19 h 48Leur pavillon était rue du Hohwald, à l’entrée de Schiltigheim, tout près du cimetière Sainte-Hélène. Un quartier toujours calme, que la fin du jour glaçait dans une immobilité de ville morte. Joseph Kuntz monta les quatre marches de ciment, très lentement. Il était fatigué, mais sa fatigue ici était chez elle, elle s’accordait au décor, à cette léthargie ambiante que secouait seule la pétarade capricieuse d’un vélomoteur. Il chercha ses clés, ouvrit la massive porte de fer forgé, pénétra dans le vestibule, referma. Mme Caspar sortit de la cuisine, sa taille forte ceinte d’un tablier de Nylon fleuri. — Bonsoir, monsieur Kuntz. — Bonsoir. Comment ça va là-haut ? — Elle est calme. Je l’ai fait dîner, elle a grignoté un peu de tout. Il s’assit sur un coffre pour ôter ses chaussu


