IIICe n’est jamais impunément qu’on violente ses sentiments les plus chers. Lorsqu’enfin la marquise de Boiscoran put se réfugier dans la voiture envoyée à sa rencontre, elle était bien près de défaillir, brisée par l’effort inouï qu’elle avait fait pour montrer aux impitoyables curieux de Sauveterre une contenance assurée et un visage riant. – Quelle horrible comédie ! murmura-t-elle en se laissant tomber sur les coussins. – Reconnaissez, du moins, madame, qu’elle était nécessaire, prononça maître Folgat. Vous venez de conquérir cent personnes peut-être à votre fils. Elle ne répondit pas. Les larmes l’étouffaient. Que n’eût-elle pas donné pour se trouver seule, chez elle, pour s’abandonner librement à toutes les lâchetés de sa douleur et de ses angoisses maternelles ! Jamais trajet ne


