Situation désespérée, solution désespérée

2108 Mots
***HAWA DIOULDÉ BÂ Quel mot choisir pour qualifier ce que je ressens à cet instant T ? La peur ? Je dirai oui mais pas n'importe quelle. Une peur bleue s'est emparé de tout mon être surtout de mon cœur quand je me suis retournée et que mes yeux ont rencontrés ceux d'Abdoul Khadr, qui étaient noirs. Comment a-t-il fait pour savoir que j'étais ici ? Soit c'est parce qu'il m'a suivi, soit c'est Béssé qui le lui a dit. Et je doute fort de la deuxième hypothèse puisqu'ils ne se connaissent pas. En ce moment, je suis toute en sueur et mon rythme cardiaque est anormal. Il n'essaie même pas de comprendre. Il m'a simplement empoigné avec virulence le poignet et me traîne dehors. -Abdoul s'il te plaît tu me fais mal, sortis-je terrifiée par son attitude. Au lieu de me répondre, il ouvre la portière de sa voiture et avec une voix méconnaissable, me demande de monter. Sans broncher, j'exécute. [....] On venait d'arriver dans sa maison. Une fois à l'intérieur, il n'a même pas perdu son temps, il m'a poussé brutalement sur le sofa. -Qu'est-ce que je dois te faire ? Me demanda-t-il posément mais je voyais bien qu'il essayait de contenir sa colère. -Ab....Abdoul laisses moi t'expliquer.... -FERME TA GUEULE J'AI DIT !!! TU N'AS RIEN À M'EXPLIQUER. TU VOULAIS TUER MA MÉRE, C'EST ÇA ?!? MAINTENANT TU VEUX T'EN PRENDRE À MA REINE. Tonna-t-il. Non mais je devrai la tuer ou bien la brûler ? Non je vais la tuer ensuite la décapiter pour le donner aux rats. Oui c'est mieux ainsi. Il se parlait tout seul en tournant sur lui-même. C'est comme si il était fou ou possédé. Il peinait même à respirer correctement. Sa pomme d'Adam montait et descendait comme pas possible. Ma peur s'intensifie de plus en plus. -Je n'ai jamais su que tu pouvais être aussi machiavélique au point de t'en prendre à t'en propre tante. Ma mére se tue corps et âme pour que tu sois sa belle-fille, elle est même prête à gâcher ma vie pour toi. Et qu'est-ce qu'elle y gagne en retour ? Un couteau derrière le dos. Iow tay bouma féké woul wone li kouma ko wakh douma ko gueume. Bo diougué di diay baxx baxlou wala ak di wérékhlé nakaté meune ngua khar aduna bi niarr. Diaro dara wayé li lépp sama yaye dinako yeug. (Si je n'avais pas été témoin de ceci, jamais je l'aurai cru. Depuis le début, tu n'arrêtes pas de faire la parfaite, l'innocente, la sainte nitouche alors que tu peux diviser le monde en deux sans pour autant être soupçonner. Façon tu ne vaut rien et je vais de ce pas informer ma mére). Dit-il en se levant du fauteuil. Prise de panique, je me lève en même temps que lui pour pouvoir l'en empêcher mais rien. J'étais désemparée. À grandes enjambés, il se dirigea vers la porte d'entrée. -Abdoul attends ! Dis-je en attrapant sa jambe. Pour l'amour de Dieu, fais pas ça. -Ôtes toi de mon chemin avant que je te blesse. Pour ne pas perdre de temps, une seule idée m'est venue à l'esprit. Je m'empare de ses lèvres et l'embrasse. Mais il ne répondait pas et voulait se retirer. Je force le passage en enlaçant ma main derrière son cou pour que ma langue puisse avoir accès à l'intérieur de sa bouche et j'ai réussis. Au début, le b****r fut doux et nos langues avaient du mal à se sceller correctement. Puis il s'intensifie.....Le désir prît le contrôle de nos corps. Ça devenait de plus en plus braiseux et fiévreux. Sa bouche qui est en contact avec le lien réveilla ma fougue et une chaleur emplit mon corps. Une chaleur qui continua son chemin vers mon intimité. C'est ainsi que je pose mes mains sur son torse et le pousse en arrière jusqu'à ce qu'il tombe sur le sofa. Je me couche à califourchon sur lui et retire son tee-shirt. Tantôt, je mordille le lobe de son oreille droite, tantôt je suçote chaque parcelle de sa poitrine en bougeant sur son teub. -Ar...arrêt.....sssst....Arrête.... Parvient-il à dire entre deux gémissements. -Shut ! Ne dis rien et profite. En même temps que, je descends ma main plus bas et la rentre dans son pantalon. Quant à lui, il pressa mes fesses et remonta ses mains dans mon dos essayant d'ouvrir la fermeture éclair de ma combinaison. Après, il me porte dans ses bras musclés et m'amène dans sa chambre. *Quelques jours plus tard* ***BÉSSÉ GALLAY SOW J'étais couchée sur mon lit avec ma sœur, Dembo qui me montrait des modèles de coutures les unes plus belles que les autres, quand ma mére surgit. Ces temps ci, elle ne fait que ça et toujours ça n'augure rien de bon. -Béssé viens répondre à ton père !? Me dit-elle. Aussitôt dit, elle ressort de la chambre. Je fronce un sourcil surprise et regarde ma sœur comme pour lui demander le motif. -Je ne sais pas déh. Se défendit-elle en levant les mains. Je décide d'aller répondre. Il était assis sur son tabouret en bois, un mortier entre ses cuisses. -Papa....Sow Sow, dis-je en faisant une génuflexion. Tu m'as appelé ? Lui demande-je. -Oui Béssé. Assieds toi. M'exorta-t-il. Je pris place à côté de lui en triturant les doigts, anxieuse. -Bon je vais pas passer par mille chemins. Tu sais moi je ne suis pas constamment dans la maison. Je passe la plupart de mes journées à l'atelier, mais néanmoins tout ce qui s'y passe ta mére me le dit. Et ce qu'elle m'a dit est loin d'être réjouissant. Me dit-il. -Papa écoute........ -Rassure toi, je n'ai aucun problème avec la relation que tu entretiens avec cet homme surtout avec ces affaires de première ou seconde épouse. Moi tout ce qui m'importe c'est votre bonheur à ta sœur et toi, et s'il était venu aujourd'hui même pour demander ta main j'allais lui donner. Kilifeu la té beugouma ay foo. Mais ta mére m'a dit que sa famille particulièrement sa mére ne t'aime pas et ne veut en aucun cas que tu devienne sa belle-fille. Est-ce vrai ? Ah maman !!! Comme elle peut être des fois agaçante avec ses propos. Je peux même jurer qu'elle ne s'est pas limitée seulement à ça mais bon connaissant bien mon père, il me le dira jamais. -Je ne dirai pas qu'elle m'aime pas mais plutôt qu'elle est un peu protectrice envers son fils. Elle a peur de le perdre tout court. Répondis-je. -Hum....en tout cas fais gaffe. N'oublie jamais de quelle famille tu fais partie. Boul topou sa nafsou bakane ak alalou aduna ba déf lo waroul wone déf nakh goor. Ak lépp lou meunti xéw nak dama beug ngua nék dôôm bi, magg bi ak djiguéne bi ame foula bi nieupe xam. Ya ngui mayy dégu ? (Ne te laisse pas aller par les désirs de la vie ou la richesse jusqu'à en perdre ta dignité, tes principes et tes valeurs morales qu'on t'as inculqués pour aucun homme. Quoiqu'il puisse se passer, sois toujours la fille, l'aînée et la femme digne que tout le monde connaît. Tu m'as entendu ?) -Oui papa. -D'accord. C'est tout ce que je voulais te dire tu peux y aller. Conclut-il. Je regagne ma chambre avec une gaieté hors du commun. Parmi tous, je viens d'avoir le soutien de mon père, et ça c'est vraiment énorme. Et c'est toujours comme ça avec lui; malgré son âge avancé il est un homme qui travaille dur pour mettre ses enfants dans de très bonnes conditions. Je peux dire que c'est le genre d'homme qui ne veut pas qu'on tendent les mains aux autres. Il prime l'estime de soi. D'ailleurs c'est pour ça qu'il est devenu un sculpteur de bois très renommé dans son métier. Il confectionne les ardoises pour les écoles coraniques, des ustensiles de cuisine comme le mortier et le pilon mais également des objets d'arts qu'il expose parfois dans des foires. Mais malheureusement, il ne passe pas la plupart de son temps ici mais plutôt à Saint-Louis plus précisément au Nord, où il tenait son propre atelier. La raison principale en est que, là il peut parvenir facilement à faire la promotion de ses œuvres puisque ces genres de choses marchent à merveille là-bas du fait que la moitié des touristes blancs y séjournent. En dépit de cela, retenez que ma relation avec Abdoul Khadr n'était plus au top. Depuis la dernière fois, où il a osé levé la main sur moi, il ne m'a ni envoyer de messages ni appeler pour s'excuser. Moi également je ne suis pas retournée au boulot. Comme je disais, il est complètement obnubilé par Hawa mais je ne vais rien dire sur ça. Cette g***e ne perd rien pour attendre. Je vais attaquer le moment où elle s'y attend le moins. ***KADER WADE Je gare ma voiture avant de descendre avec le panier de marché, que ma mére m'a remis. Oui vous avez bien entendu ! Aujourd'hui, tôt le matin, il m'a appelé chez elle pour je ne savais quelle raison. Et une fois arrivée là-bas, elle m'a donné de l'argent et ce panier pour que j'aille lui faire les courses, et ça malgré qu'il y'avait la bonne sur place. J'étais très exaspéré mais néanmoins content car c'est pas tous les jours qu'on fait ces genres de choses pour sa reine. Bref.... Je ne savais même pas où me diriger ni par quoi commencer. De plus, je ne supportais pas cette chaleur qui tapait fortement. Nakatei li la djiguéne yi di dadie ?(Alors c'est ce calvaire que vivent les femmes ?) En tout, elles sont les meilleures. Je repère une vendeuse de poissons entrain de s'eventailler. -Salam'Waleykum. Salue-je. -Waleykum'Salam. Que voulez-vous ? Demanda-t-elle du tac au tac. Je tapote mon short et sort une feuille pliée dans ma poche où elle avait écrit tous les ingrédients et autres. -Ame ngua déém, dang dang, thiof, diay, yaboy meureug ak yaboy tass(Avez-vous du déem, dang dang, thiof, diay, yaboy meureug et yaboy tass ?) PS: Je ne sais pas leur noms mais ce sont des poissons. -Waw waw. Nio ngui ni(Oui oui. Les voici). Dit-elle en m'indiquant lesdits poissons. Je ne voulais même pas les toucher tellement ça me dégoûtait et les mouches qui se posaient sur mon bras faisant que je le gratte me donnait des nausées. -C'est combien ? Demande-je en voulant coûte que coûte sortir de ce lieu. -Quinze milles. Fit-elle. -Pardon ? Tout ça ? -Oui jeune homme. Les bateaux ne vont plus en mer et pour pouvoir trouver une caisse de poissons on est obligé de sortir beaucoup d'argent. -Ok ok. Le temps que je sors mon porte-monnaie, une jeune fille voilée au teint noir arrive. -Eh Bousso ba diayo sama djeune yi rék ?(Bousso j'ose espérer que tu n'as pas vendue mes poissons commandés ?). Sortit-elle sans saluer ni rien. -Non Dembo je ne ferai jamais ça. Où était tu saxx ? -J'avais une course à faire avant. Bon donne moi vite pour que j'y aille avant que mon père fasse une de ses crises. Il n'aime pas qu'on retarde son thiébou Djeune. -Tenez Madame, dis-je en lui tendant trois billets de cinq mille francs. -Dieureudieuf (Merci beaucoup) Elle voulait les mettre dans le panier mais je l'ai stoppé. -Miss, tu peux me les mettre pour moi s'il te plaît. Dis-je à l'encontre de la fille. -Qui moi ? Questionna-t-elle le visage sérieux. -Oui oui. Allez sois pas timide. Renchéris-je en affichant mon sourire Colgate pour le séduire. Elle lance un regard à la vendeuse et ensemble, elles se mirent à rire. Oh mon Dieu son sourire peut faire tomber plus d'un en plus elle a un magnifique diastème; ce que j'aime le plus chez une femme. Aujourd'hui mom c'est mon jour de chance ! -Mais toi est-ce que ça va dans ta tête ? On s'est jamais vu pire même on ne se connait pas et tu te permets d'avoir l'audace pour que je mets TES achats dans ton panier. Et pour quelle raison au juste ? Questionna-t-elle le visage sérieux. -Parce-que tout simplement, le prince te le demande. -Oh quel cynisme ! Bon il vaudrait mieux que je rentre car ma bouche a l'habitude de sortir des choses pas tellement jolies et j'aimerais pas blessé le prince aux mâchoires creux et aux jambes longues comme un filet de pêche. Oups c'est sorti ! Ciao. Un dernier regard, et elle s'en va. Je reste coi et sans le vouloir, j'arbore un sourire au coin du lèvres. On se reverra Miss, dis-je dans mon for intérieur.
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