Tu ne tueras pas… Sauf pour une juste cause
–Mais, après ça, moi j’ai une question qui me turlupine, intervient Marjorie, avec sa sensibilité toute féminine : je voudrais bien savoir, Sonia : dans la Bible les dix commandements, sont des valeurs morales sacrées. Et le commandement « Tu ne tueras point » est un commandement moral, auquel ni les Juifs ni les Chrétiens ne peuvent déroger sous aucun prétexte… Après tous les versets que vous nous avez lus, je me demande si cette valeur morale biblique « tu ne tueras pas » est vraiment une valeur inviolable dans le Coran.
–Il y a dans le Coran de très belles vertus sacrées répond Sonia, mais pour ce qui est de tuer ça porte à confusion : parce que voyez-vous, dans la Bible le commandement « Tu ne tueras point » est ferme : Tu ne tueras point. C’est bien explicite. On pourrait ajouter : Tu ne tueras point, « point final ». Alors que dans le Coran, il est écrit par exemple :
K.17.35 : « Ne tuez point l’homme car Dieu vous l’a défendu, sauf pour une juste cause… Celui qui serait tué injustement, nous avons donné à son héritier le pouvoir d’exiger une satisfaction ; mais qu’il ne dépasse point les limites en tuant le meurtrier2, car il est déjà assisté par la loi. »
Voir traduction N° 2 en fin de livre.
–Ces simples mots : « Sauf pour une cause juste » pour certains Musulmans, cela peut être une porte ouverte, une incitation commente Sonia avec sagacité. Le djihad par exemple c’est une cause juste, la guerre sainte pour convertir la terre entière à l’Islam, comme le prêche le Coran, dans d’innombrables versets, c’est encore une « cause juste ». Personnellement j’évite d’employer le terme arabe « Djihad » car il ne me paraît pas refléter en français une image réaliste, c’est la raison pour laquelle je lui préfère le terme de « guerre sainte » qui induit immédiatement à l’esprit une image concrète, plus proche de la réalité exprimée et qui illustre bien cette connotation médiévale, rétrograde et qui caractérise aujourd’hui encore cette injonction divine à la barbarie. Tu vois Marjorie, le commandement biblique « tu ne tueras point » est clair et sans ambigüité. Il ne souffre aucune exception et implique le fait qu’en aucun cas tu ne chercheras à tuer, un point c’est tout.
–Je voudrais apporter une petite précision, dit David qui tient à mettre un bémol à cet interdit impératif : dans la Bible il y a un cas où on peut être amené à tuer malgré le commandement de Moïse : « Tu ne tueras pas ». C’est celui ou sa propre vie est menacée d’être anéantie et où donc on est légitimé à se défendre. En fait, pour ne pas être emmené à tuer, on ne doit jamais, non, jamais agresser le premier.
–Tu as raison David concernant ton propos, même le Coran rappelle ce précepte qui a été donné aux Juifs… Tiens ! Voilà, j’ai trouvé, lis nous donc ce verset :
K.5.35 : « C’est pourquoi nous avons donné ce précepte aux enfants d’Israël : Celui qui aura tué un homme sans que celui-ci ait commis un meurtre, ou exercé des brigandages dans le pays, sera regardé comme le meurtrier du genre humain ; et celui qui aura rendu la vie à un homme sera regardé comme s’il avait rendu la vie à tout le genre humain. »
Voir Traduction N° 3 en fin de livre
–Vous avez les livres ici, ajoute Sonia, vous pourrez constater que toutes les traductions sont identiques quant au sens de ce verset.
–Mais je peux vous dire aussi, précise David, que c’est pour ça que les Juifs religieux ne touchent jamais aux armes. En Israël les religieux ne font pas leur service militaire et ça pose même un gros problème entre Juifs religieux et Juifs laïcs : Du reste dans l’éducation, c’est hyper important : jamais les Juifs religieux n’offriront à leurs enfants de jouets belliqueux comme par exemple des pistolets, des épées des chars ou tanks en plastique. Ou même une b***e dessinée sur des cowboys ou sur des aventures de guerre, pour les enfants : « c’est péché », disent-ils, on ne doit pas avoir ça entre les mains !
–C’est bien la preuve, fait remarquer Myriam, que les versets de la Bible qui retracent des passages violents concernent, dans l’esprit du lecteur contemporain religieux ou non, un passé révolu de guerres lointaines qui sont évoquées comme faits historiques et qui n’ont aucun impact sur le comportement du croyant, on ne traine pas la rancœur avec soi pendant des siècles comme c’est malheureusement le cas dans l’Islam.
–Oui, sans un regard critique, le passé est totalement idéalisé, ajoute Sonia, et les évènements décrits sont sacralisés par le fidèle de sorte que pour lui les ordres du passé quels qu’ils soient restent valables aujourd’hui et le seront demain. Les Musulmans étaient en guerre du temps de Médine au viiie siècle, contre les Juifs, les Chrétiens et les incroyants, ils le sont encore au xxie siècle contre ces mêmes ennemis : Juifs, Chrétiens et athées de tout temps et de tout bord. Et voyez-vous, ce qui apporte de l’eau à notre moulin, que l’on soit religieux ou non, c’est que si d’un côté le Coran au verset 35, rappelle qu’il faut respecter le précepte donné aux enfants d’Israël :
K.5.35 : « C’est pourquoi nous avons donné ce précepte aux enfants d’Israël : Celui qui aura tué un homme sans que celui-ci ait commis un meurtre, ou exercé des brigandages dans le pays, sera regardé comme le meurtrier du genre humain ; et celui qui aura rendu la vie à un homme sera regardé comme s’il avait rendu la vie à tout le genre humain. »
H.5.32 : « C’est pourquoi Nous avons prescrit pour les Enfants d’Israël que quiconque tuerait une personne non coupable d’un meurtre ou d’une corruption sur la terre, c’est comme s’il avait tué tous les hommes. Et quiconque lui fait don de la vie, c’est comme s’il faisait don de la vie à tous les hommes. En effet Nos messagers sont venus à eux avec les preuves. Et puis voilà, qu’en dépit de cela, beaucoup d’entre eux se mettent à commettre des excès sur la terre. »
Eh bien, juste avant ce verset 35, il y a quelques versets concernant Moïse puis 5 versets qui rapportent des évènements relatifs aux deux frères : Caïn et Abel. Vient ensuite le verset 35 plein de moralité, mais c’est étrange, juste après on découvre un commandement contraire, une injonction antinomique : Je vous lis les versets précédents, puis le verset biblique anti-crime numéro 35 et les versets qui suivent, écoutez bien et vous conclurez de vous-mêmes :
K.5.23 : « Lorsque Moïse dit aux Israélites : Souvenez-vous des bienfaits que vous avez reçus de Dieu ; il a suscité des prophètes dans votre sein, il vous a donné des rois, et il vous a accordé des faveurs qu’il n’avait jamais accordées à aucune autre nation. »
K.5.24 : « Entre, ô mon peuple, dans la Terre sainte que Dieu t’a destinée ; ne vous tournez pas en arrière, de peur que vous ne marchiez à votre perte. »
–Ah bon ! s’exclame David. Parce que le Coran reconnaît la terre d’Israël pour les Juifs ?
Sereinement, Sonia continue sa lecture :
K.5.25 : « Ce pays, répondirent les Israélites, est habité par des géants. Nous n’y entrerons point tant qu’ils l’occuperont. S’ils en sortent, nous en prendrons possession. »
K.5.26 : « Présentez-vous à la porte de la ville, dirent deux hommes craignant le Seigneur et favorisés de ses grâces : vous ne serez pas plutôt entrés que vous serez vainqueurs. Mettez votre confiance en Dieu si vous êtes fidèles. »
K.5.27 : « Ô Moïse, dit le peuple, nous n’y pénétrerons point tant que le peuple qui l’habite n’en sera pas sorti. Va avec ton Dieu et combattez tout deux. Nous demeurerons ici. »
K.5.28 : « Seigneur, s’écria Moïse, je n’ai de pouvoir que sur moi et sur mon frère ; prononce entre nous et ce peuple d’impies. »
K.5.29 : « Alors le Seigneur dit : Cette terre leur sera interdite pendant quarante ans. Ils erreront dans le désert, et toi, cesse de t’alarmer pour ce peuple d’impies. »
K.5.30 : « Raconte-leur l’histoire véritable de ceux des fils d’Adam qui présentèrent leurs offrandes. L’offrande de l’un fut acceptée, celle de l’autre fut rejetée. Ce dernier dit à son frère : Je vais te tuer. Dieu, répondit l’autre, ne reçoit des offrandes que des hommes qui le craignent. »
K.5.31 : « Quand même tu étendrais ta main sur moi pour me tuer, je n’étendrais pas la mienne pour t’ôter la vie, car je crains Dieu, souverain de l’univers. »
K.5.32 : « J’aime mieux que toi seul en sortes, chargé de mes péchés et des tiens, et que tu sois voué au feu, récompense des pervers. »
K.5.33 : « La passion subjugua l’injuste ; il tua son frère, et fut au nombre des malheureux. »
K.5.34 : « Dieu envoya un corbeau qui grattait la terre pour lui montrer comment il devait cacher le cadavre de son frère. Malheureux que je suis ! s’écria le meurtrier, ne pouvais-je, comme ce corbeau, creuser la terre pour cacher les restes de mon frère ! Et il s’abandonna au repentir. »
Sonia continue sa démonstration :
–Voyez-vous, ici, on arrive au verset 35, plein de moralité.
K.5.35 : « C’est pourquoi nous avons donné ce précepte aux enfants d’Israël : Celui qui aura tué un homme sans que celui-ci ait commis un meurtre, ou exercé des brigandages dans le pays, sera regardé comme le meurtrier du genre humain ; et celui qui aura rendu la vie à un homme sera regardé comme s’il avait rendu la vie à tout le genre humain. »
–Et regardez si vous voulez, examinez les lignes suivantes : elles relatent des faits bibliques, le crime de Caïn sur son frère Abel, ce sont des faits historiques pour les croyants, et pourtant ils seront enseignés au long des siècles, tirés de leur contexte, comme des sermons, des injonctions à l’encontre de ceux qui ne croient ni en Dieu ni en son prophète Mohamed.
K.5.36 : « Nos envoyés ont paru au milieu d’eux accompagnés de signes évidents ; mais, en dépit des signes, la plupart des hommes ont été prévaricateurs. »
K.5.37 : « Voici quelle sera la récompense de ceux qui combattent Dieu et son Apôtre, et qui emploient toutes leurs forces à commettre des désordres sur la terre : vous les mettrez à mort ou vous leur ferez subir le supplice de la croix ; vous leur couperez les mains et les pieds alternés ; ils seront chassés de leur pays. L’ignominie les couvrira dans ce monde, et un châtiment cruel dans l’autre »
K.5.38 : « Sauf ceux qui se seront repentis avant que vous les ayez vaincus ; car sachez que Dieu est indulgent et miséricordieux. »
Voir Traduction N° 4 en fin de livre.
–Vous savez, poursuit Sonia, de très nombreux versets coraniques recommandent de tuer son ennemi non croyant, non m******n ou de le convertir pour instaurer l’Islam sur la terre entière.
Youssouf qui était très concentré intervient spontanément :
–Et… Vous avez des versets à nous citer là-dessus Madame ? Excusez-moi de vous demander toujours de nous lire vos versets, ce n’est pas que je ne vous crois pas, mais provenant de textes saints qui consacrent un livre de paix, ça a l’air tellement inconcevable !
–Une minute je recherche ! Voilà, lis-toi même Youssouf.
K.8.15 : Ô croyants ! Lorsque vous rencontrez l’armée ennemie marchant en ordre, ne prenez pas la fuite.
K.8.16 : « Quiconque tournera le dos au jour du combat, à moins que ce ne soit pour revenir à la charge, ou pour se rallier, sera chargé de la colère de Dieu. Sa demeure sera l’enfer ; quel affreux séjour ! »