***VOIX EXTERNE
Mamy Dieng était assise devant sa coiffeuse entrain de se maquiller pour aller à un mariage d'une de ses proches. Son mari qui dirigeait dehors la prière de Dohr avec les habitants de la maison, entre dans la chambre et la voit.
-Mamy je peux savoir pourquoi tu n'es pas venu prier ? S'enquit-il en égrenant frénétiquement son chapelet entre ses doigts.
-Sama khéf yi ak wé yi diouli woul tamit(Je ne peux pas le faire avec mes cils et mes ongles là aussi). Répondit-elle en mettant un coup de crayon sur ses sourcils.
-Nguani ma lane ? Iow koula bayi fékk fi nguay maquillé di rosa wou loumou la wara waxx rék ? Magg mou tolou ni iow dém ba ménopause heure bi warone la fék ngua togu yoré sa khrouss di wakh say astarfoulilah ak al-hamdoulilah wanté nguamay waxx ay waxou naxasa xana ni !
(Pardon ? C'est quoi ces absurdités ? Si quelqu'un venait à te voir entrain de te maquiller qu'est-ce qu'il aurait pensé de toi ? Étant une personne atteignant la ménopause, en ce moment tu devais être à prier et faire des Dhikrs en proliférant des Astarfoulilah et des Al-hamdoulilah mais que dalle ! Tu me raconte juste que des foutaises !). Dit-il écœuré.
-Pas besoin d'en faire tout un plat Aladji. Ce n'est qu'un jour et je vais la rattraper quand je reviendrai insha'Allah.
-Fais comme tu veux mais je te rappelle que la mort ne prévient pas. Elle vient quand tu t'y attends le moins de plus Dieu te regardes et ce que tu fais là c'est Béssé ou Dembo qui devaient le faire mais pas toi. Quant à moi mom, doumala door, doumala sagua doumala déf dara loudoul khippi sama geutt yi dila khol (je ne vais n'y te frapper, ni t'insulter ni rien de rien à part te regarder faire). Changes Mamy et arrêtes tes habitudes qui ne sont que anodines. Lui conseilla-t-il.
Après ça, il sort et va dans la mosquée la laissant dans son délire.
***BÉSSÉ GALLAY SOW
-Non ceux-là sont beaucoup plus beaux pour toi ! Dis-je.
-Pour moi, ces deux là sont mieux. De plus ça va avec mon teint tu vois pas ? Renchérit Hawa en mettant le tissu sur son épaule comme pour comparer.
Je soupire tellement lasse avant de m'affaler sur le canapé d'à côté. Elle me regarde surprise, ne comprenant sûrement pas ma réaction.
-Si c'est pour contredire tous mes choix que tu m'as amenée ici, je te laisse faire ce que tu désires.
-D'accord viens alors. Je te laisse choisir pour moi.
-Non c'est bon. Je vais pas bouger d'ici.
Elle me tire le bras pour que je me lève.
-S'il te plaît toi aussi.
-C'est bon. Mais tu vas arrêter de me contredire car depuis tout à l'heure j'ai les jambes ankylosées à force de faire des vas et viens. Je sais ce qui est jolie pour toi.
-D'accord maman.
On reprend notre activité. Hawa m'a appelé pour me demander de l'accompagner chez Balamagnsé Sagnsé pour acheter les tissus de son mariage.
Malgré le fait que je sache qu'elle va être avec mon homme, ça me m'empêche pas de toujours lui venir en aide. Façon c'est mon amie non ?
C'est la sonnerie de son téléphone qui vient mettre pause à notre discussion.
-Allô cocotte, dit-elle en souriant.
Cocotte ? Alors comme ça elle a une autre amie ? Lol mais qu'est-ce que je dis. J'oublie dès fois que c'est quelqu'un qui aime se taper des connaissances et ça depuis notre tendre enfance.
-QUOI ?!? S'écria-t-elle avec sa voix piteuse me faisant sursauter.
-......
-Non mais pourquoi tu ne m'as rien dit ? Questionna-t-elle.
-.....
Je m'éloigne un peu et va dans l'autre rayons. J'ai choisis deux tissus raffinés et un autre avant qu'elle ne me rejoigne.
-Béssé, tu veux bien m'accompagner à l'aéroport s'il te plaît ?
-Pourquoi faire ?
-J'ai une amie qui vient d'arriver. Laisse tout ça on va revenir prochainement.
-Non...prenons les tissus qu'on avait choisis d'abord.
-Ok ok.
Elle se dirige vers le comptoir et sors du cash pour payer. Elle était trop excitée à mon goût.
[.....]
Le chemin a été un peu long mais on a pas traîné puisque Hawa n'a fait que pressé le taximan. Elle avait de la chance que ça été un vieux monsieur. Tellement impolie cette fille !
Elle appelle de nouveau son amie et la mis sur haut parleur.
-T'es où ?!? Demanda-t-elle en regardant de gauche à droite.
-Tout droit devant toi. Entendis-je une voix féminine.
Je lève la tête pour remarquer une fille au teint hyper clair debout sur ses talons, avec un sourire béat scotché sur ses lèvres. Elle portait un Jean bleu foncé déchiré comme pas possible et une chemise blanche courte manche montrant le piercing sur son ventre. Wow....comment est-ce qu'une fille peut s'habiller de cette manière ?
De plus tous les regards surtout ceux des hommes étaient braqués sur elle ou plutôt sur ses formes généreuses. Sans être rabat-joie, je peux dire qu'à plusieurs kilomètres, on pouvait bien savoir que c'est une chaudasse.
J'étais imprégnée dans mes pensées que je n'ai pas pu voir quelqu'un me cogner. C'est quand j'ai senti une liquide chaude se versait sur mon bras gauche que je suis revenue sur terre.
-Ayyyyy sama ndeye !!! Sortis-je en fermant les yeux.
-Oh my God excusez-moi bella. Fit quelqu'un avec une voix suave et douce.
Quand mes paupières se sont ouvertes, j'ai failli courir. Mes orbites ont failli sortir de leur trous tellement que j'étais choquée. Je voyais devant moi un homme maquillé, avec des ongles bien faits et un piercing sur son nez. Pourtant j'ai bien cru entendu la voix d'une femme ou bien....c'est.....
Non ! Dîtes moi que je n'ai pas un gay sous mes yeux !
-Tu me pardonnes ok ? Je suis trop gauche alalala. Fit-il en réajustant son sac.
-A'oudhou Billahi Mina Sheytani Rajim(Je cherche protection d'Allah contre Satan le lapidé). Mais c'est quoi toute cette foutaise bon sang ?
-Ah qu'est-ce qu'il y'a ? Pourquoi voulez-vous dramatiser pour un rien ? Ah eupance nak.
J'ai commencé à m'enerver.
-IOW DA NGUAMA YAPP WALA ? NGUA KEUPEU MA SA CAFÉ BI BA PARÉ DIMA DIAY RÉW ! GOORDJIGUÉNE BOU BONE BI !
(TOI TU TE FICHES DE MOI OU BIEN ? TU ME RENVERSES TON CAFÉ ET MAINTENANT TU VEUX FAIRE LA GRANDE GUEULE AVEC MOI ! ESPÈCE DE GAY !), dis-je les nerfs tendues.
Il pose les deux tasses sur le sol avant de se relever.
-Laylaha îla lahi !!! Eh xolal ioe boulma todial déh ! Dou mane mala togn té balounala lo beugati ? Fi dei guissouma loufi niorr banioukoy mathie.
(Écoutes moi bien toi ne m'emmerde pas ! N'est-ce pas c'est moi qui t'a causé du tord ? Je te demande de m'excuser. Je ne vois pas pourquoi tu veux en faire tout un spectacle !) Répliqua-t-il en tapant les mains.
-Tu....
-Qu'est-ce qui se passe ici ? Intervient Hawa. Ouzin ?
Je fronce un sourcil et fais volte face vers elle.
-Ah voici ma chérie.
Il plaque deux bisous assez féminines sur ses joues.
-Tu...tu le connais ? Bégaie-je ébahie.
-C'est mon ami. Répondit-elle avant de se tourner vers lui. Pourquoi toi aussi tu ne m'as pas dit que tu venais ?
-Surprise baby tu connais ? Mais s'il te plaît, allons y avant que le soleil rend fade mon maquillage.
Je tire la main de Hawa pour parler avec elle, seule.
-Je peux savoir exactement combien d'amis t'as ?
-Pourquoi cette question ?
-Réponds moi rék.
-Bah à part vous trois.....
-Vous trois ? Donc tu considères ce gay comme ton ami ? Mais Hawa ça va dans ta tête ? Tu sais pas que l'islam a banni les gays et toi tu me parles de "C'est mon ami" ? L'imitais-je.
-Sheuut Béssé écoute je peux bien avoir un ami gay mais que je ne le sois pas. Arrêtez de toujours les stigmatiser. Lane mo nék si niom ? Xana douniou ay niit ni mane ak ioe rék ?(Qu'est-ce qu'ils ont ? Ou bien ils ne sont pas des personnes comme nous ?)
-Weuh ioe mi wérr ngua ? Lolou moy sa tontou ? Baxna ! Guiss ngua mane douma andak ay goordjiguéne noumay waleu ay sobé.
(Ça va pas ou quoi ? C'est ça ta réponse ? Ok. Tu sais quoi moi je ne vais pas être en compagnie d'un gay. Ciao).
Je lui tourne le dos et hèle un taxi. Elle devient timbrée de plus en plus. Nom de Dieu c'est du jamais vu ça !
***HAWA DIOULDÉ BÂ
Je la regarde partir l'air très fâchée. Mais pourquoi est-ce qu'elle se comporte de cette manière ? Je n'ai rien dit de méchant à ce que je sache. Ah les sénégalais ils aiment trop se mêler de la vie des autres.
Au lieu de régler leurs propres situations, ils se mettent à fouiner leur nez là où ils n'ont rien à faire. Tchiiip c'est trop way !
-Allons y les gars ! Leur dis-je.
J'arrête un taxi auto et on s'y engouffre.
-Qui est cette meuf ? S'enquit Catalina.
-Ma meilleure amie.
-En tout cas elle a intérêt à rester loin de moi meilleure amie ou pas je la bute. Nothing scares you yourself you know that(Rien ne m'effraie toi-même tu sais ça), dit Ouzin.
-You just arrived and you already want to fight. It's serious that (Tu viens d'arriver et tu veux déjà te battre. C'est grave ça), me moque-je en riant.
-I don't care. She's not looking for me a point that's all (J'en ai rien à cure. Qu'elle me cherche pas un point c'est tout). Bouma diégué dinako matt, dinako gaadji té dinako heuuu baxna nak.
On éclate de rire.
-Okay okay. Mais vous allez devoir loger dans un hôtel parce-que moi je dois aller habiter chez ma tante. Je lui avais dit et elle n'arrête pas de me le rappeler.
-Y'a pas de soucis on te comprends. After all, miss is going to get stuck (Après tout madame va se caser)
-Wawaw. Damay seuyi seuy bi(Je vais aller m'occuper de mon ménage).
On continue à discuter jusqu'à ce que la voiture s'arrête devant l'hôtel Terrou Bi. Je les aide à mettre leurs bagages en places avant de rentrer me changer. Ma tante m'a convoqué chez elle pour je ne sais quoi.
Lakalé na trop ba mélni bakata( Elle est trop encombrante comme une mucosité rék ishh).
*17h à Guédiawaye*
***MÉRE NDOUMBÉ BÂ
Aujourd'hui ma sœur est revenue de l'extérieur pour le mariage de sa fille, qui est d'ailleurs dans une semaine. Il était temps puisque je voulais lui donné la dot qu'Abdoul Khadr m'a remis il y'a trois jours de cela.
Une somme assez colossale qui m'a laissé stupéfaite mais contente au point que j'en ai verser quelques larmes.
Il m'a même remercier de lui avoir choisi Hawa comme femme. Je ne comprenais même pas son changement subito ce jour-là.
__Flashback__
J'étais au téléphone avec Sarata quand j'entends quelqu'un crier mon nom dehors. C'était mon fils.
-Yaye ! (Maman !), dit-il une troisième fois.
-Je te rappelle plus tard.
Je raccroche coïncidant avec l'entrée soudaine d'Abdoul dans ma chambre.
-Iow Abdoul ni nguay dougué si négou magg ? Té lane la saxx ? Lo nieuwatt pour waxma ?
(Mais Abdoul c'est de cette manière que tu entres dans la chambre de ta mére ? Et puis qu'est-ce qu'il y'a ? T'es venu me dire quoi encore ?), l'attaque-je.
Il vient me prendre la main avant de s'agenouiller sur mes pieds.
-Maman pardonne moi. Pardonne moi pour mes actes de ces derniers jours où je te parlais comme je veux; où je faisais ce qui me passait par la tête. Je viens de comprendre que tout ce que tu fais du matin au soir c'est pour mon bonheur et je t'en remercie vraiment.
J'étais déboussolée face à cette attitude fortuite. Il se comportait comme s'il était fou.
Je me pose sur mon lit en l'entrainant avec moi.
-Si tu agis comme ça rék, c'est que tu as forcément commis une faute. Qu'est-ce que t'as fait pour que tu vienne me dire tout ces choses ?
Il me regarde avec les yeux grands ouverts confirmant ainsi mes doutes. Depuis son enfance, s'il fait une bêtise, c'est de cette façon que je réussis à le connaître tellement il n'arrive pas à cacher ses sentiments.
-Je n'ai rien fait Maman. Je suis juste reconnaissant du fait que tu aies choisi Hawa pour moi. Je suis sûr qu'elle sera une bonne épouse pour moi. Et voici sa dot.
Elle me tend un chèque blanc. Dès que j'ai lu le montant, mon sourire s'élargit jusqu'au Madagascar. Mon cœur se frigorifie et mes yeux s'humidifiérent.
-Xamone nani doma ték gathié sama kanamou nawlé yi ak waxx katt yi yiye xarr sama défaite Aïdara Karara masha'Allah sa baye nila néké wone ak mane ba kheuy dém alakhira. Meussoul wone beug sama gathié iowiit waxi nopite. Dieureudieuf sama dôôm.
(Je savais bien que tu ne causerais pas une ignominie au sein de mes semblables surtout les commères qui n'attendent que ma défaite Aïdara Karara. Ton père, avant sa mort, il a toujours voulu mon bonheur et primé mes besoins et aujourd'hui tu prends le relève. Merci beaucoup mon fils adoré).
-Je n'ai que toi alors ce de mon devoir tout cela. Je vais rentrer maintenant.
-Wa d'accord. Namala Yalla aral té samal mala(Que Dieu veille sur toi !)
-Allahuma Amine( Ainsi-soit-il).
Il me fait un bisou sur le front avant de s'en aller. Quand j'ai réalisé ce que j'ai entre les mains, une joie incommensurable m'anima. Je viens de comprendre une chose: c'est qu'avoir un fils c'est facile mais en avoir un comme mon Abdoul Khadr il faudrait faire beaucoup. Je l'aime trop mais néanmoins l'argent reste toujours ma priorité.
__Fin du flashback__
Malgré ses incessants "J'aime Béssé" ou " Je suis contre le mariage consanguin", je savais qu'il finirait par tomber sous le charme de ma nièce. Xalei bi mo néxoul ta bagn !(Elle n'est pas détestable !)
Je venais de terminer mon sagnsé quand la voix de notre griotte de famille s'éleva. Je l'ai appelé pour qu'elle vienne me tenir compagnie et en même temps faire nos louanges.
-As'Salmou'Aleykum Ndoumbé Bâ Diallo Demba Khouré Dia sama gnégno balamagnsé bou niawoul gogou guéneul yéksina. Fa tourbafakallaw mashallaw lou youngou lounék rék louko yeungeul lako eupeu doolé. Iow ngua xamni bolé wo dara ki waxx nék diégou poussou bi di niaw diguanté yi mashallaw mashallaw yako dara té nak kouka déf kouka waxx la beug.
(As'Salamou Aleykum la famille ! Ndoumbé Bâ Diallo Demba Khouré Dia mon gnégno balamagnsé je suis arrivée. Si quelque chose arrive y'a forcément une raison; ce n'est pas par pur hasard. Tu fais les choses en douces sans pour autant te faire remarquer, tu es l'aiguille qui tisse les liens et fait en sorte de les raffermir pour ne pas qu'ils se brisent. Tu es sans faille tout court !)Clama-t-elle.
Des sons de tam-tams et les battements des mains vinrent accompagnés ses paroles. Une ambiance conviviale régnait dans la cour de la maison. Je prends ma pochette et sors.
J'avais vêtu un grand boubou Thioub de couleur bleu d'émail ayant un peu de rouge. Le tout avec mes bijoux en or et mon moussor de grande dame, que je suis.
Quant à Coumba Bâ, ma sœur, elle était elle aussi dans un grand boubou rose fuchsia.
-Eh mani mbassa mbassa guintadj !! Wawaw ay diégu daniou koye nirou. Gni douniou ay diédiégu, ay diégu piir laniou. Déréttou noble moy daw si sén yaram mashallaw.
(Un peu de silence s'il vous plaît ! Regardez-moi ces grandes dames. Elles ne sont pas des fausses dames mais de vraies. C'est du sang noble qui coule dans leur veine)
-Tamouy deug, fit une drianké.
-Bou baxé rék niou dém nak(Si c'est bon, commençons les choses sérieuses).
C'est ainsi que nous leur faisons entrés dans le salon principal. Au même moment, Hawa arriva en portant une robe brodée patché avec des couleurs très fashion. Elle ne savait pas pourquoi la présence d'autant de monde mais en voyant sa mére et sa tante dans leurs tenues traditionnelles, elle se remercie intérieurement de porter cela.
-Vous vous, reprît Mére Ndoumbé, demandez bien pourquoi les oncles de mon fils ne sont pas présents pour apporter la dot eux-mêmes comme la coutume le demande. Mais laissez-moi vous dire que les choses ont été d'une telle rapidité qu'on a pas pu leur prévenir. De plus Mauritanie et Dakar c'est un peu distant. Le chemin aurait été long et quand on fait quelque chose de bien, il faut pas attendre. De ce fait, c'est nous qui prenons la responsabilité. Façon c'est la même chose. Nakh soti sék défsi rék la.
-Bilae Wallah (C'est vrai !), renchérit la griotte.
-Voilà.
Je prends ma pochette et en extirpe une enveloppe jaune. Je fais signe à Fatou Mbaye d'approcher avant de chuchoter quelques mots à son l'oreille.
-Hééééé waay samba mani kou meunoul bawo lou yakoy iow la. Suniu dôôm bi di Abdoul si mbaxam, si tabéém, si yeuwénaw, si beug mbokam mo diokh diourom niary milliongn Hawa lépp na nguir warou gare bi. Wa mani li neixoul !
(Waouh c'est chaud ! Notre fils Abdoul Khadr de par sa gentillesse, sa grandeur hors norme, sa serviabilité envers sa famille, l'homme au grand cœur a doté Hawa de sept millions de francs CFA. C'est gigantesque ça !)
Les cris de stupéfaction du genre Hiiiiii ou Oww et les applaudissements fusèrent de partout. Les tam-tams ne restèrent pas en reste.
Hawa et sa mére qui n'étaient pas au courant de cela, souriaient très contentes et touchées par son geste si noble. Toute la foule était excitée à part les rageuses qui étaient venus prendre des informations pour ensuite aller faire le tour du quartier et les filles du quartier en âge de se marier.
De nouveau, Fatou se penche quelques secondes sous la demande de Mére Ndoumbé avant de se relever.
-Damani kouka meune ak koukay dieume douniou béne wayyy. Mane dal Mbaye meussouma guiss louni mél. Miim rew dal kouy xéwati wala mouy beug xéw, bou amoul sa autorisation ko déf. Guinaw bimou dioxé warou garr bi ba paré, Abdoul mo dieul thiabi woto bi diag léle ko batay Hawa.
(On ne rivalise pas avec toi. Moi Mbaye, je n'ai jamais vu une telle chose. Je déclare à partir d'aujourd'hui que si d'autres veulent se marier ou établissent leurs projets de mariage tant qu'ils n'ont pas ton autorisation, je te jure qu'ils ne vont pas le faire. Après avoir remis cette grosse somme, Abdoul redonne cette clé de voiture à sa bien-aimée Hawa).
Une autre femme drianké se leva brusquement en chantant:
-Héééééé da nguéne di nélaw yéwou léne bok, Ndoumbé Bâ lakk na deuk bi wa xana néxx !
(Si vous dormez réveillez-vous, Ndoumbé Bâ a mis le feu dans le pays et c'est bon).
(PS: Ne riez pas déh s'il vous plaît rék diapp léne si. Y'a certains qui ne comprennent pas le wolof motax j'ai fait le diaxassé mélangé quoi. Si quelqu'un a une meilleure traduction, qu'il me le passe please.)
La chanson était en parfaite osmose avec le rythme effréné des tam-tams. L'ambiance était à son paroxysme.
La gaieté et épanouissement étaient les seuls mots que Mére Ndoumbé ressentait. Elle, qui ne supportait guère autant de vacarme mais aujourd'hui ça changeait complètement la donne.
Elle était spécialement excitée et se sentait fière d'entendre ces termes élogieux.
Oohhh ray na samay noone(J'ai surpris mes ennemis), songea-t-elle.
En tout cas, la remise du dot s'est merveilleusement bien passée !