« Leïla, tu vas bien ? Tu n’as pas touché à ton thé. » La voix douce de Fatima, teintée d’inquiétude, brisa le silence feutré de la cabine du jet privé. Assise près du hublot, Leïla, 18 ans, fixait les nuages qui défilaient, ses doigts crispés sur son carnet de poèmes, dissimulé sous son châle. Le grondement discret des moteurs semblait amplifier le tumulte dans son esprit. Dans quelques heures, elle atterrirait à Dubaï, contrainte d’épouser le prince Karim pour effacer une dette marocaine liée à un marché d’armes clandestin. Résignée en apparence, elle nourrissait un plan secret : feindre la soumission tout en cherchant un moyen d’annuler ce mariage imposé. « Je n’ai pas soif, Fatima », répondit Leïla, sa voix basse, presque un murmure. « Je n’arrête pas de penser à ce que je vais trouve


