Chapitre 12

1931 Mots
Comment croire en une chose qu'on ne comprend même pas? Ces papiers étaient comme du chinois pour moi. Moi : dis Paul, c'est quoi tout ce charabia? Tu sais, maman m'a fait arrêter l'école en sixième. Du coup... Paul : c'est écrit là que ta mère a travaillé en Amérique comme mère porteuse il y'a de cela vingt ans. Moi : c'est quoi une mère porteuse? Paul : c’est une femme qui n'a pas conçu un enfant avec un homme au lit comme on connaît mais qui porte l'enfant dans son ventre et lui donne naissance. Par la suite elle rend l'enfant à ses parents biologiques. Moi : oulala, c'est possible ça? Paul : très possible. Tu as entre tes mains le contrat signé entre ta mère et une autre femme certainement de cette famille. Ta mère avait porté son enfant jusqu'à la naissance. Moi : elle avait un grand cœur avant hein, aujourd'hui... Paul : lit la lettre en bas C'était l'écriture de maman. 5-12-1999 Ma chère Florence, Je suis désolé de t'annoncer cette effroyable nouvelle qui m'est survenu ce matin. Je me suis réveillé avec des douleurs dans le bas du ventre. Je me suis dit que ce n'était rien mais c'était plus grave que ce que je m'étais imaginé. Pardonne à ta sœur de n'avoir pas pu respecter le contrat. J'ai perdu ton bébé, je n'ai pas pu le mettre au monde comme prévu. C'est avec des larmes aux yeux que t'écris cette lettre. Si tu me cherche, tu ne me trouveras pas car je suis déjà rentré au pays. Je ne pouvais pas supporter ton regard, tes pleures. Je sais que c'était le dernier moyen pour toi d'avoir un jour un enfant. Mais ne t'inquiète pas, Dieu pourvoira. Cette lettre me prouvait au moins que ma mère était une femme avec un grand cœur autre fois. Moi : waouh... Donc maman était prête à se sacrifier pendant longtemps pour quelqu'un? Paul : mais il y'a une chose qui me dérange. Sur la lettre elle a écrit le 5-12-1999 et pourtant sur son passeport elle a quitté les états unis en janvier 2000. Elle dit pourtant sur cette lettre qu'elle n'est plus là-bas. Moi : c'est claire qu'elle mentait comme toujours. Paul : oui elle mentait. Si elle a pu mentir sur ça, la connaissant elle aurait pu mentir sur le fait que l'enfant soit mort. Tu es née quand? Moi : en Février 2000, le trois février Paul : voilà ce que je disais. Ta mère a menti à tout le monde pendant toutes ces années. Si elle a perdu le bébé en décembre, c'est impossible qu'elle ait pu tomber à nouveau enceinte jusqu'à accoucher en février. Moi : logiquement, oui! C’est impossible. Paul : voici ma théorie : ta mère était toujours enceinte et elle était toujours au pays quand elle a écrit cette lettre. Pour des raisons que j'ignore elle est rentrée au pays en janvier et elle a accouché en février de ce même bébé qu'elle dit avoir perdu. Moi : logiquement, oui! Paul : je sais que tu ne veux pas croire ce que tu as déjà compris mais c'est la logique des choses. Ta mère a été très bête sur un point, elle devait renvoyer ta date de naissance même à l'année qui suivait. Moi : tu es entré dans ma vie pour me dire ce genre de chose qui n'ont pas de tête, ni de queue? Tu es venu détruire la confiance qu'il y'a entre ma mère et moi? Paul : je suis venu t'ouvrir les yeux Murielle. Une mère ne traite pas son enfant comme la tienne te traite. Une mère ne vend pas son enfant. Moi : oui elle me vend mais c'est elle qui m'a donné la vie et nulle autre. Tu ne peux pas venir un bon matin chambouler ma vie avec des bouts de papiers datant de je ne sais quelle époque. Paul : ces bouts de papiers sont la preuve que cette femme n'est pas... Moi : chuuuttt... Ne parle plus, ne dis plus rien. Elle, c'est ma mère et mon père en même temps. C'est vrai que je suis en de mauvais terme avec elle mais c'est maman et je l'aime. Sors de chez moi tout de suite. Paul : Murielle, ce n'est pas moi qui le dis. Ce sont ces documents qui parlent d'eux même. Tu sais pertinemment que c'est la vérité mais tu refuses d'y croire. Ta mère t'a volé à tes véritables parents avant même ta naissance. Moi : elle m'a volé et m'a tué. Dis-moi une chose Paul, pourquoi moi? Je veux dire, n'ai-je pas droit à une seule seconde de bonheur dans ma vie? Dieu m'a-t-il oublié? Paul : si je suis là et que je t'ouvre les yeux sur cette réalité, c'est que Dieu est dans ta vie. Moi : non c'est impossible. J'ai toute ma vie obéit à ma mère comme un automate. Quand je ne le faisais pas j'étais tellement battu que le ''oui maman'' venait tout seul. J'ai vendu mon âme au diable pour elle. Paul : tu es en train de te tourmenter pour rien. Moi : j'ai commencé à me donner aux hommes sans même savoir comment on lave un dessous. J'ai eu la peau complètement décapé pour mieux exciter mes amans au lit. Paul : arrête Murielle, tu te fais du mal Moi : je suis dépendante de toute sorte de d****e qui puisse me stimuler le corps pour que je ne faiblisse pas devant un inconnu qui veut tremper sa queue dans mes jambes. Paul : viens là... Chuuttttt... Les choses vont changer, tu n'auras plus jamais à faire tout ça. Moi : je ne suis plus rien Paul, ce que tu vois là n'est que le déchet qui reste de moi. Ma dignité, mon honneur et même ma foi sont morts ce jour où j'ai vu ma mère planifier le meurtre de mon père. Paul : tu dois déjà commencer à penser à autre chose. Cette femme doit payer pour ses multiples crimes. Elle doit aller en prison Moi : je veux mourir... Je me débattais dans tous les sens. Au lieu d'une vie comme celle-ci, autant mourir pour abréger les souffrances. Tout était désormais claires même si je ne voulais toujours pas l'admettre. Ma mère avait fait de moi ce que je suis par pure jalousie envers mes parents. J'attendais que maman vienne par elle-même m'expliquer tout ce qui était inscrit sur ce papier. Paul : si tu meurs, le monde ne va pas s'arrêter. Les gens vont continuer leur quotidien. On va te mettre sous terre sans que tu connaisses le vrai bonheur. Ne parle plus comme ça. Moi : tu ne peux pas me comprendre. Tu ne peux pas savoir comment j'ai mal en ce moment. Il faut être à ma place pour savoir pourquoi j'appelle la mort. Paul : et une fois morte? Tu pourras encore faire quoi? À qui vas-tu laisser ceux qui t'aime? Moi : hahaha, ceux qui m'aiment? Tu as vu sur la terre toute entière, il y'a une personne qui m'aime? Je n'ai pas d'ami, pas de petit ami, pas de frère ni de sœur. Tu viens même encore de me tuer en m'annonçant que je n'ai ni père, ni mère. Tu vois que si je pars personne ne va même pleurer. Paul : ta mère va pleurer, ton père va même en mourir. Ils sauront tous un jour ce qu'a fait ta mère et ils viendront te chercher. S'ils te retrouvent dans une tombe... Moi : ils rentrent chez eux comme si de rien n'était. Paul : et moi alors? Moi : toi quoi? Ne me dit pas que tu t'es éprise de moi et que tu es déjà fou amoureux comme dans les télénovelas. Tu vas déclarer ta flamme et me dire que tu m’aimeras même si la moitié des hommes de la ville m'ont baisé au moins dix fois chacun. Paul : mais arrête Murielle... Moi : tu veux voir l'intérieur de mes jambes? C'est déjà complètement moisi à force d'être mouillé par toute qualité de pénis. Tu vas vraiment continuer à parler avec moi? Sache que je ne suis plus qu'une chose. OUI! Une vulgaire chose qu'on touche comme et quand on veut pour quelques billets d'argents. Paul : Murielle... Murielle: oui Paul, je suis Murielle Essam. J'allai me placer à la fenêtre, l'ouvrir grandement et cria de toutes mes forces. Moi : je suis une chose qu'on touche quand et comme on veut. Un objet qu'on a volé à ses propriétaires pour en faire un bien public. Rown gratuit pour tout le quar... Paul ferma ma bouche avec sa paume de main. Ferma la fenêtre et me ramena dans ses bras. Paul : si tu veux pleurer, ne te gêne pas. Pleure Murielle, pleure toutes les larmes de ton corps si tu veux mais ne te tue pas avec tes paroles. J’étais englouti dans ses bras comme un bébé. Les souvenirs de ma mère passaient et repassaient dans ma tête comme un horrible cauchemar. Elle était là, à me sourire pour me convaincre de me vendre, à me battre pour m'y obliger. Ma vie était déjà empoisonnée. Paul ne put rester avec moi toute la journée car il avait une urgence familiale. Paul : c'est à contre cœur mais je dois te laisser. Ma mère a fait une rechute et elle peut nous quitter à tout moment. Moi : Vas-y et merci pour tout. Paul : je te reviens vite Moi : ne me laisse pas s'il te plait... Ne me laisse pas. Paul : je ne laisserai pas, je te le promets. J'aurai aimé qu'il ne s'en aille jamais mais hélas. Il devait partir. Je ne voulais penser à rien alors je pris mes pilules et m'endormit. C'était pour moi le mieux à faire. Pour cette soirée, je m'étais dit ''au diable les clients''. Je n'avais pas l'intention de me donner à qui que ce soit sous les menaces de cette femme qui prétendait être ma mère. Quand j'ouvris les yeux, elle était placée devant moi. Maman : tu fais quoi à la maison? Tu n'avais pas des clients ce soir? Plus je la regardais plus j'entendais Paul me dire que cette femme n'était pas mère. Mon amour pour elle s'assombrissait à chacune de ses insultes. J'avais envie de l'attraper par les cheveux et de faire d'elle de la bouillie. Moi : j'ai eu des douleurs au ventre. Maman : mais ta période est déjà passée Moi : j'ai dit au ventre et non au bas ventre. Tu es sourde ou quoi? Maman : mais c'est quoi chérie? On a un problème? Moi : tu sais quoi? En fait je n'avais pas du tout mal au ventre. Je ne voulais juste pas partir. D'ailleurs, je ne partirai plus jamais à un seul de ces rendez-vous. Maman : tu sais très bien que si tu ne le fait pas... Moi : tu vas faire quoi? Tu vas m'envoyer en prison pour meurtre? C'était de la légitime défense maman, je me baserai sur ça et sur tout ce que tu m'as fait pour m'en sortir. Prise de colère, elle leva son bras et je vis sa paume de main se diriger vers ma joue. Elle ne sut à quel moment je lui avais arrêté la main. Du revers de la main, je lui rendis cette gifle qu'elle n'avait même pas eu le temps de me donner. Moi : plus jamais astride, plus jamais je ne serai ton esclave.
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