III Bien que les paroles de Geoffroy, coupées par des réticences évidemment voulues, eussent été, en réalité, assez obscures, elles suffirent à Lotieu pour s’expliquer ce qui, jusqu’à cette soirée, était resté dans un vague mystérieux. Sa jeunesse avait été pénible, sous la direction d’un père dur qui, ne voulant pas que son fils fût artiste, lui imposait d’autres travaux et contrariait sa vocation. Quels travaux ? La question était de peu d’importance, semblait-il. Il avait dû travailler malgré lui et se cacher pour faire de l’émail ; là était le fait qui éclairait sa vie, en montrant les luttes qu’il avait eues à soutenir. Et comme l’imagination l’emportait facilement sur ses ailes, elle avait reconstitué ces luttes : l’enfant obligé de peiner dans des besognes qui le rebutaient et n’a


