IV

145 Mots
IV – Et vous, Féréol, on ne vous a jamais pris pour un autre ? – Si fait. Tantôt pour Émile Zola ; tantôt pour Guy de Maupassant ; tantôt pour Victor Hugo quand il vivait. C’est une raze. Ce fut toujours comme ça dans ma famille. Ainsi moun père… tête antique… profil impérial… menton de César… ceveux à coiffer d’un laurier… tout à fait Napoléon… Mais moins bête. N’est pas mort à Sainte-Hélène. – Et ça ne vous a causé aucun ennui ? – On me prenait quelquefois pour le roi de Rome. Mais ça ne me façait pas. Ze ne suis pas fier. – Et maintenant. – Maintenant. Ze m’en tire touzours avec ma présenze d’espritte. Ainsi l’autre zour, un imbécile m’aborde et me demande : – Seriez-vous, par hasard, M. Cascamille ? – Non ! que ze lui ai répondu. Ze ne suis pas M. Cascamille, et que si ze serais M. Cascamille, ce ne serait pas par hasard. Ma mère était une honnête femme, troun de l’air ! Et ze ziflai l’impertinent. En est-ce une ?
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