Le hasard fait bien les choses... ou pas

1519 Mots
Lucia Monica J. Fabien En quittant l'hôpital ce soir-là, je me sentais vidée, épuisée. Mais, à la seule idée que j'allais retrouver mon fils en rentrant, j'étais soulagée de retourner chez moi. J'avais hâte de retrouver mon fils. Il est celui qui me rappelle que, malgré tout, la vie continue. Et il y a bien longtemps que je me suis raccrochée à cette idée. La route se déroule paisiblement, et je savoure chaque instant de tranquillité. En passant devant une petite boutique, je m'arrête pour acheter du chocolat. Ce geste simple me semble désormais essentiel. Après une journée aussi éprouvante, le chocolat devient un symbole de réconfort et de sérénité. Le chocolat, en plus de son goût délicieux, a des effets positifs sur l'humeur. Il stimule la production de sérotonine et d'endorphines dans le cerveau, ce qui aide à améliorer l'humeur et à réduire le stress. Alors, je me suis laissée tentée. J'arrive chez moi. Dès que je franchis le seuil de notre maison, le rire de mon fils résonna dans le salon. Et mon cœur se gonfla d'une chaleur immédiate. Le voir courir vers moi, ses petites jambes s'agitant avec enthousiasme, balaya toute la lourdeur de ma journée. Je m'accroupis pour l'accueillir dans mes bras, et il s'y blottit sans hésiter. Dans ces moments-là, tout le reste s'efface. C'est juste lui et moi. Agatha me salue avec un sourire chaleureux. Ses yeux bienveillants trahissaient une fatigue douce. Je lui rends son sourire, reconnaissante pour la douceur et l'attention qu'elle offre à mon fils. Nous échangeons quelques mots sur le déroulement de la journée. - Merci pour tout, Agatha. Je ne sais pas ce que je ferais sans vous, lui dis-je sincèrement. - Oh, ce n'est rien, Lucia. Il est adorable. C'est un plaisir de passer du temps avec lui, répond-elle avec une modestie qui me touche. On finit de discuter. Elle se dirige vers la porte, sa silhouette un peu courbée par les années. Je lui fais un dernier signe avant qu'elle ne disparaisse dans la nuit. J'apprécie vraiment son aide. Elle a une manière douce et rassurante de s'occuper de mon fils qui me permets de me détendre un peu plus chaque jour lorsque je quitte cette maison pour mon boulot. Emiliano a vraiment bien fait de l'engager, ainsi que la gouvernante et aussi les aides ménagères. Ils veillent tous à ce que tout fonctionne à la maison. Comme ça, j'ai moins à me soucier des tâches quotidiennes. Je me dirige vers le salon avec mon fils dans les bras. Lorsque j'y arrive, je la pose au sol, m'assois à ses côtés, profitant de ce moment de tranquillité en sa compagnie. Les rires et les jeux nous enveloppent dans une bulle de bonheur simple, et je me laisse aller à apprécier pleinement cette soirée paisible avec mon bébé. Notre demeure est immense. Mais dans ces instants-là, elle ne me paraît plus aussi froide, aussi vide. La chaleur de sa présence illumine chaque pièce. Ces instants me rappelaient pourquoi je continuais à avancer. Assise à côté de mon fils, la tête penchée en arrière, je repense au message de Mathis. Mon esprit vagabonde entre la tranquillité de ce moment et l'agitation que son message a suscité en moi plus tôt dans la journée. Une partie de moi est tiraillée, se demandant si je devrais vraiment lui répondre, tandis qu'une autre partie, plus résolue, me pousse à l'ignorer. Mon fils somnole. Je le soulève pour aller le coucher. Il est si innocent dans son sommeil que je me demande pourquoi je laisserais quelque chose comme ce message gâcher la sérénité de ce soir. Après tout, il n'y a rien de plus précieux que ces instants partagés avec lui, loin des complications et des tensions du monde extérieur. Je prends une profonde inspiration et prends la décision de ne pas céder à la tentation de répondre. Parfois, il vaut mieux laisser certaines choses de côté pour préserver la paix intérieure et la tranquillité qui entourent les moments précieux. Par la suite, lorsque j'en ai discuté avec Emiliano, comme toujours, il avait partagé l'idée. - Ne fais rien tant que tu ne t'en sens pas prête, Lucia, il avait dit. C'était rassurant de savoir qu'il comprenait mes hésitations. Il valait mieux attendre et ne pas se précipiter dans une confrontation qui pourrait rouvrir des blessures encore à peine cicatrisées. Avec Emiliano, il n'y avait pas de pression. Il me laissait respirer, être moi-même. Et c'était tout ce dont j'avais besoin en ce moment. Chaque matin, je retournais à l'hôpital, cherchant à me plonger dans le travail, à maintenir cet équilibre fragile que j'avais tant de mal à préserver. Et chaque soir, en rentrant chez moi, je savais que la véritable paix se trouvait dans les bras de mon fils, dans la tendresse de ces moments simples avec lui, loin des tourments du passé. Ce matin-là, tout semblait normal. Comme d'habitude, je me dirigeais vers l'hôpital, tentant de me préparer mentalement à une nouvelle journée de travail. Pourtant, une fois arrivée à l'entrée, je le vis. Mathis. Il était là, accompagnant sa femme, Maëlle, pour un suivi de grossesse. Je sentis mon estomac se nouer instantanément. Le temps sembla se figer. Ils marchaient droit vers moi, et pendant un instant, j'espérais qu'il ne me verrait pas et qu'il passerait sans me remarquer. Malheureusement, cette espérance fut de courte durée. Mathis tourna la tête et, nos regards se croisent. Je vis ses yeux s'élargir de surprise. Il s'arrêta net, visiblement perturbé. Maëlle, à ses côtés, tourna également la tête vers moi, une expression confuse sur le visage. Un mélange de curiosité et de méfiance dans ses yeux. Je sentis une vague de chaleur envahir mes joues, et je me forçai à sourire, même si cela me semblait presque impossible. - Bonjour ! Dis-je d'une voix que j'espérais calme. Mathis hésita un instant avant de répondre. - Bonjour, Lucia. Je ne m'attendais pas à te croiser ici. Sa voix trahissait une certaine gêne, et je me rendis compte que je ne savais pas quoi dire. Le silence entre nous s'allongea, pesant, jusqu'à ce que Maëlle prenne la parole pour briser la tension. - Tu... tu es là pour une consultation ? Je me tournai vers elle, le sourire aux lèvres. - Non. Je bosse ici. Mathis se racla la gorge, visiblement mal à l'aise. - Nous venons pour le suivi de grossesse de Maëlle. J'espère que tout va bien pour toi. Je hochai la tête, bien que je ne sois pas certaine de ce que je pouvais vraiment dire. - Tout va bien, merci. Juste une journée normale au travail. Le moment sembla suspendu alors que nous cherchions tous une issue à cette rencontre fortuite. Finalement, Mathis et Maëlle prirent congé de moi, leurs pas résonnant dans le hall de l'hôpital. Je restai là un instant, les regardant s'éloigner, tentant de calmer le tumulte dans mon esprit avant de me rendre à mon poste. Je me précipitai à l'entrée pour appeler Emiliano. Ma main tremblait légèrement en composant son numéro, et j'étais en proie à une anxiété croissante. Il me répondit rapidement, et je lui racontai la rencontre inattendue avec Mathis et Maëlle. - Calme toi Lucia. Tu es en sécurité à l'hôpital. Si tu te sens vraiment mal à l'aise, je peux envoyer quelqu'un te chercher à la sortie. - Non, ce ne sera pas nécessaire. Je suis juste... un peu secouée, mais je vais m'en sortir. - D'accord. Mais si jamais tu te sens en danger ou si tu as besoin de quelque chose, fais-le moi savoir immédiatement. Je suis là pour toi. Tu le sais, ça ? - Merci, Emi. Je te tiendrai au courant. Après avoir raccroché, je me concentrerai sur mon travail pour essayer de me distraire. Je réalisais toutes les tâches qui m'était assignées de la journée, essayant de ne pas penser à l'épisode de ce matin. Le travail me permettait de me recentrer, même si une partie de moi était encore tendue. Vers l'après-midi, alors que je pensais que la journée allait enfin se stabiliser, je reçus une convocation dans le bureau du Dr. Bounce. Mon esprit se mit immédiatement à tourner en rond, cherchant une raison professionnelle qui justifierait cet appel soudain. Peut-être une nouvelle mission, un dossier important ? Je me précipitai, sans vraiment me poser plus de questions pensant qu'il s'agissait simplement de remplir de la paperasse ou de discuter des tâches administratives. Mais ce n'était pas le cas. Dès que j'ouvris la porte, je fus frappée de stupeur. Là, assis dans le bureau du Dr Bounce, se trouvait Mathis. Il était bien installé et semblait détendu, presque comme s'il était chez lui. Un mélange de confusion et de malaise me traversa. - Que fout il ici ? Je me demande sans pouvoir je pouvais rester calme face à cette situation inattendue. Mon cœur s'accélère. Comment avais-je pu oublier que ces deux-là étaient amis ? Pendant un instant, je restai figée. La Dr Bounce, quant à lui, souriait tranquillement comme si de rien n'éta it, tandis que Mathis me regardait avec une expression indéchiffrable.
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