***MÉRE NDOUMBÉ BÂ
Le grand jour était dans deux jours. J'étais surexcitée, rien qu'en pensant que Hawa serait la femme de mon fils. Le bonheur me submergeait vraiment.
J'étais trop occupée. Tout d'abord, il fallait que je parte chez ma fille Diama histoire de demander à son mari de lui donner la permission de venir passer quelques jours chez moi pour la circonstance. Et j'espérais juste qu'il ne va pas refuser.
Concernant ma future belle-fille, elle vivait déjà chez moi à mon plus grand bonheur et je comptais tout faire pour que Abdoul revienne vivre chez moi après son mariage.
Il est franchement temps que je renvoie ma bonne. J'ai besoin d'une belle-fille pour s'occuper de moi. J'ai besoin que tout le monde sache que le ma nièce s'occupe super bien de moi.
Je suis fatiguée nak ! J'ai besoin d'une épouse irréprochable qui sera à la fois une fille exemplaire, une belle-fille mais également une soumise. Ma soumise.
Bref....
Quand je suis arrivée chez ma fille, j'ai vraiment été bouche bée de remarquer l'état de la maison. C'était vraiment le désordre total. Quand j'y pense que je ne suis jamais venue rendre visite à ma fille depuis belle lurette, car je ne trouvais pas l'intérêt d'y venir pour ne même pas retourner à la maison avec un billet de mille francs.
Quand je suis entrée dans la véranda, j'ai eu la plus grosse surprise de ma vie en la voyant. Couchée sur le sol, tout le corps ensanglanté, elle pleurait de chaudes larmes tout en gémissant de douleur.
Immédiatement, mon cœur de mère surgit. Je me sentais mal, mal au plus profond de mon être, mal d'avoir été aussi négligente à l'encontre de ma fille. Je me sentais trop bête mais je regrettais également d'avoir incité ma fille à rester dans ce mariage sans lendemain, un mariage qui n'a aucun sens, un mariage cauchemardesque !
-DIAMA ! Crai-je aussitôt assise à son côté.
-Maaa....Maa...je....te...ju..jure..que je suis à bout. S'il te plaît.....je...t'en...supplie..dis à mon mari de me libérer.
-Mom kay boula dara metti, seuy bi moy tass thi boppam waw ! Ana sa dieukeur ? (Shuut ne dis rien, on va mettre un terme à ce mariage et ça tout de suite. Où est ton mari ?)
-Il....est....dans....la...chambre yaye.
Ensuite, je l'aidai à s'installer sur une chaise. Ceci fait, je partis chercher son c*****d de mari. Arrivée devant la chambre, je n'ai même pas songé à toquer. Je suis entré directe.
Il était en train de danser du salsa en trébûchant dans tous les sens.
Tchimmm niakk diom ! (Il est sans vergogne !)
-Eh wouyouma fi ? Sa tour saxx khawmako wayei dama beug sa bamouy nékh nga may Diama battam. Ioe doméram bou makk nga tchimm ! Ma mayla sama dôom nguir nga aar ko, yiir ko, topato ko, soutoural ko, nékhal ko. Wayei imbécile bi ngua done amo loy deff loudoul diko door goudeik beuthieuk. Ioe ya niakk diom deug deug . Li yeup louko fi diarr ? En tant que domou dioulitt ngay mandi ba parei di door dôômou diambour. Ioe do sakh nitt tchruuuuuu !
(Eh réponds-moi ici ? Je ne connais même pas ton nom certes, mais je veux que tu répudie ma fille ! Tu n'es qu'un vrai bâtard en faite. Je t'ai donné la main de ma fille, pour que tu la protèges, la chérit, la rend heureuse mais toi tu passes tout ton temps à la violenter. En tant que m******n tu oses boire de l'alcool ? Tu ne mérites même pas d'être un homme !)
-Tu insultes qui là ? Me demanda-t-il en faisant volte face.
-Toi bien....
Avant de terminer ma réplique, il me plaqua deux super bonnes gifles qui me fîrent tomber automatiquement de dos sur le lit.
-Ioe tay lalay déf lou bone (Je vais te faire ta fête aujourd'hui.)
-Je t'en supplie ne me touche pas ! J'ai un mariage dans deux jours. Et il faut que je sois belle. Pardon moi de t'avoir insulté. Lui suppliai-je.
-D'accord, d'accord. Je ne vais pas te frapper mais on va procéder autrement. Fit il avant d'enlever sa ceinture suivi de son pantalon.
Il alla par la suite fermer la porte.....
***OUZIN SMITH
Ça faisait des jours qu'on était au Sénégal mais je n'avais toujours pas eu l'opportunité de voir le futur mari de Hawa. Donc j'ai fait mes propres recherches histoire de savoir des choses sur lui comme genre sa demeure.
Je ne lui voulais rien non. Au contraire, je veux uniquement lui dire mes quatre vérités. Il fallait que ce fameux Abdoul m'entende car je ne voulais en aucun cas voir ma Hawa souffrir à cause d'un homme. Elle a déjà trop souffert à cause de son ex.
Assis devant mon miroir, je me faisais un make up trop todj. Il fallait que je sois présentable quand même ! Je suis sûr que beaucoup de personnes allaient me taxer de "Goor djiguéne" mais je m'en contrebalance de l'avis des autres.
J'ai quitté le Sénégal à cause de leurs remarques désobligeantes et négatifs mais la vie que je mène aux USA m'a appris que si une personne veut avancer dans sa vie, il serait préférable de multiplier les gens par zéro.
Là-bas, je pouvais calmement avoir un copain, vivre avec lui et faire ce que je veux sans qu'ils ne s'en mêlent mais ici, c'est quasiment impossible.
Comme il faisait un peu chaud, j'ai enfilé un Jean nnoir, une chemise rouge un peu ample les deux boutons ouverts et un col enroulé autour de mon cou assortie avec mes baskets. J'étais trop satisfait du résultat quand je me suis miré. J'espère juste que ce Fameux Abdoul ne tombera sous mon charme.
I'm so cute ! Say Masha'Allah !
[●●●]
Arrivé à destination, je refis un peu mon maquillage avant de pénétrer l'immeuble où il vivait. Devant son appartement, je toquai doucement avant de patienter qu'il m'ouvre. C'est d'ailleurs ce qu'il fit après quelques minutes.
Quand nos regards se sont croisés, je me suis senti trop bizarre.
Eh Allah ! Quelle créature !
J'ai automatiquement été attiré par ce gars. Il m'a plu directe de part son élégance inégalable, son éloquence unique, ses yeux hypnotisants, sa voix trop douce pour celui d'un homme. Ses lèvres étaient pulpeuses de chez pulpeuses. Je n'avais qu'une envie qu'en cet instant, et c'était de l'attirer là vers moi, capturer ses lèvres, l'embrasser fougeusement, fourrer ma langue à l'intérieur de sa bouche afin de visiter de visiter tous les parcelles de sa bouche. Balader mes mains dans tout son corps, lui f***********r dans cet appartement.
Putain Smith ressaisis-toi ! Il est le futur mari de ta copine et tu ne peux non plus tromper ton copain. Me dit ma conscience.
-Vous cherchez ?
-Chéri, vous êtes Abdoul Khadr n'est ce pas ? Questionnai-je d'une voix mielleuse.
-Oui. T'es qui toi ? Questionna-t-il d'un ton dur.
-Toi xana. Je peux ?
-Entrez, me dit-il avec méfiance.
Une fois à l'intérieur, il prit place sur le sofa et je me mis de son côté en posant ma main gauche sur ses cuisses. Il voulut le rejeter mais je resserrai l'étreinte.
-Bon je suis un des amis de Hawa. Puisqu'elle sera bientôt ta femme, je suis là pour discuter avec toi. Mon amie est quelqu'une de bien alors ne la fais pas souffrir okay ? Je te jure que si tu lui fais quoi que ça puisse être, tu auras affaire avec la beau et charmant Ouzin Smith. Concernant elle rék, je peux être impulsif alors fais gaffe.
-T'as fini ?
-Pardon ? Fis-je éberlué.
-Léve toi et déguerpis de ma maison.
-Wa eh ! Ioe Abdoul niakko kersa rék tei diko tay ? Ma diouguei sama hôtel ba fii juste pour wax akk ioe ngamay niakk kersa. Waa ?! Mane Smith mangui dogua guiss li. Wayei dou kenn mane rék la. Mako deff, billay mako deff difi nieuw.
(Non mais c'est quoi ces foutaises ? Pourquoi tu me parles ainsi ? Je me suis déplacé de mon hôtel jusqu'ici juste pour te parler et tu me traites ainsi ? Moi smith, je n'ai jamais vu ça de toute ma vie. Mais personne n'est responsable de ceci à part moi. C'est de ma faute !)
-Tu n'as même pas honte de te transformer en une....mieux vaut que je me tais ! Allez oust sors de ma maison.
-Eh yangui may beug dépasser nak dh. Mane lima doone dama thi fier dh waw (Eh tu commences à me dépasser et ça je ne te le permets pas. Je suis entiérement fier de ce que je suis). Dis-je avant de me lever.
Je lui fis un tchipp magistral avant de sortir.
WTF ?
***KADER WADE
Il restait deux jours avant le mariage de mon frère mais j'étais vraiment dans l'incapacité de faire quoi que ce soit. L'ignorance et le refus de Dembo me faisait atrocement mal. Je n'arrivais toujours pas à me remettre de ce qui s'était passé il y'a quelques jours.
Puisque je dois aider Béssé, il fallait que je sois en forme. J'ai alors appelé une de mes ex pour qu'elle m'aide à me soulager.
Pour vous dire vrai, j'ai tellement d'ex que je ne me souviens même plus de leurs noms. Si on se rencontre de nouveau, c'est juste pour le sexe. Le reste, je m'en foutais royalement. Parfois elles essayaient de retourner avec moi mais je n'avais point cet intention.
Après quelques minutes, elle arriva enfin à mon appart. Habillée d'une robe super sexy, elle m'avait déjà mis hors de moi. En cet instant là, je n'avais envie que d'une seule chose, et c'était de la prendre afin d'oublier un peu cette femme qui hante mes pensées.
-Hum Babe, j'ai envie de toi. Me dit-elle en me caressant la tête lascivement.
-Allez déshabille-toi vite !
Elle s'excuta et c'est partie pour une partie de jambe en l'air !
*Quelques heures plus tard*
Adossé sur le capot de ma voiture, j'écoutais religieusement Béssé me donner des instructions. Ce plan devait vraiment lui tenir à cœur.
-Je te fais entièrement confiance Kader et j'ose uniquement espérer que tu ne me décevras pas. Il faut que tu sois super vigilent, que personne ne suspecte quoi que ça puisse être. En plus sois ponctuel pour la première fois de ta vie. Tu dois exécuter le plan à cette heure précise, sinon tout va tomber dans l'eau et je ne le supporterai pas.
-Ne t'inquiète surtout pas future belle-sœur, tout se passera bien insha'Allah. Alors tu peux dormir paisiblement et te rassurer.
-Merci encore chéri. Je te serai reconaissante toute ma vie.
-Non pas de ça entre nous. J'avoue que ton plan est machiavélique mais comme on le dit souvent, en amour ou à la guerre, tous les moyens sont bons pour arriver à ses fins. En plus tu sais que je suis avec toi et que je ne t'abandonnerai jamais au plus grand jamais.
Elle me fit une bise avant de me souhaiter bonne chance. Ça devait vraiment être dûr pour elle de savoir que son homme allait se marier avec une autre femme qu'elle. Mais bon cette Hawa ne perd rien pour attendre.
***MAMY DIENG
Positionnée au fond de ma boutique, j'étais en train de faire les derniers retouches sur le panier que je devais rendre aujourd'hui au propriétaire. J'avais vraiment hâte de toucher au reste de l'argent car j'en avais besoin.
Pour l'argent qu'elle m'avait donnée la fois passée, j'en ai prêté cent mille francs à Béssé pour le mariage de sa meilleure amie. J'espère qu'elle va me le rendre bientôt puisque j'en ai follement besoin.
Bref.....
Après quelques minutes, la dame fit son apparition sapée élégamment comme pas possible.
-As'Salam'Aleykoum. Salua-t-elle.
-Wa'Aleykoum Salam.
-J'spère que mon panier est prêt ? Demanda-t-elle du tac au tac.
-Bien-sûr que oui. Prenez !
-Hii Masha'Allah ! Non mane ma contane thi ioe. Legui saxx, invité nala thi khew mi tei dama beug nga teila nieuw. Souko deffei niou pello !
(Masha'Allah ! Je suis vraiment contente de toi. Tu sais ce qu'on va faire, je t'invite à venir assister au mariage. Je te conseille de venir tôt, comme ça on aura suffisamment de temps pour discuter comme des driankés que nous sommes) s'exclama la dame, satisfaite de mon travail.
-Moi ? Questionne-je surprise.
-Oui oui ma chère.
Je la regarde droit dans les yeux pour voir si c'est une farce ou elle est sincère mais son sourire qu'il afficha en dit long.
-May kiy nieuw bamou saff. Kouma fa deug rk, neima Massa. Manila eh, bobou mariass dou yomb. (Y'a pas de soucis je viendrai ! Ça sera le mariage du siècle !)
Elle esquiva un large sourire avant de me donner le reste de l'argent. J'étais tellement contente que j'avais pris la décision de faire un cadeau à la mariée.
Je n'ai même pas jugé nécessaire de rester dans la boutique pendant le reste de la journée. Je suis alors rentrée chez moi où j'ai donné dix mille francs à Béssé pour qu'elle prépare du poulet pour le dîner. Ça faisait longtemps qu'on en avait pas mangé vu que Bessé ne partait plus au bureau et j'ignorais vraiment la raison.
***VOIX EXTERNE
C'était enfin le jour du mariage !
En ce jour, nul ne pouvait mieux comprendre ce dicton que Béssé: le bonheur des uns, fait le malheur des autres.
Elle se sentait mal, mal au plus profond de son âme. Elle n'arrivait toujours pas à croire que son seul et unique copain, l'homme avec qui elle a partagé les bons ainsi que les mauvais moments de sa vie, allait se marier avec sa Cousine. Cette même cousine qui est censée être SA meilleure amie.
À un moment donné, elle avait prit la décision d'abandonner ses plans mais rien qu'en se souvenant de tout ce qu'elle a partagé avec Abdoul, l'envie d'écarter Hawa de son chemin l'animait.
Il n'était que sept heures du matin. Pendant ce temps Hawa couchée sur son lit, était en train de rêvasser sur la nuit merveilleuse qu'elle allait passer avec Son Abdoul après son mariage.
Elle se disait que ce jour faisait partie des plus beaux jours de toute sa vie. Puisqu'elle allait se marier avec l'homme de sa vie, l'homme qui a toujours hanté ses pensées, l'homme pour qui elle serait capable de faire du n'importe quoi.
Elle espère que Béssé va être avec elle en ce moment mais ce qu'elle ne savait pas c'est que cette dernière ne pouvait pas prendre le risque en venant chez mère Ndoumbé. Mais heureusement que Catalina et Ouzin étaient là pour elle.
Quant à Abdoul khadr lui, ne savait plus où donner la tête. Depuis qu'il avait couché avec sa future femme, il était traumatisé puisqu'il ne supportait pas la vue du sang. Oui, il avait prit l'innocence de Hawa à quelques jours du mariage.
Depuis ce jour, plus rien ne lui plaisait, la culpabilité le rongeait. Il n'avait plus le temps à rien. On peut même dire qu'il avait oublié l'existence de sa copine Béssé.
Il ne ressentait rien, en ce jour qui est le jour où il allait franchir le cap de grands. Il se foutait royalement de ce qui était en train de passer.
(....)
Vers 11 heures, la mére de Béssé était déjà dans la maison familiale des Aïdara. Elle était non seulement contente de se trouver parmi ces gens huppés dans cette maison luxueuse mais elle se sentait honorée par l'invitation.
Elles étaient assises dans le salon, Mamy avait une tasse de café entre ses mains. Elles discutaient et riaient aux éclats quand une des cousines de mère Ndoumbé faisait irruption dans la pièce.
À la vue de cette personne, Mamy fit tomber sa tasse. Elle était carrément sous l'effet de la stupéfaction. Elle n'arrivait tout simplement qu'elle allait revoir cette femme après tant d'années.
-Toi....toi....toi... Balbutia-t-elle avant de perdre connaissance !