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2250 Mots
Eden Eden…Je fronce les sourcils et me retourne dans le lit en grommelant. Eden… — Arrête, je marmonne d’une voix pâteuse presque inaudible. Eden, debout ! Je cligne des yeux et me redresse dans le lit. Mon regard erre sur la pièce autour de moi : la suite rustique dans laquelle Aikon et moi avons passé l’après-midi, la soirée et la nuit, rien que tous les deux. Mes yeux se posent sur le visage de mon fiancé profondément endormi à mes côtés. Un léger ronflement s’échappe de ses lèvres entrouvertes. Le sourire aux lèvres, je me penche vers lui et l’embrasse furtivement avant de sortir du lit. Un silence apaisant règne dans la pièce, illuminée par le feu qui crépite dans la cheminée et les premières lueurs de l’aube qui filtrent à travers les rideaux tirés. J’enfile une chemise de nuit ainsi qu’un peignoir, sans doute apportés par les domestiques pendant notre sommeil. Je m’assois dans l’un des fauteuils près de la cheminée, les yeux fixés sur les flammes, l’esprit encore brumeux de sommeil. — Bonjour, princesse. Je tressaute et lève les yeux vers un jeune homme aux cheveux mi-longs et ondulés d’un blond cendré, aux iris d’un beau marron noisette. Je bondis sur mes pieds, les sens en alerte. Il se relève lentement les mains levées devant lui dans un geste rassurant. Une étrange aura flotte autour de lui, comme si sa présence ici n’était pas tout à fait tangible. — Vous n’êtes pas vraiment là, je constate en me rasseyant, mon regard suspicieux toujours rivé sur lui. Il en fait de même, l’ombre d’un sourire aux lèvres : — Je possède le don de projection astrale d’où ma présence… — Immatérielle, je l’interromps calmement. (Il hoche la tête.) Je connais ce don. L’un de mes amis le possédait. Enfin l’un de mes amis imaginaires, je suppose. (Son coup d’œil intrigué m’invite à poursuivre :) Étant donné que cela fait des années que je n'ai plus entendu parler de lui, j’en ai déduit qu’il n’était que le fruit de mon imagination. — Ou alors, il n’a tout simplement pas pu vous suivre ici après votre arrivée, suggère le jeune homme en haussant les épaules. Je le fixe perplexe. Ses yeux et sa voix douce, teintés d’une chaleur familière, font vibrer quelque chose en moi. Une image s’impose à mon esprit : la forêt, cette fois où j’ai failli être attaquée par l’un des sbires de mon géniteur, et où deux loups sont venus à mon secours. L’un d’eux, immense et noir, aux yeux aussi profonds que ceux du jeune homme en face de moi, marchant à mes côtés, protecteur et silencieux, le temps de me raccompagner saine et sauve auprès de ma mère. Je bats des paupières, mais une autre vision surgit presque aussitôt : une soirée froide, une pleine lune éclatante au-dessus de nous. Ses foulées calmes et régulières tandis qu’il court parmi d’autres jeunes gens dans la cour de notre propriété californienne. En me concentrant bien, je peux entendre leurs voix scander : Ashton ! Ashton ! Ashton ! — Ashton, je souffle ma gorge légèrement nouée. Il esquisse un sourire doux, les iris brillant d’une lueur soulagée. — C’est un plaisir d’enfin te revoir, princesse. — Plaisir partagé, Mon Loup Gardien. Il émet un rire discret auquel je réponds par un sourire sincère. Il m’observe, affectueux. — Tu as changé, princesse, remarque-t-il. — Les effets du temps. — Et de l’austérité des Cours surnaturelles, ajoute-t-il avec une pointe d’amertume dans la voix. — Oui, je suppose que tu n’as pas totalement tort, je soupire. — Heureusement, je devrais bientôt être en mesure d’y remédier. Je fronce les sourcils, confuse. Aikon s’agite dans le lit, attirant notre attention. Ashton se penche vers moi, et prend mes mains dans les siennes. — Nous n’avons pas beaucoup de temps, je vais donc faire vite : j’ai réussi à utiliser l’une des fontaines pour m’introduire sur l’île centrale. — D’accord…, je dis, confuse. — En m’y prenant bien, je devrais pouvoir arriver Tir nam Madadh-Allaidh avant ton mariage, prévu dans quelques jours. De toute façon, je te ferai passer un mot une fois que je serai là pour convenir d’un rendez-vous secret. — Bon courage, je ricane. Ses lèvres s’étirent en un sourire défiant : — Ne t’en fais pas, je sais comment faire pour confier une mission secrète aux domestiques. (Faisant mine de réfléchir, il ajoute :) Du moins, certains d’entre eux. Je roule des yeux, un sourire amusé aux lèvres. Ashton se penche vers moi, sa bouche proche de mon oreille : — Je n’ai jamais cessé de veiller sur toi princesse. Même dans l’ombre, même à distance, je suis toujours là, quelque part, prêt à réagir et à te protéger. (Je plonge mon regard dans le sien chargé de promesses, le corps parcouru d’un doux frisson.) A la vie, à la mort, souffle-t-il dans un murmure. Ses lèvres effleurent ma joue avant de se rapprocher des miennes. — Eden ? Avant même que je ne comprenne ce qui se passe, Ashton s’évapore. Aikon se redresse dans le lit, les cheveux en pagaille et le regard brumeux. Mon cœur bondit entre mes côtes. J’inspire profondément, tentant de me concentrer sur les odeurs familières suspendues dans l’air de la pièce, et me lève de mon fauteuil comme si de rien n’était, malgré l’étrange sensation laissée par le passage furtif de mon Loup Gardien. — Tu sembles ailleurs, Mo ghradh, remarque Aikon. — Juste perdue dans mes pensées, je dis avec un sourire aussi crédible que possible. Je me rapproche de lui, me penche doucement, prête à l’embrasser. Le souvenir fugace des lèvres d’Ashton traverse mon esprit. Aikon profite de mon inattention pour me tirer sur le lit. En un instant, je me retrouve sous lui, son corps à califourchon sur le mien, mes mains maintenues au-dessus de ma tête. Son regard s’assombrit, chargé d’un désir primal, alors qu’il s’incline vers moi : — Profitons de cet instant de répit pour nous amuser. Nous avons tout le reste de la journée pour nous prendre la tête, grommelle-t-il. Avant que je ne puisse réagir, il capture mes lèvres dans un b****r ardent. Un frisson intense glisse le long de la colonne vertébrale au contact sa langue, qui se lance dans une danse endiablée avec la mienne. L’une de ses mains s’aventure le long de mon corps jusqu’au point sensible entre mes cuisses, tandis que l’autre maintient mes poignets au-dessus de ma tête. Un gémissement, étouffé par l’intensité de notre étreinte, m’échappe. Ses doigts, à la fois doux et frais, caresse mon bourgeon de chair avec une précision délicieusement lascive, m’arrachant des soupirs entrecoupés. Je m’arcboute sous ses gestes, mes hanches cherchant désespérément plus de friction. Mes hanches se mouvent au gré de ses caresses, recherchant désespérément plus de friction. Aikon aspire ma lèvre inférieure, qu’il mordille de manière provocatrice tout en faisant glisser lentement son index en moi. Sa main libère mes poignets, et j’en profite pour plonger mes doigts dans ses cheveux sur lesquels je tire avec fermeté, provoquant chez lui un râle guttural qui fait écho à mon propre plaisir. D’un geste impatient, il m’arrache mes vêtements, exposant mon corps à l’air ambiant de la pièce. — Aikon…, je souffle. Sa bouche descend lentement. Ses lèvres laissent une traînée brûlante sur leur passage avant de s’attaquer à mes tétons durcis. Lorsqu’il atteint mon bas ventre, il relève les yeux, son regard incandescent ancré au mien. — Prépare-toi à crier princesse, murmure-t-il narquoisement. Il saisit fermement mes hanches pour m’immobiliser, puis plonge la tête entre mes cuisses, où il s’attaque à ma chair humide avec une voracité brute. Sa langue tourbillonne, ses dents effleurent ma peau sensible. Je gémis, bascule la tête en arrière, submergée par les émotions. Raffermissant ma prise sur sa chevelure, je maintiens sa tête contre moi, avide de plus. Mes muscles se tendent, mon être entier tremblant sous l’intensité croissante de ses caresses. Sa langue s’enfonce plus profondément, suivant le rythme erratique de ma respiration haletante. Au moment où l’extase semble à portée, il se redresse et capture mes lèvres dans un b****r enflammé. Je presse mes hanches contre le renflement entre ses jambes. Un grondement s’échappe des tréfonds de sa gorge. D’une maîtrise assurée, il me retourne, ses doigts s’enfonçant dans la peau de mes hanches. Mon souffle s’accélère, tandis que je tourne la tête et l’observe retirer son bas, libérant son sexe dressé de plaisir. Je gémis au contact de sa virilité contre mon point sensible. — C’est parti pour le rodéo, bébé, grogne-t-il. Son regard ancré au mien, il me pénètre d’un puissant coup de rein. L’extase monte en flèche depuis les profondeurs de mon ventre et un cri de plaisir m’échappe. D’un bras, il m’enlace la taille tandis que sa main libre agrippe mes cheveux, tirant ma tête en arrière dans un geste autoritaire et électrisant. Je me cambre, les yeux fermés, submergée par une vague de plaisir intense. Sa tête dans le creux de mon cou, il embrasse ma peau avec une passion dévorante. Nos corps s’entrechoquent dans une dense effrénée. Les claquements rythmés de nos mouvements se mêlent aux craquements du lit, soumis à nos assauts fougueux. Le monde autour de nous s’efface. Je perds toute notion du temps, mon esprit figé dans l’instant présent. Mes gémissements se mêlent à ses râles rauques qu’il laisse échapper près de mon oreille. Chaque coup de rein nous pousse un peu plus près du précipice. — Aikon… Sa main glisse de ma taille à mon ventre, où il m’enlace fermement, m’attirant davantage contre lui. Dans une dernière poussée, mon corps se raidit brusquement. J’émets un cri étranglé, envahie par la vague de plaisir qui me submerge de l’intérieur et déferle en moi. Aikon grogne profondément. Sa prise, presque possessive, se resserre sur ma taille tandis que son corps tressaute contre le mien et que son râle de délivrance m’ébranle toute entière. Nous nous effondrons, enlacés. Un silence agréable s’installe, troublé par les crépitements du feu mourant, les battements de nos cœurs et le bruit de nos respirations haletantes. Aikon m’embrasse doucement l’épaule, ses bras serrés autour de ma taille. Je me blottis contre lui, les yeux mi-clos et le sourire aux lèvres. Alors que je commence à sombrer dans un sommeil léger, la porte s’ouvre brutalement, brisant notre quiétude. Ma tante entre dans la pièce, comme si de rien n’était. — Tante Clara ! je proteste en m’enroulant tant bien que mal dans le drap. Aikon en fait de même sans se formaliser de cette intrusion. Ma tante croise les bras sur sa poitrine, l’ombre d’un sourire au coin des lèvres : — Cela fait deux heures que tout le monde vous cherche, nous informe-t-elle. Personne ne savait où vous étiez passé, hormis Audran que je viens de croiser il y a dix minutes. — C’était voulu, rétorque simplement Aikon. Ma tante lève les yeux au ciel tout en claquant des doigts. Fiona, Liv, Louison et Isobel entrent dans la pièce et s’inclinent : — Vos Altesses Royales. Nous les gratifions d’un signe de tête, puis reportons notre attention sur ma tante. — Les Conseillers Royaux vous attendent, ajoute-t-elle. Aikon hoche la tête : — J’y vais de suite. Il se lève et, veillant à être bien couvert, quitte la pièce. Je m’apprête à l’imiter, mais ma tante m’interrompt : — Pas toi, ma chérie. Non, toi et moi allons passer la matinée ensemble. Après discussion avec la Reine, ton oncle Clayton et les Conseillers Royaux, il a été convenu que je passe un peu plus de temps avec toi dans le cadre de ton bilan éducationnel. (Puis sur un ton complice. :) Je me suis dit que cela valait toujours mieux que la Comtesse Mac Gabhann. — Effectivement, j’acquiesce en souriant. Elle m’adresse un clin d’œil et claque une nouvelle fois des doigts. Il n’en faut pas plus aux quatre servantes pour m’aider à me lever et me reconduire rapidement dans ma chambre, ma tante sur nos talons. Nous nous installons dans ma salle de bain privée, où elles me font couler un bain moussant, aromatisé à la cannelle. Je laisse tomber le drap au sol pour que Fiona puisse me retirer mon pansement, et je me glisse dans l’eau. Un soupir d’aise m’échappe. Rien de mieux qu’un bon moment de détente après une nuit courte et intense. — Ton Oncle Clayton et moi avons décidé de vous inviter au Royal Pavilion sur nos terres, Aikon, Eva, Terrence, Anaëlle et toi, m’annonce ma tante. Le Prince Rhystan, ta mère et ton beau-père feront le voyage avec nous. La Reine et les Conseillers Royaux nous rejoindrons avec les membres les plus importants de la Cour. Je lève la tête, le regard pétillant et le cœur battant d’impatience. — C’est vrai ? Elle opine, une lueur amusée dans les yeux. Il s’en faut de peu pour que je ne bondisse de joie. Non seulement je vais pouvoir profiter d’un répit de quelques heures loin de cette Cour et de cette meute, mais en plus, je vais découvrir un nouvel endroit, de nouvelles terres : celles des ancêtres de ma mère. De mes ancêtres. — Quand partons-nous ? je lui demande calmement. — Cet après-midi, à 14:00 précise. Mais, en attendant… (Elle s’accroupit de manière à être à mon niveau, son regard à la fois espiègle et sérieux ancré au mien :) Préparatifs et leçon d’histoire de famille. ** ** ** ** **
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