Il était déjà 9 heures et je n'avais pas encore vu mes autres patients. Vu qu'un décès ne peut se cacher, j'étais quasiment sûre que la nouvelle leur était déjà sûrement parvenue. Je devais encore passer voir Zang, Lamare et Edima. Mais aussi je devais passer revoir Adaline. En tant que leur médecin à tous, j'étais celui qui devait les soutenir psychologiquement surtout qu'ils étaient tous internes. Je savais pertinemment ce que la tristesse et la peur pouvaient engendrer en mes patients. Le décès de Dina pouvait les stresser et ce stresse pourrait affaiblir plus leurs systèmes immunitaire. Cela pouvait bien être fatal pour les plus faibles. C'était à nous les spécialistes d'y remédier. Il fallait aussi qu'ils aient quelques séances avec l'un des psychologues du centre. Je commençai par aller voir Edima. Je la trouvai allongée sur son lit. Je m'approchai d'elle.
- Comment vous allez aujourd'hui chère Edima?
Ma question resta sans réponse. C'était étonnant de voir ma patiente la plus bavarde aussi silencieuse. Puisque je n'avais pas eu le temps de passer la voir plus tôt ce matin, les infirmières l'avait déjà fait et m'avaient ainsi remis un rapport. Elles avaient fait pareil avec tous mes autres patients. Mais je me devais d'aller les voir aussi.
- Je vais aussi mourir n'est ce pas docteur? Me demanda t- elle subitement.
Je dois dire que j'étais très heureux de l'entendre parler. J'avais peur qu'elle intériorise sa douleur. Si c'était le cas, ça aurait été difficile pour nous de l'aider.
- Et bien ma chère, nous sommes tous destinés à mourir, lui dis je.
- Ça je le sais docteur. Mais est ce normal que nous souffrions ainsi? Avons nous commis des actes très graves pour mériter ce châtiment ? Nous sommes devenus des fardeaux pour nos familles et nous sommes obligés de vivre dans un hôpital. La pauvre Dina, elle est morte toute seule dans sa chambre sans que personne ne soit à ses côtés.
Elle pleurait à chaudes larmes. Et pendant qu'elle parlait ainsi, je ne pouvais m'empêcher de me dire qu'il y avait un fond de vérité dans ce qu'elle disait. Pourquoi est ce que certaines personnes vivaient ce genre de situation en particulier. Nul n'aimerait devenir une charge pour ses proches. Nul n'aimerait arrêter de vivre ainsi car mes patients n'avaient presque pas de vie. Ils étaient dépendants et ne pouvaient même pas réaliser leurs rêves les plus fous. Je me rapprochai donc un peu plus d'Edima et je lui pris la main.
- Et bien ma chére, je n'ai aucune réponse à votre question. Mais si je sais une chose, c'est que, il n'est attribué à personne un fardeau qu'il ne saurait porter. Préfériez vous que ce soit l'un de vos proches qui soit malade à votre place?
- Mais non docteur, jamais.
- Alors, estimez vous heureuse d'être celle que vous êtes. Si vous n'aviez été malade et interné ici, jamais vous ne m'auriez connu ou même les autres patients. Et je sais que nous comptons tous beaucoup pour vous. Je ne peux vous empêcher de porter le deuil de votre amie mais tout ce que je peux vous dire, c'est de faire l'effort d'être heureuse tant que vous respirez toujours. Je repasserai vous voir tout à l'heure.
Après lui avoir parlé ainsi, je ne savais pas si ce que je lui avais dit aurait sur elle l'effet que j'espérais. Mais je devais aller voir comment se portaient mes autres patients.