Précédemment
- je t'aime Tamare je sais que cet amour va me perdre mais ...
- je t'aime aussi et tu le sais mais comme tu l'a dis cet amour va te perdre.
- j'ai envie de me perdre si tu le veux toi aussi.
Pour réponse j'ai préféré l'embrasser.
***
***
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Tamara Diaw
J'arrivais pas à y croire. Isaac m'avait embrassé il m'avait embrassé, il m'aimait et il l'a avoué. Je n'ai jamais connu un si grand bonheur. C'était inespéré. Dans mes plus beaux rêves j'imaginais pas que ce jour allait arriver.
J'ai embrassé ma mère jusqu'à ce qu'elle force la séparation.
- je t'avais manqué on dirait.
- trop même maman. Où est ma soeur ?
- dans sa chambre je suppose. elle était avec moi à la boutique.
- elle me manque je vais la voir.
Je me suis dirigé dans sa chambre en sautillant. Elle parlait au téléphone. Je me suis jeté sur elle en criant.
- wa Tamare ? C'est quoi ça petite folle? toi .
- on dirait que je ne te manque pas Soda.
- si mais tu te crois petite pour te permettre cette folie. Comment c'était là-bas ?
- cool hein mais ça me manquait d'être ici.
- alors pourquoi tu es sortie dès que tu es revenue ?
- c'était pour voir mon autre sœur elle me manquait aussi. Mais raconte moi tu parlais avec qui ?
- avec mon homme.
- hum tu es allé le voir ?
- c'est lui qui vient me voir depuis que je suis là mais depuis que j'aide maman on se parle juste au téléphone. Et toi comment va Khalil ?
- Khalil ? Mais d'où tu le connais ?
- il est venu ici pour voir maman le dimanche passé. C'est un gars bien.
- c'est juste un ami maman le sait bien.
- en tout cas il est beau. Toujours célibataire ?
- oui.
Grande gueule qu'elle était je n'allais pas prendre le risque de lui parler d'Isaac. Je garderai le secret tant que je pouvais
J'ai regagné ma chambre et je me suis installé sur mon lit pour regarder " sleepy hollow".
Tout à coup la sonnerie de mon téléphone se fait entendre. C'était Isaac. J'ai pris une longue inspiration avant de répondre.
- salut Isaac.
- Tamare....
Il l'avait soufflé d'une manière sensuelle qui me donna des frissons.
- tu vas bien ? Me demanda-t-il
- super oui et toi ?
- cava aussi.
- tu fais quoi ?
- je suis entrain de lire mes mails et toi.
- devant mon ordinateur. On se voit quand?
- quand j'aurai un peu de temps. Tu vas me dire à quelle heure tu sera seule chez toi.
- tous les matins je suis seule tu pourra venir quand tu veux. Sauf le week-end mon père sera là.
- d'accord tu pourra venir à mon appart je crois que se sera plus discret et il faut vraiment qu'on parle Tamare.
- c'est quand tu veux.
- je te ferai signe demain. Bonne nuit.
- je t'aime.
- moi aussi.
Je t'aime moi aussi ! C'est tout ce que je voulais entendre de lui.
J'ai éteins mon ordinateur et je me suis mise au lit. Aucun mot ne pouvait décrire ce que je ressentais.
Le lendemain je me suis réveillé après le départ de ma mère et de ma sœur. J'ai fait le ménage en vitesse car j'espérais qu'Isaac allait venir ici. J'ai attendu toute la matinée mais pas de signe.
J'étais entrain de décourager quand il m'a envoyé un SMS pour me demander de me préparer qu'il allait passer me prendre dans quelques minutes.
Je Me suis changé en vitesse avant de l'attendre dehors. Il est venu quelques instants plus tard.
- alors on va où Isaac ?
- chez moi. On a des choses à se dire.
- hum d'accord.
- tu vas bien ?
- je suis avec toi alors je vais forcément bien.
- tu es toujours comme ça? Si sentimentale.
- non juste avec les gens que j'aime.
- donc avec tout le monde. Te voir sourire est un baume au cœur.
Je souris de plus belle touché par ce qu'il venait de dire. La voiture s'arrêta devant un immeuble juste après phénix. Il sortit le premier et m'a ouvert la porte.
L'appartement se trouvait au deuxième étage et était simplement décoré rien de personnelle.
- prend place.
Je pris place sur le canapé et il s'est assis devant moi.
- Tamare tu sais que je risque gros en étant avec toi.
- je sais.
- alors en premier lieu je veux que tu comprenne que jamais je ne vais me convertir. Tu suivra ta religion et moi la mienne. Entre nous je ne veux pas avoir de débats religieux car je ne veux pas avoir à choisir.
- ne t'inquiète pas.
- es-tu consciente que tu mets ta vie en suspens et que tu n'aura jamais ce que tu mérite.
- tu me suffit Isaac.
- et si tu en parle à quelqu'un je suis fini. Ma famille, la cathédrale...
- personne ne le saura
Khalil le savait et je savais qu'il n'allait jamais le dire à qui que ce soit.
- et tu ne devrais plus venir à la cathédrale.
- tout ce que tu veux Isaac. Moi je veux juste être avec toi.
Je me suis levé de mon siège pour m'asseoir près de lui.
- mon amour savoir que tu m'aime et que tu es avec moi me suffit. Je ne ferai rien qui te mettrai dans une mauvaise posture. Tu le sais Isaac.
- je sais. On se verra ici et chez toi. Tu me pardonnera les sorties en couple ou les dîners au resto.
- je n'en veux même pas.
Je m'en moquais de ce que faisaient les couples ordinaires car on était pas un couple ordinaire. Je vivrai certes un amour caché mais ça m'allait. Isaac en valait la peine.
S'il ne m'avait pas embrassé jamais je ne l'aurai fait. Ma décision était prise je voulais vivre sans lui dans ma vie. Mais il est revenu j'ai appris que ça le consumait au même titre que ça m'alienait.
Ça ne durera pas éternellement. Je sentais déjà que ça allait se finir mal mais l'amour est attiré par l'interdit, par l'ignorance et l'imprudence. On allait juste vivre ce qu'on pouvait le reste on verra après.
On s'est installé sur le plus grand canapé. Il m'avait entouré de son bras et m'a tête était posé sur son épaule. On regardait genius la série de Einstein sur national géographic. On a même parlé d'Isaac newton. Ce qui nous a fait rire.
Je ne me suis jamais senti aussi bien avec un homme. Entre nous pas besoin de mots d'amour rien que les gestes parlaient pour nous.
Il m'a déposé chez moi avant de repartir. La maison était vide comme toujours.
Ma mère et ma sœur sont revenus vers 20h. J'étais entrain de préparer le dîner. C'est vendredi je pense que mon père allait venir. Et j'avais raison tout de suite après l'arrivée de maman il est venu.
- je croyais que ta tante n'allait pas te laisser revenir.....dit mon père.
- maman me manquait alors j'avais pas le choix.
- toujours aussi fille à maman ?
- je crois pas non, répondit ma mère, elle me cache des trucs maintenant.
- des choses comme quoi ? Questionna papa.
- elle a un petit ami et me le cache.
Layla ? Ma mère veut ma mort Hana ?
- pourquoi le cacher ? Moi je te laisse choisir c'est ta vie pourvu qu'il soit m******n le reste se sont des détails..
Hé bien il n'est pas m******n et je l'aime à mourir. J'ai écourté la discussion en sortant de table.
Une fois dans ma chambre j'ai appelé Isaac mais il ne répondit pas et m'envoya un SMS pour dire qu'il allait me rappeler. Pour une fois j'ai pas regardé une série, j'ai pris mon livre " l'éducation sentimentale " qui parlait d'un amour impossible en quelques sortes sauf que là c'était une question d'âge et la femme était déjà mariée.
Isaac a appelé tard et j'avais trop sommeil ce qui était bizarre. On s'est résolu de se rappeler le lendemain matin.
(...)
Durant deux minutes j'étais assise en face de Khalil. Il disait avoir des choses à me dire. Mais il ne parlait même pas.
- Khalil c'est quoi le problème ?
- tu le sais.
- non
- tu sors avec cet homme?
- quoi ?
- me ment pas s'il te plaît. Avant hier je t'ai suivi et je t'ai vu entrer dans un immeuble avec un homme qui a fait signe de croix avant d'entrer dans l'immeuble j'en ai déduis que....
- attend tu me suis pourquoi ?
- pas important. Mais sais-tu ce que tu es entrain de faire?
- oui.
- non je crois pas. Qu'est-ce-que tu espère avoir? Tamare rien de bon ne va sortir de cette relation. Cet homme est un abbé.
- je sais Khalil
- est-ce que tu sais qu'il ne va jamais t épouser ?
- je ne lui demande pas de se convertir mais s'il renonce à être prêtre on peut se marier.
- il restera tout de même catholique. Une femme m*******e ne peut pas se marier avec un non m******n.
- chacun suivra sa religion.
- et vos enfants ?
- ils suivront ce qu'ils veulent quand ils auront l'âge de choisir. À ce moment on ne parle pas de mariage donc on a le temps.
- donc tu te projette pas dans le futur? Tout ce qui t'intéresse c'est le bonheur présent ? J'espère que tu ne fais pas de bêtises. Tu n'as rien fait avec lui ?
-- j'ai pas compris.
- as-tu couché avec lui?
- quoi mais tu es fou.
- ne joue pas à la sainte avec moi. Vous vous isolez dans un appartement j'aimerai bien savoir ce que vous faites.
- est ce que je te demande si tu couche avec tes copines?
- j'ai pas de copines et j'ai jamais couché avec une femme. Promets moi que tu ne fera rien avec lui..
- c'est limite s'il me laisse l'embrasser. Son appartement c'est juste pour être tranquille et discuter je te le jure.
- c'est bien. En tout cas je suis là tu peux me dire tout d'accord.
- je sais Khalil je sais. Tu sais j'aimerai parler de ça avec Sylvie mais j'ai peur.
- c'est ta meilleure amie je crois qu'elle peut te comprendre.
- c'est pour Isaac que je ne dis rien. Je sais qu'il risque gros. Y'a que toi qui sois au courant.
- je prendrai soin de ton secret. Bon viens je te raccompagne.
Au moment où on sortait du fast-food j'ai cru voir la voiture d'Isaac. On devait se voir vers 20h et il était que 18h.
Khalil m'a donné son casque et il a démarré.
- salut ta mère de ma part... Dit-il une fois arrivée.
- d'accord bye
J'ai ouvert la porte et je suis tombé sur ma sœur.
- tu vas où comme ça?
- tu es impolie d. Je vais voir Ahmad.
- laisse le respirer.
- pousse toi
Elle me bouscula comme une folle. Ma mère qui nous suivait se met à rire.
- tu ris maman?
- moi. Non.
- hum papa est parti ?
- non il doit emmener un de ses amis alors il l'attend.
- ha d'accord.
J'aurai aimé qu'il parte tôt pour pouvoir partir sans qu'il me questionne. Il était trop curieux mon père.
Je m'étais déjà préparé j'attendais juste que mon père rentre. Il est parti vers 20h 30min.
Juste après lui je suis sorti. J'ai eu du mal à avoir un taxi. Il était déjà 21h quand je suis arrivé devant l'immeuble.
Je cherchais les clefs dans mon sac pour ouvrir la porte quand elle s'est ouverte de l'intérieur.
- c'est à cette heure que tu viens? Une heure de retard ?
- désolé j'attendais que mon père rentre.
Je l'ai poussé à l'intérieur et j'ai fermé la porte.
- excuse moi.
Je l'ai embrassé pour me faire pardonner mais il m'a repoussé.
- je supporte pas qu'on me ment.
- je suis sérieuse je ne te mens pas.
- qui est cet jeune homme avec qui tu étais à la station ?
- je savais que c'était toi que j'ai vu. C'est Khalil c'est juste un ami. Tu es jaloux.
- dis pas de bêtises.
Cette-fois ci je l'ai poussé jusqu'à ce qu'il atterrisse sur le canapé et je me suis assise sur ses jambes.
- il y'a que toi qui sois dans ma vie et que j'aime.
Je l'ai embrassé goulûment et bien vite il a pris les rennes. Ses mains de velours se sont mis à me caresser le corps ce qui me donna des frissons terrifiants. Il m'a fait tomber sur la moquette et s'est penché sur moi. Il mit sa jambes entre les miennes et accentua les baisers et les caresses. Mais il se leva subitement.
- on ne devrait pas aller aussi loin.
Il m'aida à me lever et on s'est assis..
- je n'ai pas touché une femme depuis que j'ai 18 ans un mois avant que je rejoigne les séminaristes. Je ne voudrai pas faire une chose qu'on va regretter.
- on ne fera rien. On s'est juste embrassé. Nos corps s'entendent bien.
- ça commence toujours par un b****r. Je veux que tu sache que ce que je ressens pour toi n'a rien de corporelle. C'est un amour pur je ne veux que tu ai l'impression que je profite de toi.
- c'est moi qui t'ai embrassée le premier.
- et j'ai aimé cause je te l'ai rendu. Je ne suis qu'un homme je ressens des choses tu le sais. Je ne veux pas avoir à vivre en concubinage.
- on ne fera rien de tel rien qu'un bisou sur le front me va.
- tu n'es pas exigeante.
- suis mal placé pour l'être.
Il m'attira vers lui et posa ma tête sur son épaule. Il caressait mon dos d'un rythme régulier.
- j'adore être avec toi Tamare. Je me sens bien en ce moment.
- moi aussi. Si on pouvait détruire les conventions et les contrats sociales et ne pas avoir à nous cacher pour vivre notre secret amour.
- hélas...
Il parlait avec une voix triste. Cette situation ne le plaisait pas.
(...)
Il restait deux jours pour le maouloud. Mon père lui partait chaque année à Fès. C'était un disciple de Cheikhna Tidiane et il ne manquait jamais un moment de lui rendre grâce. Il y allait deux fois par année le maouloud et l'occasion de laylatoul khatmiya. Ma soeur elle comme son fiancé, ils étaient des talibés Baye et Kaolack était leur lieu de gamou. Ma mère et moi on allait à la ville sainte. Sylvie insistait elle disait qu'elle n'allait pas venir avec nous. Ma mère n'a pas trouvé d'objection.
On se préparait en attendant ma mère qui est allé faire des courses.
Sylvie avait apporté des tenues traditionnelles et c'est à moi de voir si ça pouvait aller ou pas.
Je me suis souvenu une année là-bas je traversai la tente où se trouvait les handicapés et les démunies, pour aller dans la mosquée et subitement un jeûne homme m'a frappé avec son chapelet avant de me dire que j'avais pas bien mis le voile.
Je l'ai donné des robes qu'elle pourra porter. On pliait les vêtements quand mon téléphone a sonné et avant que je ne puisse le prendre cette folle l'avait déjà pris.
- allô allô allô. La personne ne parle pas dit-elle en me tendant le téléphone.
Quand j'ai vu que c'était Isaac suis sorti. Heureusement que j'avais pas mis " Isaac sur le numéro ".
- allô...
- c'est Sylvie qui parlait ?
- oui c'est elle. Mais t'inquiète elle ne t'a pas reconnu.
- vous partez quand ?
- ce soir on attend ma mère.
- tu vas me manquer.
- je reviens dimanche.
- on se verra lundi. Prend soin de toi.
- je t'aime. Bisou.
Je me suis tourné et je suis tombé sur Sylvie. M'a-t-elle entendu ?
- je savais que tu avais un petit copain et tu me disais rien.
- hein?
- je t'aime bisou ?
- OK OK j'ai un petit copain.
- je le connais?
- Khalil
C'est tout ce que j'ai pu dire.
- je le savais mo. Ce n'est pas une surprise.
Ouf elle n'a pas posé plus de questions. Quand ma mère est venu on est parti vers 19h. La route était remplie de voiture et du coup on n'a fait un bon moment sur la route alors que c'était même pas loin. Le jour du gamou le transport était quasi gratuit vu que les cars ne demandaient que 200f ou 300f. Certains ne demandaient rien.
La maison de ma tante recevait beaucoup d'invités mais on nous a quand-même laissé nos chambres.
Dans la nuit même j'ai fait visiter la ville à Sylvie. Il faisait extrêmement froid mais on avait de grands voiles.
On est revenu vers 2h du matin. Le lendemain on a aidé les femmes de la maison à préparer les repas. Vers 16h on a dormi un peu mais je me suis levé pour assister au taysir qu'avait organisé un dahira venu de Dakar.
Le soir j'ai laissé Sylvie à la maison et suis allé à la mosquée pour prier. Je me suis retrouvé entrain de pleurer. Je priais pour que ma relation avec Isaac dure.
Après le dîner on est allé au champ de courses. Serigne Mustafa n'était pas encore venu. On a profité pour avoir une bonne place. Sylvie était vraiment excité mais elle n'avait pas écouté très longtemps vu qu'elle s'est endormis.
Au moins elle défiait les conventions elle. Elle aimait sa religion et ça ne lui permet de découvrir celle des autres. Mon grand-père m'avait dit" je suis entré dans un église j'ai adoré ce que j'ai vu mais j'y suis sorti en croyant encore plus à ma religion."
En tant que m******n on n'est plus proche des chrétiens comme il est dît dans la sourate al maidah( la table) verset 82 :
لَتَجِدَنَّ أَشَدَّ النَّاسِ عَدَاوَةً لِّلَّذِينَ آمَنُواْ الْيَهُودَ وَالَّذِينَ أَشْرَكُواْ وَلَتَجِدَنَّ أَقْرَبَهُمْ مَّوَدَّةً لِّلَّذِينَ آمَنُواْ الَّذِينَ قَالُوَاْ إِنَّا نَصَارَى ذَلِكَ بِأَنَّ مِنْهُمْ قِسِّيسِينَ وَرُهْبَانًا وَأَنَّهُمْ لاَ يَسْتَكْبِرُونَ ﴿٨٢﴾
" Tu trouveras certainement que les Juifs et les associateurs sont les ennemis les plus acharnés des musulmans. Et tu trouveras certes que les plus disposés à aimer les musulmans sont ceux qui disent: «Nous sommes chrétiens». C'est qu'il y a parmi eux des prêtres et des moines, et qu'ils ne s'enflent pas d'orgueil."