Moi : Tu vas me dire qu'il était mon mari et qu'il avait le droit de disposer de mon corps comme il voulait.
Modou : Tu penses que je vais défendre un homme qui v***e sa femme ? Alima, je te connais, mais toi, il semble que tu ne me connais pas assez.
Moi : Cette nuit-là, je suis tombée enceinte.
Modou, surpris : Tu as un enfant ? Mariama ne m'a rien dit.
Moi : J'ai fait une fausse couche.
Modou : Je suis désolé !
Moi :Ne le sois pas ! Dieu a bien fait. Cela aurait compliqué ma vie. Je n'aurais pas supporté d'élever seule cet enfant. De plus, il m'aurait rappelée tous les jours dans quelles circonstances il a été conçu.
Modou : Je suis désolé ! Ce mec t'a vraiment fait souffrir, plus que je ne l'imaginais. Maintenant, je comprends.
Moi : Tu comprends quoi ?
Modou : Pleins de choses !
Mon portable sonna. Je me dirigeai vers ma table de chevet où je l'avais mis. C'était Lafia, elle voulait voir où j'étais. On devait dîner ensemble avec les autres filles. Je ne voulais pas prendre ma voiture, elle devait passer me prendre. Elle venait de quitter chez elle. Je lui expliquai que j'avais eu de la visite, mais que j'étais presque prête. Je raccrochai.
Moi : Désolée, Modou, je dois sortir, je dois vite me préparer.
Modou : Ok ! Je repasserai un autre jour. Sois prudente et si tu dois coucher avec un homme, prends tes précautions.
J'ouvris grands les yeux, j'étais choquée. Lui, me dire ''si tu dois coucher avec un homme prends tes précautions'' ? Il se rapprocha de moi.
Modou, avec douceur : Si tu as besoin de moi, appelles-moi. Je passerais de temps en temps te voir. Mais saches d'avance que jamais je ne coucherai avec toi.
Il prit ma main et me regarda dans les yeux.
Modou : Je sais que tu as besoin d'un ami. Je le serais avec plaisir. Je te demande de ne plus me parler de sexe. Je me suis promis de ne toucher que le corps de ma femme. Sur le plan sexuel, rien ne se passera entre nous, ok ?
Je ne répondis pas.
Modou : Bonne soirée !
Il s'en alla. Je me dirigeai vers mon armoire pour me choisir une tenue.
*************
Quelques semaines
Au fil des semaines, Modou était devenu un ami. Au début, j'eus beaucoup de mal à le laisser ''revenir'' comme ça dans ma vie. Mais sa bonté, son calme et sa générosité désintéressée m'avaient peu à peu convaincue. Oui, ça me faisait un bien fou de voir un homme ne pas me demander mon corps. Il ne jugeait plus ma vie, ne me demandait plus si j'étais sortie avec un homme ou si j'avais couché avec. Quand il venait me voir, on parlait de choses plus joyeuses, parfois aussi plus sérieuses. Les discussions avec les " Girl's Power" étaient plus légères. Au moins, avec Modou nos discussions étaient plus profondes. Parfois, il me parlait de religion. Je pouvais lire dans ses yeux toute la foi et l'amour qu'il avait pour Dieu. A vrai dire, je commençais à me poser des questions sur ma manière de vivre. Depuis l'incident chez Abdou, je n’arrivais plus à "coucher". J’avais essayé 2 ou 3 fois, mais je m’étais retrouvée complètement bloquée. Personne ne savait que ça faisait 2 mois que je ne couchais plus. Après mes 2 ou 3 échecs, je n’avais plus tenté, mais je n’avais osé rien dire à personne. Les filles ne comprendraient pas. D'ailleurs, c'était un sujet trop sérieux pour elles et je n'osai rien dire à Modou, il m'avait fait jurer de ne plus lui parler de sexe. Cette situation me frustrait, parce que je sentais vraiment mes pulsions, mais je n'arrivais juste plus à les assouvir.
****************
Avec Lafia, on discutait sur les tenues qu'on allait porter pour le mariage de sa cousine, quand la sonnerie retentit. Je partis ouvrir.
Moi : Bonsoir, Fatima !
Fatima : Bonsoir !
Moi : Entres !
Je refermai la porte.
Fatima, en colère : Alors sale p*****e, tu as bien joui avec mon mec ?
Je me retournai et la dévisageai.
Moi : De quoi parles-tu ?
Fatima : Et puis, tu continues de me prendre pour une idiote ?
Moi : Mais que se passe-t-il ? Demanda Lafia qui nous avait rejoint dans le couloir
Fatima : Je ne sais pas. J'aimerais bien savoir ce qu'elle me reproche.
Moi : Fatima, que se passe-t-il ? Demanda Lafia de nouveau
Fatima : Cette fille est une p**e. Elle couche avec les mecs de ses amies.
Moi : Attends, Abdou t'a menti. Ce n'est pas ce que tu crois.
Fatima : Comment sais-tu qu'il s'agit d'Abdou ? Ça aurait pu être Omar. Tu confirmes par toi-même qu'il a raison. Tu as osé coucher avec mon mec.
Moi : Je n'ai jamais couché avec lui.
Fatima : Tu as couché quatre fois avec lui et maintenant il me quitte pour toi.
Moi : Mais c'est quoi ce délire ?
Fatima me gifla. Je lui rendis sa gifle.
Moi : Écoutes-moi, avant de me condamner.
Elle se jeta sur moi. Lafia s'interposa.
Lafia : Arrêtes, Fatima !
Fatima, en colère : Je vais la tuer, cette p**e !
Lafia avait beaucoup de mal à la retenir.
Lafia : Alima, vas dans ta chambre, je gère le reste.
Je courus m'enfermer à clé dans ma chambre. Ce n'est pas que j'avais peur de Fatima. Je n'avais juste pas envie de me battre. J'entendis les cris d'hystérie de Fatima pendant presqu'une dizaine de minutes, puis le silence revint dans mon appartement et je compris qu'elles étaient parties. Je pris mes clés et quittai l'appartement à mon tour. Je me rendis au Point E. Je sonnai et une femme vint ouvrir. Je demandai après Abdou. Elle voulut me conduire au salon, mais je refusai. Je préférai attendre dans la cour. Après quelques minutes, il sortit en souriant.
Abdou : Coucou, Belle fleur, tu viens me rendre visite ?
Moi, en colère : s****d, pourquoi tu as dit à Fatima que nous avons couché ensemble ?
Abdou : Je te veux ! Je m'en fous de Fatima. J'ai l'intention de te conquérir. Je lui ai dit cela pour mettre les choses sur table. Depuis que je t'ai vue, tu ne quittes plus mes pensées.
Moi : Mais tu es fou ? Tu as gâché notre amitié.
J'étais en colère et je vociférai.
Abdou : Ce n'est pas la fin du monde. Des amies, ça ne manque pas. Mais ne restes pas ici, viens dans le salon.
Moi : Tu es malade ! Tu ne m'auras jamais. C'est dommage que tu aies quitté Fatima, parce que tu l'as fait pour rien. Je ne coucherais jamais avec toi et je ne sortirais pas non plus avec toi.
Il voulut me prendre la main. Je lui donnai une bonne gifle et pris le chemin de la sortie.
Abdou : Quand tu auras fini de te prendre au sérieux, reviens me voir. Je te couvrirai d'or et d'argent.
Je sortis de la maison et claquai violemment la porte. A peine assise dans ma voiture, mon portable sonna. C'était Lafia.
- Allô !
- Allô ! Alima ! Sois franche avec moi, tu as couché avec le mec de Fatima ?
- Non ! Je n'ose pas faire un truc pareil.
- Pourquoi il dit que vous avez couché ensemble et qu'il t'a choisie ?
- Il nage en plein délire. Il s'est convaincu tout seul que j'étais sa future petite amie.
- Mais Fatima dit qu'officiellement vous ne vous êtes vus qu'une fois.
- Officiellement et officieusement. Il m'a vue une fois, il s'est jeté sur moi. J'ai refusé de coucher avec lui. Je ne l'ai pas revu depuis ce fameux soir. Il est dingue ce mec.
- C'est quand même un peu étonnant que cet homme fasse ces accusations sans raison valable.
- Comment ça sans raison valable ? Lafia, tu crois que je mens ?
- Écoutes, on n'a jamais eu ce genre de situation dans le groupe. J'espère que c'est un malentendu qui va vite être réglé. Fatima est vachement en colère, je te le dis sincèrement. Si c'est un malentendu, ça ne va pas durer, mais si c'est la vérité, tu es mal barrée.
- C'est un malentendu !
-Ok ! Si tu le dis ! Bon, je te laisse, Fatima arrive. Elle ne va pas apprécier que je te parle au phone.
Elle raccrocha. Je sentais que Lafia ne me croyait pas. Comment pouvaient-elles penser que j’étais sortie avec Abdou ? Allaient-elles mettre les autres au courant ? Je sentais qu'une tempête se préparait lentement. Il fallait que ce mauvais pressentiment me quitte. Je pensais à mes parents. Ça faisait un bail que je ne leur avais pas rendu visite. Je fis un tour pour me préparer un petit sac et filai chez mes parents. J'allais passer quelques jours en famille, ça me ferait du bien. Moi, sèchement : On ne m'a rien dit !
Alioune : Tu étais sympa avec moi, puis tout d'un coup, tu changes d'attitude avec moi. Quelqu'un a délibérément cherché à nous diviser. Je voudrais bien savoir qui c'est.
Moi : Personne n'a essayé de nous diviser.
Alioune : Ton changement d'attitude est trop brutal pour que ça soit sans raison extérieure. N'essaie pas de protéger cette personne.
Il finit par m'agacer.
Moi : On ne m'a rien dit. Je t'ai vu avec une femme et j'ai cru que tu trompais ta femme. Maintenant que je sais que tu es divorcé, il n’y a plus de soucis, tu as le droit d'être avec cette femme.
Il éclata de rire.
Alioune : Non. Mais sérieux, de quelle femme tu parles ?
Moi : Parce qu'elles sont nombreuses ?
Alioune : Écoutes, j'ai revu pleins d'amies, de cousines. Sincèrement, je ne vois pas de qui tu parles.
Non ! Mais sérieux, il me prend pour une cruche.
Moi : Oh ! C'était la femme avec qui tu étais le samedi où tu as décliné mon invitation.
Il chercha dans sa mémoire, puis éclata de rire.
Alioune : Miss, ce n'est pas parce que tu m'as vu avec une femme que ça veut forcément dire que je suis intéressé par elle. C'est comme si toutes les personnes qui nous ont vus ensemble pensaient pareil de nous. Or, ce n'est pas du tout le cas. Tu ne m'intéresses pas.
Cette parole me blessa profondément. Je ne pus plus bouger. Surpris par mon brutal arrêt, il me regarda.
Alioune : Attends, qu'ai-je dit de mal ?
Je rebroussai chemin précipitamment. Il me suivit en m'appelant. Il me rattrapa.
Alioune, insistant : Qu'ai-je dit de mal ? Pourquoi es-tu furieuse ?
Moi : Je ne suis pas furieuse. Il se fait tard. Je veux rentrer.
Je lui avais parlé sans colère.
Alioune : Ok. Je te ramène.
Lorsqu'on se retrouva seuls dans la voiture, il resta silencieux, caressant sa tête et souffla bruyamment. Il se retourna enfin vers moi.
Alioune : Regardes-moi, Alima.
Je gardais ma tête, penchée vers la vitre.
Alioune, avec douceur : S'il te plaît, regardes-moi.
Je me tournai vers lui. Nos yeux se croisèrent.
Alioune : Depuis quand as-tu des sentiments pour moi ?
Je restais silencieuse et reposa mon regard sur la vitre.
Alioune : Depuis quand as-tu cessé de me regarder comme ton grand-frère ?
Moi, à voix basse : Ça n'a pas d'importance.
Il l'entendit.
Alioune : C'est important pour moi.
Moi : Non. Ça ne l'est pas. Je ne t'intéresse pas. Alors ne débattons pas sur ce sujet.
Alioune : Je tiens à toi. Pas de la même manière que toi, mais tout ce qui te touche me touche. Depuis quand ressens-tu tout cela ?
Je pris mon sac et voulus sortir du véhicule, mais les portes étaient bloquées.
Moi : Alioune, laisses-moi partir.
Alioune : Tu es ma sœur, Alima. Je t'ai vue grandir. Dieyna est ta bestfriend, comment as-tu pu avoir des sentiments pour moi ?
Moi : Tu penses que j'ai choisi de t'aimer ?
Alioune : Je viens de divorcer, Alima. Je ne suis pas prêt à entamer une nouvelle relation. Je suis en train de repartir à zéro. Tu ne peux pas venir chambouler mes projets. Je ne veux plus de femmes dans ma vie. J'ai été trop déçu.
Moi : Je ne t'ai jamais demandé d'entamer une relation avec moi. Je ne t'ai même pas dit que j'avais des sentiments pour toi. C'est toi qui en as fait la conclusion. Ce n'est pas parce que tu as été déçu une fois que tu le seras de nouveau. Si tu ne sais pas ce que tu veux, moi je sais ce que je veux. Ce n'est pas contre moi que tu fais un procès, c’est contre toi-même.
Sa réaction me fit comprendre que j'avais vu juste. Il posa la tête sur le volant.
Moi : Toi aussi, tu as des sentiments pour moi. Tu devrais les écouter.
Alioune : Non! Tu te trompes.
Je soulevai sa tête avec ma main. Il me regardait silencieusement. Je me rapprochai de lui et l'embrassa avec douceur sur les lèvres.
Moi : Si tu m'en laisses l'occasion, je te ferai oublier tes peines. Maintenant, ramène-moi chez moi.
Il démarra la voiture sans rien dire.
Seule dans ma chambre, je repensais à notre b****r. C'était un premier b****r volé, mais j'avais aimé. Je n'avais jamais été aussi directe avec un homme, mais j'avais trop attendu que mon rêve se réalise. Je ne devais plus attendre. Alioune était une perle rare et si je restais sagement dans mon coin, une autre fille risquait de me le voler. Des croqueuses de diamant, des nymphomanes, des vieilles filles, il y en avait partout dans la ville. Elles ne se gêneront pas de lui faire tourner la tête. Moi, au moins je ne le voulais pas pour son argent, ni pour le sexe, ni juste pour me caser. Je l'aimais tout simplement. Alors je allais me bouger. Il ne semblait pas totalement insensible à mes charmes. Je l'aurai pour moi.
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Le lendemain matin
Je pris mon courage et j'appelais Malick. Il m'avait invitée à manger, il y a quelques jours. Je lui avais dit que je le rappellerais. A vrai dire, je n'avais prévu de lui dire oui. Mais depuis ma discussion avec Alioune, j'avais changé d'avis. En me voyant fréquenter Malick, j'espérais attiser la jalousie de son ami qui tôt ou tard, apprendrait nos rencontres. J'ai préféré laisser Modou hors de cette histoire, parce qu'il méritait plus de considération et parce que si ça ne marchait pas avec Alioune, j’espérais continuer mon cheminement avec lui. Malick m'amena dîner dans un beau restaurant le samedi suivant. Il me refit la cour et de nouveau, je repoussai ses avances. Il me sourit en me disant qu'il ne désespérait pas et que tôt ou tard, il m'aurait pour lui. Cela me fit rire et il rit à son tour, quand j'acceptai de le revoir une autre fois. J'avais bien insisté sur le fait que ce serait juste un autre dîner entre amis, mais il y voyait déjà une perche tendue. En fait, je pense qu'il croit qu'on joue un peu au chat et à la souris. Il est bien loin du compte, ce n'est pas avec lui que je joue ce jeu-là, mais avec Alioune.
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Je restai figée quand je vis Alioune sortir de sa maison avec la femme de la dernière fois. Je rentrai de chez Mariama. Ils se tenaient la main dans la main. Non, mais comment osait-il me dire qu'elle ne l'intéressait pas ? Il me fit un signe de la main. Et en plus, il osait me faire signe ? Je les rejoignis en me tuant pour ne pas les insulter tous les deux.
Alioune, souriant : Bonsoir, Alima.
Moi : Bonsoir, Alioune.
Alioune : Je te présente Soda. Soda, c'est Alima, une voisine.
Elle me sourit et me tendit la main. Je la serrai.
Soda : Enchantée !
Moi : Enchantée, moi aussi.
Alioune : Soda était venue me voir, je la raccompagne.
Moi : Ok ! Je vous laisse, je m'excuse, mais je suis attendue à la maison.
Je les vis se diriger en riant vers la voiture d'Alioune. Si j'étais parano, j'aurais juré qu'ils riaient de moi. Mais cette fille ne me connaissait pas. Alors, c'était impossible. J'étais furieuse, les voir main dans la main me mettait hors de moi. Elle ne l'aura pas. Je m'en fis la promesse