dit Naïs, coupant court à mes pensées. — Pourquoi pas ? — Les saumons remontent le courant en ce moment. Je connais quelques bons endroits. — M-hm, on ira voir. — Tu te moques de ce que je te raconte, n’est-ce pas ? — Excuse-moi, j’ai la tête ailleurs. » Elle m’adressa un sourire tendre, puis glissa son bras sous le mien. « Tu sais, commença-t-elle d’une petite voix, j’ai pensé que peut-être tu ne re… » Je m’immobilisai net au milieu du sentier. Des picotements remontèrent mon échine. Je braquai mon regard sur les massifs de fleurs qui bordaient la sente. « Que se passe-t-il ? » murmura Naïs. Je posai l’index en travers de ses lèvres, lâchai son bras et me retournai sur le sentier. Il était désert. Pourtant, je percevais, aussi clair que de l’eau de roche, des voix qui brisaient le silence. Derrière les arbres, à quelques centaines de mètres. En approche. Je saisis mon sabre. Naïs le considéra, incrédule. Elle se rapprocha et tira sur la manche de ma tunique. Je ne pris pas le temps de lui répondre. Je l’attrapai par la main et l’entraînai dans les frondaisons, laissant la route derrière nous. Nous courûmes un moment sur un tapis d’aiguilles, puis nous rattrapâmes le lit du Lounasfolle, un étroit ruisseau qui serpentait entre des galets glissants. Naïs faillit s’effondrer sur un monticule de pierrailles. Je resserrai ma prise sur sa main et empêchai qu’elle ne batifole avec les cailloux. Elle galopait derrière moi, les joues en feu. Sa robe, aussi nuisible qu’un piège à loups, s’accrochait à toutes les ronces et fougères. Son corset l’étouffait. Elle était en nage et haletait comme un vieux canasson. « Seïs ! » s’écria-t-elle. Elle manqua de trébucher sur une racine. Je la rattrapai par les épaules et l’obligeai à s’agenouiller derrière une rangée de buissons. Les voix se rapprochaient. « Que se passe-t-il ? insista-t-elle. Elle passa sa main sur son front et essuya la sueur qui perlait le long de ses tempes. « Écoute-moi, lui dis-je, je veux que tu restes ici. Je n’en ai pas pour longtemps. Je reviens te chercher. — Mais où vas-tu, bon sang ? — Ne bouge pas. C’est tout. » Elle grogna, puis hocha la tête à contrecœur. J’enjambai aussitôt la rangée de broussailles et remontai le Lounasfolle. À la lisière de la route, je m’agenouillai et avançai à croupetons derrière les bosquets, le sabre calé contre mon avant-bras. Les voix s’amplifièrent. Elles provenaient de derrière l’éminence. Je me tapis en silence à côté d’un gigantesque chêne vert et m’adossai contre le tronc. Cinq hommes apparurent. Des Foulards Rouges. Un gros balèze avec des cheveux hirsutes qui se dressaient sur son crâne comme des pics de glace. Un petit maigre qui flottait dans ses guenilles. Un troisième avec les chicots pourris et une verrue grosse comme mon poing sur un nez tordu. Un quatrième en salopette verte avec une tête difforme et des yeux globuleux. Quant au dernier, il ressemblait à un bouledogue endimanché avec une chemise à jabot jaunie de transpiration. « Ils ont pas pu aller bien loin, s’écria le gros balèze. Trouvez-les, bordel ! Trouvez-les ou je vous refais votre satanée gueule ! Grouillez-vous ! » Les hommes longèrent la route. « Lec, y a des traces par ici. On dirait qu’elles vont en direction du Lounasfolle, déclara le petit maigre. — T’attends quoi pour aller voir, crétin ? meugla le dénommé Lec, manifestement le chef de la b***e. Tu veux que je te tienne la main ? Grouille. » Son acolyte se traîna mollement parmi les buissons, tâtonnant derrière nos empreintes. Il marmonna en retirant un cimeterre rouillé du fourreau : « Crétin, crétin… pff, je suis pas un crétin. Je suis pas fou non plus. Bordel, attaquer un Tenshin, faut être taré, non ? » Le type à la salopette lui répondit en ricanant : « Ou sacrément bien payé. — J’espère que vous avez négocié une bonne prime de risque, les gars », lançai-je, en quittant ma cachette. Les cinq hommes se figèrent comme des statues pendant un instant, puis se retournèrent à l’unisson, interloqués. Leur mine affolée me fit frémir de plaisir, au point qu’à l’orée de ma nuque, ma peau me picota. Se sentir tout-puissant était jubilatoire. À l’époque, je n’avais pas tranché si l’absence de crainte était une bonne ou une mauvaise chose, malgré tous les avertissements de mon maître d’armes. Ne pas sous-estimer la peur quand elle prévient d’un danger, me répétait Tel-Chire. Ma plus grande erreur était souvent que je n’avais aucune conscience du danger, et surtout des conséquences qu’il pouvait provoquer. Mon orgueil était flatté que ces cinq types en aient après moi. Et à cet instant, je ne me souciais pas de savoir pourquoi. « Alors, c’est ça un Tenshin, s’exclama Gros Balèze. Un gamin. » Il cracha du tabac à chiquer par terre et secoua une grosse tête grêlée aux paupières tellement lourdes qu’il semblait vachement emmerdé pour les garder ouvertes. « Tu nous facilites la tâche, gamin. C’est plus facile que je croyais de dénicher un Tenshin. Faut croire qu’ils se cachent plus dans leur forteresse, ces vieux trouillards. » Il cracha de nouveau et renifla bruyamment. « J’avais peur que ce travail me prenne toute la journée, mais je serai au bordel ce soir. — À mon avis, tu seras pas en état de grimper sur ta régulière ce soir, ricanai-je. — Les morveux qu’ont une grande gueule, je leur apprends à respirer par l’anus. — Très poétique ! » Il tira un long cimeterre rouillé et le brandit devant lui. J’éclatai de rire, ce qui le mit en rogne. Il cracha un long filet de salive rougie aux Herbes et releva son museau dans ma direction, les paupières plissées. Je souris de toutes mes dents en saluant mon adversaire avec style. Lec se moquait des règles de combat. Il beugla aussi fort qu’un taureau de compétition et se rua sur moi. Je parai une attaque tellement ridicule que je me bidonnai. Il rugit, tenta de m’estourbir. Je lui flanquai une bonne accolade dans les poumons qui lui coupa la respiration et l’envoya valdinguer dans la poussière. Dans mon dos, les quatre hommes approchaient avec aussi peu de discrétion qu’un troupeau de bœufs cavalant sur le sentier. J’empoignai le maigrichon et l’expédiai dans les ronces en lui brisant le poignet. Le troisième s’écroula les quatre fers en l’air dans une flaque de boue. J’assommai le quatrième du plat de mon arme en pleine figure. Je lui fendis l’arcade sourcilière et l’arête du nez. Le dernier, celui avec la salopette élimée, vit sa propre tête s’enfoncer dans un tronc d’arbre. Il se mit à tortiller du croupion en hurlant. J’étais assez déçu. Cela ne valait pas les estocades de Tel-Chire. Rien qu’une perte de temps. Je m’apprêtais à rengainer mon arme quand mon cœur bondit dans ma poitrine. Son parfum à la cannelle envahit mes narines. Je me retournai sur le sentier, et cette fois-ci, je fus vraiment en pétard. « Elle est foutrement belle », constata Lec sur un ton lascif qui me hérissa les cheveux sur la nuque. Ses gros doigts poilus caressèrent le cou délicat de Naïs qui se débattait furieusement entre ses bras, comme un petit animal pris au piège. Lorsqu’elle sentit le froid de la lame contre sa gorge, elle se figea net, le visage crispé. La figure de Lec, rouge et suante, s’étira en un large sourire qui lui découpa le faciès comme un couteau dans la graisse. Naïs plissa le nez de dégoût. « C’est pas si compliqué de buter un Tenshin, remarqua-t-il. Il suffit juste de trouver son point faible. » Ses paroles me firent l’effet d’une gifle. Sous-estimer ton ennemi, c’est perdre le combat. À Mantaore, j’aurais subi toute une kyrielle de corvées humiliantes pour tuer dans l’œuf mon orgueil démesuré. « Si tu veux mon avis, tu ferais mieux de laisser tomber, souffla Naïs d’une voix glacée. C’est dans ton intérêt, avant qu’il s’énerve. » Elle avait rudement confiance en moi. Lec pouffa de rire. Il plongea la tête dans ses cheveux et huma son parfum. Naïs se tordit le cou afin d’éviter sa caresse. « J’aimerais bien voir ça. Allez, Tenshin, pose ton arme sur le sol. » Mon sabre tomba sur la sente et souleva un léger rideau de poussières rougeâtres. Naïs me dévisagea, bouleversée. Elle agrippa la main de Lec qui s’enroulait autour de son cou comme une liane. « Bien, bien, dit-il, patelin. Maintenant, mets-toi à genoux. » Je rechignai à obéir. Lec eut un rire mielleux. Sa lame entailla la gorge de Naïs. Elle réprima une plainte, crocha ses ongles dans l’avant-bras du Foulard Rouge qui ne sourcilla pas. Une larme de sang serpenta sur son corsage. Je la fixai sans pouvoir réagir. « À genoux ! » cria-t-il. Deux hommes que j’avais désarmés se relevaient dans mon dos. « Allez, Tenshin. Un petit effort. » Naïs me suppliait du regard. Je m’agenouillai, les yeux rivés sur elle. « Tes mains, derrière la tête », m’ordonna-t-il. Je nouai mes mains derrière mon crâne. Mes oreilles se dressaient, en alerte. Le vent frôlait les lames d’acier des deux hommes qui se rapprochaient sur mes arrières. Ils ne prenaient pas la peine d’avancer en silence, pourtant, ils me craignaient comme la peste blanche. C’est me faire trop d’honneur, songeai-je. La voix de Naïs hurlait dans son esprit et se répercutait en écho dans le mien. « Attention, hurlait-elle. Seïs ! » Elle se débattit entre les bras rustauds du Foulard Rouge. Lec resserra sa prise, comme pour empêcher un poisson à peine pêché de lui glisser des mains. Il se pourléchait les babines en regardant les deux hommes avancer traîtreusement dans mon dos et se mit à se gondoler d’un rire de gorge aussi débile que sa trogne. « Tuer un Tenshin, nom d’un foutre, on me révérera comme un dieu après ça ! » déclara-t-il. Cause toujours. Je fermai les paupières. Je n’ai pas d’yeux, récitai-je. La lumière de l’acier est ma vue. Le bouledogue endimanché tenait une courte lame dans sa main droite, le maigrichon au poignet brisé, une épée, et restait un peu en retrait derrière son comparse. J’aurais pu les voir par les yeux de Naïs ou de Lec, mais ils étaient si peu discrets que je savais parfaitement où ils se plaçaient dans mon dos. Le bouledogue leva son couteau, frôla ma nuque. Je pivotai à genoux, lui saisis le poignet, lui remontai dans le dos en lui déboîtant l’épaule d’un coup sec. Son complice se jeta sur moi en hurlant, épée en avant. Je l’attrapai par la garde et lui assénai un coup dans le nez avec son pommeau. Il bascula en arrière en pissant le sang. Lec eut tout juste le temps d’apercevoir la lame filer droit sur lui. Un long silence suivit son cri caverneux. Naïs resta figée d’effroi entre ses bras. Le corps de Lec s’attarda un moment, bouche ouverte sur un effroyable rictus. Puis, il se renversa sur le dos et tomba lourdement par terre en soulevant un épais flot de poussières. Je ramassai mon sabre sur le sol et m’avançai vers lui. Je me penchai au-dessus de son cadavre. Un flux de sang coulait abondamment de son œil droit, entre la lame et l’orbite défoncée. Son œil gauche me fixait avec une expression étrange, révulsée et cave. Son faciès boursouflé parut me sourire. J’eus des frissons dans tout le corps. J’observai son corps jusqu’à ce que les plaintes des quatre autres, à moitié sonnés, requièrent mon attention. Je tournai les talons aussi sec, m’arrachai à la contemplation morbide de Lec et fonçai sur le bouledogue endimanché. Ses yeux se voilèrent de terreur. Il se mit à bredouiller : « Ne me tuez pas… ne me tuez pas. Par pitié ! » Il rampa sur le sentier laissant dans son sillage une longue traînée de sang. Je m’accroupis à côté de lui et l’attrapai brutalement par le foulard alors qu’il hurlait de plus belle en ouvrant de grands yeux pétrifiés. « Qui t’as payé ? » demandai-je. Il secoua la tête, bafouilla. Il bavait. Son bras pendait piteusement. L’os crevait la chair. Il n’eut aucun besoin de me répondre. Le seul fait de poser la question libéra une armada de pensées limpides. Je le lâchai et me redressai en frottant mes mains sales sur mon pantalon. Je crachai au-dessus de sa tête et braquai un regard noir sur lui. Il se traîna en arrière en me suppliant de l’épargner. J’aurais pu briser son petit cou de rapace tellement j’étais furieux. J’épargnai sa vie. Je préférais qu’il aille pleurer dans les jupes de son commanditaire. Qu’il s’en souvienne. « Partons », dis-je à Naïs. Je me retournai dans sa direction. Elle était toujours aux côtés du cadavre de Lec, le visage vidé de ses couleurs. Sa figure était bouffie de sanglots, ses yeux terrorisés et des traces de sang persistaient sur sa joue. « Je suis désolé », murmurai-je en me précipitant vers elle. Je la pris par les épaules et l’obligeai à reculer de quelques pas du corps sans vie de Lec. Elle resserra aussitôt ses bras autour de ma nuque. « Pardon, chuchota-t-elle. C’est ma faute, je te demande pardon. — Bien sûr que non, ce n’est pas ta faute, morveuse. » Je placardai deux gros baisers mouillés sur ses joues. « Ne t’inquiète pas. C’est terminé maintenant. » Elle se força à sourire. J’essuyai ses joues baignées de larmes et effaçai le sang du Foulard Rouge. Je l’entraînai sur le bord de la route, loin des corps gémissants, et lui pris la main. « Allons-nous-en. » Une fois franchi le premier lacet qui nous séparait des Foulards Rouges, ses sanglots commencèrent à s’apaiser. Naïs renifla, se moucha bruyamment et épongea ses joues. Quand elle eut terminé, elle me demanda vivement : « Qui étaient ces hommes ? — Des mercenaires. — Mandatés par qui ? » Sa voix avait monté d’une octave. Ses pommettes s’empourprèrent. Sa lèvre inférieure tremblota de rage. « Mandatés par qui ? répéta-t-elle. — Aymeri. — Aymeri ? — Les propos qu’il a tenus lors de notre entretien peuvent être interprétés comme de la sédition. Pour un gouverneur nommé par le roi, c’est l’échafaud, dans le pire des cas, la réclusion perpétuelle, dans le meilleur. J’imagine qu’il craignait que j’en informe Elisse. — Était-ce si sérieux ? — J’en ai peur. Ce qu’il m’a dit… — Quoi ? — Je n’en sais trop rien encore, avouai-je. Aymeri est réputé pour être corrompu jusqu’à la moelle, mais de là à fomenter contre le trône, j’ai du mal à y croire. Et pourtant… bref, j’aurais bien le temps d’éclaircir cette histoire. Rentrons. » Une fois la rivière Belle-de-nuit rejointe, nous coupâmes à travers bois et longeâmes les falaises d’airain de Farfelle sur quelques kilomètres. Elles se découpaient au travers des feuillages comme un magma menaçant. Un petit pincement claqua mon épaule gauche pour me rappeler cette f****e nuit. Je la massai machinalement. Naïs se pressait contre mon bras. Une question tournait en leitmotiv dans son esprit, mais elle n’osait pas la poser. Elle fixait obstinément le sentier et les sylves secouées par le vent du nord. Elle essayait de résister à sa curiosité. Sa question revenait en hâte dans sa tête et l’agaçait. « Non », finis-je par dire. Elle leva les yeux en haussant un sourcil, étonnée. « Non quoi ? — Je n’avais jamais tué personne avant aujourd’hui », soupirai-je. Elle baissa la tête, comme une gosse fautive, et entortilla ses mains dans son châle. Je me demandais à quoi cela pouvait bien me servir de lui mentir. Surtout maintenant. Je roulai un bras sur ses épaules et caressai ses cheveux. Elle m’observa d’un regard félin et conserva un silence sacré dont je lui fus reconnaissant. Elle n’était peut-être pas dupe de mon mensonge.
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