La révélation du Padre Pio

2909 Mots
La révélation du Padre Pio L’interrogatoire terminé, j’avais été conduit à la prison de la ville pour y être enfermé. Comme c’est généralement le cas, je pensais me retrouver dans un cachot où je serais seul, le temps que se termine l’instruction, mais contrairement aux usages, on me plaça dans une cellule où se trouvait déjà un autre prisonnier. L’endroit était crasseux, sentait le moisi et ne disposait même pas d’un lit. Une paillasse avait été jetée sur le sol et je craignais fort qu’elle ne fût infestée par la vermine. Visiblement, on était en train de me mettre en condition, à savoir rendre mon séjour dans cette prison proprement insupportable. De cette manière, je ne discuterais pas trop les modalités de ma libération et serais prêt à payer sans discuter l’amende qui me serait infligée pour retrouver la liberté. Le fait de connaître la suite des festivités ne me consolait guère, car à cause de cette mésaventure, je risquais bien de rater mon bateau. Mes containers seraient sans doute, eux, embarqués comme prévu sur le cargo, mais si ma détention se prolongeait, je ne serais pas présent pour les réceptionner à Anvers, ce qui me contrariait beaucoup. Absorbé par mes réflexions, je ne m’étais pas encore intéressé à mon compagnon d’infortune qui se trouvait assis, recroquevillé dans un coin de la cellule. Celle-ci, bien trop vaste pour nous deux – on aurait pu y mettre aisément une dizaine de prisonniers – ne disposait comme éclairage que d’un soupirail, un soupirail qui ne laissait passer que quelques rares rayons de lumière et qui faisait que les lieux baignaient en permanence dans une demi-obscurité. Pour cette raison, je n’avais pas encore pu examiner convenablement mon compagnon de cellule. Un curieux personnage, à vrai dire, peu loquace en tout cas, car depuis mon arrivée, il n’avait pas encore ouvert la bouche. En m’approchant de lui, je vis un homme d’un âge avancé, la barbe et les cheveux en broussailles qui m’observait avec des petits yeux malicieux et un sourire indéfinissable. Ses traits tirés montraient une grande lassitude, mais je n’aurais pas pu dire si la cause de cet état était due aux mauvais traitements ou simplement à sa condition de prisonnier. Lorsque je fus près de lui, il me tendit la main et prononça d’une voix sourde quelques mots que je ne compris pas de prime abord : — Pio, padre Pio para servir le… Bienvenido ! Cette phrase dite rapidement à voix basse devint plus compréhensible lorsqu’il me la répéta. Je me rendis compte à ce moment-là que l’homme qui était devant moi était un prêtre. Et si quelques doutes pouvaient encore subsister dans mon esprit, ils s’estompèrent complètement quand j’aperçus qu’il portait une soutane, une vieille soutane élimée et qui aurait bien mérité de passer à la machine à laver et d’être repassée. Que pouvait bien faire un prêtre en ces lieux ? Il n’avait absolument pas l’aspect d’un malfaiteur ou d’un bandit. Alors, pour quelle raison se trouvait-il ici ? La réponse, je ne l’eus pas tout de suite. Visiblement, le padre voulait savoir d’abord qui j’étais et surtout, pour quelle raison on m’avait jeté en prison. Comme je n’avais rien à cacher, je lui racontai mon histoire à laquelle il crut d’emblée, car il avait déjà eu connaissance de faits similaires ailleurs. À mon tour, je voulus savoir ce qu’on avait bien pu lui reprocher pour qu’on le mette en prison. Après tout, il s’agissait d’un prêtre et les ecclésiastiques étaient plus que partout ailleurs respectés en Colombie. — Comme vous, me répondit-il, je suis tombé dans un piège, mais à cette différence que mes geôliers n’exigent de moi aucun argent, mais simplement quelques renseignements que je refuse de leur donner. — Et c’était quoi ce piège dont vous me parlez ? — La pire chose pour un prêtre : on m’accuse tout simplement d’avoir abusé d’une fillette de onze ans, ce qui, bien sûr, est totalement faux. Les parents de cet enfant sont très pauvres, et il a été facile pour les personnes qui veulent me faire parler de les soudoyer en leur offrant une belle somme d’argent. La fillette sous la pression des parents a fini par avouer n’importe quoi ou en tout cas, ce qu’on voulait qu’elle dise. C’est comme ça dans ce pays, tout s’achète et tout se vend. — Les renseignements que vous refusez de donner doivent, je suppose, être de première importance, pour qu’on en soit arrivé à de pareilles extrémités envers vous. — Ils le sont en effet, mais je n’ai nullement l’intention de les divulguer, d’autant qu’ils impliquent une autre personne. — Ils n’iront quand même pas jusqu’à vous torturer, j’espère ? fis-je, troublé par ce récit. — Oh, ça non, le risque serait trop grand pour eux ! Ils préfèrent me laisser moisir dans cette infecte cellule, en espérant que je finirai par parler pour retrouver le confort et surtout la liberté. Mais, en cela, ils se trompent, car je suis déterminé. Cela fait des mois que je croupis dans ce trou à rats et, sauf erreur, je ne suis pas près d’en sortir. Mais tant pis, c’est parler ou perdre mon honneur. — Si j’ai bien compris, entre vous et les personnes qui vous ont enfermé, c’est une partie de bras de fer. — Exactement, et j’entends bien la gagner ! Avec tout ça, j’ignorais toujours de quel ordre pouvaient bien être ces renseignements si précieux. Ils devaient sûrement être très importants pour qu’on ait osé mettre ce prêtre derrière les barreaux. Comme en final tout cela ne me regardait pas, je m’abstins de le questionner à ce sujet. D’ailleurs, il était pratiquement sûr qu’il ne m’aurait pas répondu. Notre vie à deux dans cette misérable cellule s’organisa peu à peu. J’appréciais de plus en plus ce prêtre, qui était une sorte de saint qui toute sa vie avait parcouru la Sierra de la Macarena pour secourir les pauvres gens. Ce qui était certain, mais je ne l’appris que plus tard, c’est que le respect et la confiance qu’il avait acquis auprès de la population lui avaient permis d’apprendre certaines choses, des choses importantes à première vue, et dont avait eu vent le commissaire. Je me rendis compte qu’au fil des heures passées ensemble, une complicité s’était établie entre nous. Nous étions tous les deux victimes d’un traquenard, et l’un comme l’autre, nous étions parfaitement conscients qu’on nous avait mis derrière les barreaux pour des raisons qui n’avaient rien à voir avec un délit de droit commun. Autre fait qui m’interpellait : je ne m’expliquais pas pourquoi on nous avait mis ensemble dans la même cellule. À cela, je ne voyais qu’une explication. Au bout d’un certain temps, pensait le commissaire, le padre finirait par se livrer à moi, et si je parlais, cela lui permettrait d’échanger les renseignements que le padre m’aurait confiés contre ma liberté. Mais l’argent alors ? Il ne pouvait pas exiger de moi les deux. C’était les renseignements ou le paiement de l’amende. Du moins, je le pensais, mais le commissaire pouvait tout autant jouer sur les deux tableaux à la fois. Finalement, c’est le padre qui finit par m’ouvrir les yeux sur ma présence à ses côtés. Lors du deuxième soir que je passai en cellule, et vu la confiance qui s’était établie entre nous, j’osai aborder la nature des renseignements qu’on cherchait à lui extorquer. Avant même de répondre à ma première question, il mit son index sur la bouche et de l’autre m’indiqua un recoin du plafond où était dissimulé un micro. Il était vraiment bien caché et très difficile à voir avec la pénombre qui régnait dans la cellule. Le padre, lui, avait fini par l’apercevoir et avait bien compris pourquoi on nous avait mis ensemble. De nos conversations, le commissaire espérait bien tirer les renseignements qu’il cherchait. C’était bien essayé, mais raté. Jouant le jeu, le padre répondit : — Je vous ai déjà dit que c’est un sujet que je ne désire pas aborder. Parlons d’autre chose, voulez-vous ? — Bon, répondis-je, je ne vous importunerai plus avec cette question, mais quand même, j’aurais bien aimé savoir. Vous avez excité ma curiosité. S’étant rapproché de moi, le padre me chuchota à l’oreille : — Ce soir, quand ils nous croiront tous les deux endormis, je viendrai vous parler. J’ai des choses à vous dire et une mission à vous confier, car il ne fait aucun doute que vous serez libéré bien avant moi. Je ne répondis pas, mais du pouce, je lui fis signe que c’était OK. Dans les heures qui suivirent, nous n’échangeâmes plus que des banalités. Il ne fallait surtout pas que le commissaire se doutât de quelque chose. Jusqu’au soir, je rongeai mon frein, impatient de savoir ce que le prêtre avait à me dire et surtout de connaître le type de mission qu’il voulait me confier. Je n’étais pas trop enthousiaste à cette idée, d’autant que j’étais pressé de rentrer en Belgique. Vers les onze heures, le padre se leva et vint s’asseoir à côté de moi. Il me fit signe d’ôter ma veste et de la placer au-dessus de nos têtes, de manière à ce qu’elle fît écran entre nous et le micro. Comme, de surcroît, nous allions parler à voix basse, rien de ce que le prêtre allait me confier ne pourrait être enregistré par l’appareil. — Voilà, fit le prêtre lorsqu’il fut installé confortablement, après plus de trente ans d’apostolat dans les plaines qui bordent la Sierra de la Macarena, certains paysans qui voulaient m’aider et surtout me remercier des services rendus m’ont indiqué non seulement l’emplacement d’une ancienne mine d’or, mais également celui d’un monastère fortifié construit par les jésuites, où ces derniers, après la révolte des paysans, s’étaient réfugiés avec tous leurs biens. La mine d’or assez importante avait brusquement, aux dires du paysan qui connaissait son emplacement, cessé ses activités au moment de l’incursion des conquistadors dans le pays. Elle avait été fermée par les mineurs eux-mêmes, qui voulaient la protéger de la cupidité des Espagnols, et depuis lors, elle n’avait jamais été rouverte. Le paysan, ajouta le prêtre, m’a même remis un croquis permettant de retrouver cette fameuse mine, mais personnellement, je ne m’y suis jamais rendu, car j’avais d’autres chats à fouetter. Ma vocation était d’aider les paysans et de sauver des âmes quand je le pouvais et non de rechercher une hypothétique mine d’or. De plus, à condition qu’elle existe, elle est située en pleine montagne et son accès est très difficile. Pour l’atteindre, il aurait fallu tout un équipement que, de toute façon, je ne possédais pas. Le service que je vous demande concerne précisément cette mine d’or. Comme je viens de vous le dire, je détiens un plan d’accès des lieux et je l’ai même ici sur moi. — Sur vous ? m’exclamai-je. Mais c’est de la folie : si demain il leur prenait l’idée de vous fouiller, que feriez-vous ? — Tranquillisez-vous, le plan est bien sur moi, mais il est caché dans la doublure de ma soutane. Ils auraient du mal à le découvrir et ce, d’autant plus que j’ai déjà subi une fouille approfondie. Ce que je vous demande donc comme un grand service, est d’apporter ce plan à un ami, Pablo Ortiz, un prêtre comme moi qui vit à San Miguel, un petit village de montagne de 300 âmes. Lui saura l’utiliser à bon escient. Il est jeune, dynamique et a un grand besoin d’argent pour ses projets d’aide aux populations environnantes. Si jamais il parvenait à redécouvrir la mine, il pourrait la monnayer à un très bon prix. — Tout cela est bel et bien, répliquai-je, mais, en admettant que j’accepte votre proposition, je risque fort, à ma sortie, d’être suivi et de conduire les policiers jusque chez votre ami. Ce serait introduire le loup dans la bergerie, et ce n’est sûrement pas ce que vous souhaitez, je suppose. — Certainement pas, d’autant que mon ami est totalement inconnu des services de police. Et il faut qu’il le reste, s’il accepte de partir à la recherche de cette mine d’or. En gros, ce que je vous suggère est de simuler un départ. Vous montez sur le bateau avant qu’il ne lève l’ancre et vous vous arrangez pour en sortir discrètement avant qu’il n’appareille quelques heures plus tard. Vous voyant monter à bord, nos policiers penseront que vous quittez réellement le pays, et vous serez définitivement oublié. — Plus vite dit que fait ! répondis-je. Cela demande une sérieuse préparation, sans parler de ce que tout ceci va me coûter en temps et en argent. — Je sais, répondit le prêtre laconique. Ce geste, si vous décidez de l’effectuer, montrerait à quel point vous aussi vous vous souciez du bien-être de ces pauvres campesinos. Et puis, ce serait une belle revanche sur ceux qui vous ont tendu cet affreux traquenard et qui vous ont conduit ici aujourd’hui. — Je ne vous dis ni oui ni non pour l’instant, répondis-je. Il faut que je réfléchisse sérieusement à votre proposition, qui n’est pas sans risque et qui, de plus, va m’obliger à prolonger mon séjour en Colombie de plusieurs jours, voire plusieurs semaines. — Exact ! fit le prêtre. C’est sûr que vous ne sortirez pas gagnant de cette aventure, mais je crois que vous serez content de vous-même et assez fier d’avoir donné un coup de main à une population qui en a bien besoin. — Oui, à condition que votre ami Pablo retrouve la mine et réussisse à la monnayer, ce qui n’est pas encore gagné. — Bien sûr, mais qui ne risque rien n’a rien. C’est, en tout cas, la seule chance que nous avons de l’aider à trouver de l’argent pour les pauvres paysans du coin. Autre sujet dont j’aimerais vous parler : le monastère fortifié construit par les jésuites à l’époque des conquistadors. C’est un vrai mystère que cette forteresse dont tout le monde parle mais que personne n’a jamais vue. Un Indien qui semblait en savoir plus que les autres m’a emmené jusqu’à l’entrée d’une gorge qui, selon lui, conduit au monastère. À deux, nous l’avons parcourue sur une centaine de mètres, mais impossible d’aller plus loin, car nous avons été arrêtés par un énorme éboulis qui fermait entièrement le passage. Les amas de blocs, qui nous empêchaient de poursuivre notre chemin, étaient apparemment là depuis fort longtemps, car une végétation abondante avait pris possession des lieux. L’effondrement du cañon s’est-il produit à l’époque où les moines occupaient le terrain ? Impossible de le dire. Ce qui est sûr, par contre, c’est qu’à l’heure où je vous parle l’endroit où se cache le mystérieux monastère n’a toujours pas été découvert. Si cela s’était produit, la population serait, bien sûr, au courant. Pour celui qui le trouvera, ce sera, en tout cas, une belle satisfaction, car, en dehors de l’intérêt archéologique du site, rien ne dit que les trésors, emportés là par les prêtres au moment de la révolte des paysans, ne s’y trouvent toujours pas. Pablo connaît l’emplacement de la gorge. Il peut vous y conduire. Peut-être, sur place, aurez-vous une idée lumineuse pour franchir ou contourner cette gorge actuellement infranchissable. — Ouh là ! protestai-je. Je ne dis peut-être pas non pour la mine d’or, mais pour votre monastère, il faudra vous adresser à d’autres personnes que moi. Ma famille et mes affaires m’attendent en Belgique, et je ne peux prolonger indéfiniment mon séjour ici. Pendant que je parlais, je vis que le padre était occupé à découdre sur quelques centimètres la doublure de sa soutane. Lorsqu’il eut terminé, il plongea les doigts dans la petite ouverture qu’il venait de pratiquer et en retira, pliée en quatre, une feuille de papier sur laquelle figurait un plan d’accès à l’ancienne mine d’or. Avant que j’aie pu dire un mot ou esquisser le moindre geste, il me l’avait fourrée dans les mains en me disant : — Merci encore pour ce que vous allez faire pour ces pauvres paysans. Il avait très habilement manœuvré, le padre, car que pouvais-je faire à présent que je tenais le plan dans les mains, sinon accepter le service qu’il me demandait. Pour la deuxième fois, durant mon séjour dans ce pays, j’étais piégé mais cette fois au moins c’était pour la bonne cause. Durant les deux jours où je restai encore en prison, j’eus tout le temps d’apprécier les qualités de mon voisin d’infortune. C’était, à n’en pas douter, un saint homme, pour qui comptait seulement l’amélioration des conditions de vie des paysans. Le manque de confort et d’hygiène de notre cellule ne semblait nullement le gêner. Il passait le plus clair de son temps à prier : — Comme cela, disait-il, je peux encore me rendre utile. À l’aube du cinquième jour, je fus conduit dans le bureau du commissaire pour une confrontation. On me fit asseoir et, luxe suprême, on m’offrit un café, ce qui me fit grand bien. J’étais là depuis une dizaine de minutes, lorsque je vis entrer dans le bureau un homme que je n’avais jamais vu auparavant. Il avait été convoqué pour une confrontation avec moi, mais je me demandais bien à quel sujet. Cela m’intriguait d’autant plus que le personnage qui se tenait debout devant moi avait une parfaite tête d’ivrogne, le genre d’individu que je n’aime pas particulièrement fréquenter. — Voilà, fit le commissaire qui venait de s’asseoir à son bureau, Pedro Sánchez qui vit au bord du lac du Guatavita prétend avoir vu un homme en train d’effectuer des fouilles le long des berges. J’aimerais qu’il me dise s’il vous reconnaît ou non comme étant cet homme. Alors, Monsieur Sánchez, est-ce bien ce monsieur que vous avez aperçu au bord du lac ? — Exactement, Monsieur le Commissaire, je le reconnais parfaitement ! — Qu’avez-vous à répondre à cela ? me lança le policier. Non seulement vous avez été pris en possession d’objets d’une grande valeur archéologique, mais on vous a vu effectuer peu avant des fouilles le long du lac qui, vous le savez, est un site protégé. Le mieux pour vous est d’avouer, et vu que vous êtes un touriste, le juge saura se montrer conciliant. À mon avis, après les cinq jours que vous venez de passer en prison, il se contentera de vous infliger une amende ; il ne tient donc qu’à vous de passer aux aveux pour être libre. En clair, cela voulait dire que si je n’avouais pas, on me laisserait croupir un temps indéterminé en prison, des mois, des années peut-être. Une perspective que je ne pouvais en aucun cas envisager. Malgré mon écœurement devant autant de duplicité, je finis donc par reconnaître mes fautes et signai mes aveux. J’imaginais que l’ivrogne recevrait une bouteille pour bons et loyaux services, et que le commissaire se verrait attribuer une belle gratification pour avoir contribué à l’arrestation d’un dangereux trafiquant d’antiquités. Tout se passa bien sûr comme prévu. Le juge me fit un beau discours sur l’honnêteté et la droiture et me condamna à payer, en plus des cinq jours de prison que j’avais déjà effectués, cent mille pesos d’amende. C’était une grosse somme, mais il fallait bien que tout le monde ait sa part du gâteau. Ce fut un ami, un de mes agents à Bogota, qui m’avança l’argent, et heureusement pour moi, car sinon j’aurais été bon pour retourner en prison jusqu’au règlement complet de l’amende.
Lecture gratuite pour les nouveaux utilisateurs
Scanner pour télécharger l’application
Facebookexpand_more
  • author-avatar
    Écrivain
  • chap_listCatalogue
  • likeAJOUTER