La lettre était partie. Elina aussi. Et la maison, vaste et luxueuse, respirait désormais un silence plus lourd que jamais. Gabriel avait parcouru les couloirs, d’un pas lent, comme s’il espérait encore croiser sa silhouette ou entendre la douce intonation de sa voix. Mais rien. Rien d’autre que ce vide oppressant. Il s’était contenté d’un « d’accord » quand elle lui avait annoncé vouloir divorcer. Il n’avait pas levé la voix, n’avait pas essayé de la retenir. Pourtant, à cet instant précis, seul dans leur maison vide, ce « d’accord » l’étouffait comme un poison. Dans le grand salon où trônait un tableau moderne qu’il n’avait jamais aimé, Gabriel s’écroula sur le canapé de cuir, une main sur le front, l’autre tenant encore la lettre d’Elina. Ses yeux, habituellement froids et inexpressif


