Moi : c'est ce que n'importe qui penserait si je lui racontais mon histoire. C'est bien elle celle qui m'a accouché.
Paul : mais... Tu dois aller voir les autorités pour...
Moi : je ne vais aller voir personne et ne t'avise même pas de te mêler de ça.
Pendant qu'on parlait, mon téléphone sonna. C'était Rodrigue, il voulait certainement qu'on finisse la conversation de tout à l’heure.
Moi : pourquoi tu m'appelles à cette heure? Tu sais que je travail, non?
Rodrigue : vas dans le coffre en face de la table où il y'a tous les maquillages de ta mère. Tu auras toutes les preuves dont tu as besoin pour te libérer.
Moi : de quoi tu parles?
Rodrigue : le double de la clé de ce coffre est sur la boucle de ton oreille. Si demain tu ne me trouves pas en vie, sache que ta folle de mère m'a...
J’entendis des bruits de verres se casser et des cris de détresses. Mon téléphone tomba et quand je le ramassai, plus rien.
Moi : Rodrigue... Rodrigue... Elle l'a tué. Elle l'a aussi tué...
Et je pleurais, sans pouvoir m'arrêter. Et je tremblais, j'étais noyé dans la peur totale. Ce secret que Rodrigue avait seulement essayé de me raconter lui avait couté la vie. Paul ramassa le téléphone et écouta à nouveau la conversation. Il l'envoya dans son téléphone et la supprima de mon téléphone pour m'éviter les problèmes avec maman.
Paul : essaye de respirer bien fort s'il te plait. Calme-toi...
Moi : je suis sûr qu'elle l'a tué, elle tue tout le monde. Même mon papa, c'est elle qui l'a tué.
Paul : calme-toi s'il te plait...
Moi : cette nuit où on s'est enfuit de chez nous, elle avait tué deux personnes pour nous faire passer pour morte. C'est un monstre, ma mère c'est le diable.
Paul : Vas-y défoule-toi, mais après tu te calmes pour qu'on pense à un moyen de te sortir d'ici.
Moi : non, on ne va penser à aucun moyen. Tu vas partir d'ici pour ne jamais revenir. Tu as vu ce qui est arrivé à cet homme juste parce qu'il a essayé d'être contre ma mère. Elle va te tuer si tu t'obstine et je ne veux pas avoir ta mort sur la conscience.
En ce moment, j'entendis la serrure de la porte se tourner. Maman venait de rentrer. Je tirai tout de suite Paul dans la chambre et on se déshabilla. On se mit en condition adéquate pour la raison de sa venue. J'étais encore plus stressé et je savais que maman allait se rendre compte de mon changement d'état.
Moi : mes pilules, je dois prendre mes pilules.
Paul me passa mon flacon de pilule. Je me sentis beaucoup mieux après avoir en avaler deux.
Moi : on doit maintenant pousser des gémissements et...
Paul : je vois...
Au bout du compte c'était très marrant de faire semblant. On poussa ces faux cris pendant une dizaine de minutes avant de se mettre à converser tout bas.
Paul : si ta mère a vraiment tué cet homme ça veut dire qu'elle a récupéré ton téléphone et a vu le dernier appel. Tu vas dire que tu as décroché pour lui dire que tu étais au travail.
Moi : mais elle va voir qu'on a parlé pendant longtemps.
Paul : tu lui diras que tu as déposé le téléphone sans raccrocher. Puisque c'est lui qui a appelé.
Moi : et s'il a enregistré la conversation comme moi
Paul : je ne pense pas... Comment tu as eu l'idée d'enregistrer?
Moi : mon doigt enregistre toujours par erreur.
Paul : tu vois qu'il y'a Dieu dans ta vie. C'est lui qui t'ouvre les portes vers un nouveau monde.
Moi : tu pars à quelle heure?
Paul : Ouvrons d'abord ce coffre pour voir ce qu'il y'a dedans.
Moi : mais j'ai peur, elle va nous tuer.
Paul : ça va aller, tu vas voir.
Il y'avais effectivement le double des clés sur mon oreiller. Maman avait su cacher ça tellement prêt de moi que je ne pouvais même pas avoir idée. Paul fut le plus courageux tel un vrai homme et ouvrit le coffre. Il y avait toutes les potions de maman et de l'argent bien classé. Au fond, il y'avait des documents qui semblaient très vieux.
Moi : c'est surement de ça dont parlait Rodrigue.
Paul : On ouvre?
Moi : c'est pour ça qu'on cherchait, non?
Pendant que je fermais le coffre, Paul lisait ce qui était écrit sur les documents. Au moment de me restituer cela, maman se mit à ouvrir la chambre. Je gardai rapidement les clés là-où je les avais trouvés et Paul garda les documents dans sa mallette. Il se mit à rajuster ses vêtements comme s'il venait de finir la sale besogne. On était en bonne posture quand elle entra en vrac.
Maman : Je dois te parler Murielle. Vous, allez-vous en.
Paul : mais j'ai payé
Maman : vous aurez une nuit gratuite demain si vous le voulez. Mais partez maintenant.
Il s'en alla en me laissant en haleine. Dès que maman verrouilla la porte du séjour, elle m'attrapa par les cheveux et me jeta sur le canapé.
Maman : tu as parlé de quoi avec Rodrigue tout à l'heure? Il t'a dit quoi?
Moi : il disait avoir quelque chose d'important à me dire mais tu es entré sans qu'il n'ait le temps de me parler.
Maman : je ne parle pas de ce moment idiot, tout à l'heure au téléphone. Vous avez parlé de quoi?
Moi : il voulait qu'on termine la conversation de tout à l'heure mais j'étais en plein boulot alors je lui aie dit au revoir et j'ai déposé le téléphone.
Elle me donna une gifle bien appliquée.
Maman : je vois ici que vous avez parlé pendant plus de cinq minutes. Tu es en train de ma mentir?
Moi : non maman je te dis la vérité. C'est lui qui a appelé donc j'ai déposé mon téléphone sans raccrocher parce que le client me pressait. Je te jure que c'est la vérité maman.
Maman : j'espère pour toi que tu me dis la vérité.
Moi : c'est quoi ce secret maman? Pourquoi tu me caches ça?
Maman : je vais emporter ça dans ma tombe. Pour ton info, sache que Rodrigue est mort. C'est comme ça que tu vas finir si jamais tu tentes de me défier.
Elle alla se coucher en rage. Assise sur ce canapé en arrêtant ma joue qui souffrait encore des brulures, je me demandais ce que j'avais fait pour mériter une mère comme ça. J'avais fini par m'étendre par terre, pour moi c'est là que je méritais de dormir. Et ce secret que j'étais à deux doigt de découvrir, voilà que Paul était parti avec sans m'en faire part. Je cherchais le sommeil pour pouvoir oublier tout ça au moins pour quelques heures mais rien. À minuit, maman sortit de la chambre.
Maman : pourquoi tu es ici? Je me suis réveillé et tu n'étais pas là
Moi : je suis beaucoup mieux comme ça.
Maman : je sais que tu es fâché parce que je t'ai giflé mais tu dois comprendre que j'étais très en colère. C'est cet idiot de Rodrigue qui a osé me menacer.
Moi : et tu l'as tué, comme ça.
Maman : il en savait déjà trop et il voulait parler. Je devais réagir.
Moi : et tu as réagi. Félicitation maman, bientôt tu vas gagner la première place en enfer.
Maman : tu seras près de moi comme toujours. Viens te coucher et raconte-moi ta soirée avec ce client. Il semblait très gentil.
Moi : je ne veux pas te parler
Maman : c'est un ordre madame, il est minuit donc ne me fait pas me répéter.
Comme d'habitude je lui obéis. On alla se coucher.
Maman : alors, c'était comment avec ce Paul?
Moi : il voulait juste faire ce qu'il n'arrivait pas à faire avec sa femme.
Maman : sa femme? Il m'a dit qu'il était célibataire.
Moi : surement il parlait de sa petite amie. En tout cas, il voulait quelque chose de spéciale.
Maman : la façon que tu criais la... Hummm
Moi : bonne nuit maman
Maman : bonne nuit mon bébé, je suis désolé pour tout à l'heure... Demain je vais sortir très tôt et rentrer tard. Je dois voyager pour régler certaines affaires en suspens.
Je voulais lui souhaiter malchance pour ce voyage mais c'était ma mère et je l'aimais malgré tout. Je m'endormis enfin, le seul moment de paix de ma vie. Maman partit à l'aube comme elle me l'avait dit plutôt. Elle me laissa la liste des hommes que je devais voir en soirée.
Maman : ne loupe aucun de tes rendez-vous. Ils ont déjà tous payé
Moi : d'accord maman
Une heure de temps après son départ, Paul arriva. Il n'avait pas peur d'affronter ma mère et ça me faisait très peur.
Moi : si c'est ma mère qui ouvrait, tu allais dire quoi?
Paul : toi-même tu n'as pas constaté que j'ai oublié mon chapeau ici hier soir?
Moi : tu es trop fort, hahaha... J'ai cru que c'était le nouveau chapeau de maman.
Paul : waouh !
Moi : quoi waouh?
Paul : tu es très belle quand tu ris comme ça.
Mon visage se resserra de suite. Je le fis entrer à la hâte pour éviter que les voisins ne le voient. J'attendais impatiemment qu'il me raconte ce qu'il avait vu sur le papier. Dès qu'il prononça le premier mot, maman entra en vrac.
Maman : mais qu'est-ce qui se passe ici?
Paul : excusez-moi madame, hier j'ai oublié mon chapeau ici. Vu qu'il a de la valeur pour moi, je me devais de venir le récupérer.
Maman : ha d'accord. Puisque vous êtes là, j'en profite pour m'excuser pour le désagrément d'hier. J'étais un peu tendu.
Paul : ne vous en faites pas, j'ai été satisfait.
Maman : et toi? Ton téléphone est où? On était prêt à décoller avant que je me suis rendu compte que j'ai oublié un document très important dans mon coffre. Je t'ai appelé même dix fois pour que tu me l'apporte.
Moi : mais je ne passe même jamais dans ce coffre
Maman : là c'était important, tsuipppp...
Elle alla dans la chambre. C'était certainement fini pour moi. Si elle ne voyait pas le document, elle devait savoir que j'avais parlé plus que qu'il ne le fallait avec Rodrigue. Au bout de quelques minutes, je l'entendis crier mon nom.
Moi : je suis fini...
Paul : nie de toutes tes forces. Si elle te touche, je vais te défendre.
Une fois dans la chambre, elle fouillait encore et encore son sac.
Moi : oui maman, c'est quoi le problème?
Maman : je ne trouve même pas les clés du coffre.
Moi : peut-être c'est dans ta petite valise
Maman : mais c'est à l'agence... Merde... Je vais faire comment?
Moi : vas chercher nor. Le type ci au salon est venu avec la voiture, il peut te déposer.
Elle avait oublié que le double des clés existait. Je me demandais ce qui pouvait bien la mettre dans cet état, son meurtre de la veille peut-être. J'avais bien vu la clé dans son sac en main mais elle, non. Elle cherchait précipitamment, raison pour laquelle elle passait à côté. Paul avait laissé son sac expressément pour que je puisse retirer les documents et les remettre en place avant le retour de maman, ce qui fut fait très rapidement. J’étais encore devant le coffre lorsque maman entra dans la chambre. Malheureusement pour moi, j'avais l'oreiller et la clé en main.
Maman : mais tu fais quoi là?
Moi : je cherchais aussi la clé. Quand j'ai secoué l'oreiller, c'est tombé de là. Je voulais déjà courir comme ça pour t'appeler.
Maman : donc tu n'as pas encore ouvert?
Moi : j'ouvre souvent?
Elle me fit sortir de la chambre après avoir récupéré le double des clés. Elle ressortit de suite et Paul la ramena à l'agence. Je ne comprenais pas pourquoi elle était rentrée aussi tôt. J'attendais Paul pour plus d'explication. Il revint quelques minutes après.
Paul : on a eu chaud
Moi : miiiinnce... Pourquoi vous êtes rentré tôt comme ça?
Paul : on est arrivé dans la voiture elle a trouvé la clé. Je l'ai retardé un peu en attendant que tu gardes les documents.
Moi : mon cœur a failli tomber dans le ventre aujourd'hui. Merde...
Paul : maintenant tout va bien
Moi : rien ne va, elle a pris la clé et on n'a plus les documents.
Paul : j'en aie déjà fait une copie. Les deux étaient dans mon sac... Oh non...
Moi : quoi?
Paul : il se peut que tu aies mis la copie dans son sac et non l'original. Elle va s'en rendre compte et ça va barder.
Moi : mais je veux savoir ce qu'il y'a sur ce document. J'en ai marre d'attendre.
Il me tendit les documents et baissa la tête. Ce que je lisais n'avaient pas de sens. Je ne pouvais pas y croire.
À suivre...