(La femme de l'oncle Charlie )
Cinq minutes plus tard, ma mère sort de sa chambre avec son sac à main.
_ Est ce que tu pourrais marcher toute seule ou bien tu veux que je t'aide à te redresser? Si tu peux te tenir debout toute seule alors allons-y. (Disait-elle)
J'ai essayé de savoir où on allait et elle m'avait fait comprendre qu'elle m'emmenait dans un centre de santé et que je devais faire des analyses. Elle ne voudrait pas rester les bras croisés sans agir alors que peut être j'aurai un malaise caché en moi. Même si je ne désirais pas l'accompagner, je n'avais pas le choix. Je devais obtempérer. Je me suis redresser et sans tenir la table j'ai réussi à marcher. C'est ainsi que ma mère et moi sommes partis dans une clinique pas loin de chez nous. Arrivées là-bas, j'ai été examinée et ils nous ont demandé d'attendre une heure environ afin que nous ayons les résultats de l'examen. Je pensais qu'on serait obligé de repasser une autre fois pour les avoir mais l'on me faisait comprendre que la technologie a tellement évolué que je pouvais obtenir les résultats de mes analyses le même jour. J'ai subi toutes sortes de test possible. Une heure plus tard, les résultats sortirent et l'on nous annonça que j'étais enceinte. C'était une nouvelle à laquelle je ne m'y attendais pas. Tout en moi chavirait.
_ Vous êtes en bonne santé madame. Vous n'avez rien excepté le fait que vous attendez un enfant. Vous êtes enceinte de deux mois et demi. (Disait le docteur qui m'avait pris en charge)
Les larmes m'envahissaient et je me suis mis à pleurer. Je pleurais sans arrêt.
_ Toutes mes félicitations madame.(Ajoutait également le docteur)
Ma mère pleurait également. J'ignorais pourquoi elle pleurait mais moi je le faisais parce qu'au final je me suis rendu compte que Charlie n'a pas vécu pour rien. Son passage sur terre n'aura pas du tout été un vide puisque je porte en moi son héritier. Quelques minutes après, ma mère et moi sommes sortis de la clinique. A peine dehors, elle me critiquait dessus.
_ Je t'avais dit que sûrement tu aurais un problème de santé et que personne ne t'envoutait. Qui avait raison finalement ? Il faut souvent éviter de trop penser négativement. El hadja Manroufath ne peut jamais réussir à t'envouter. Enlève cela de la tête. (Ajoutait-elle)
Malgré tout ce que ma mère disait, j'avais toujours les larmes aux yeux. J'étais très émue. Lorsque nous sommes arrivés à la maison, elle en a parlé également à mon père qui à son tour m'a aussi félicité. Ensuite on m'a demandé d'aller voir les parents de Charlie et de leur annoncer la bonne nouvelle. Ils devront également savoir qu'ils allaient bientôt devenir grands parents. Je me suis lavé et puis je me suis fait toute belle. J'ai pris un taxi qui m'a conduit chez mes beaux parents. Les heures qui ont suivi, j'ai finalement rencontré les parents de Charlie et je leur ai annoncé la bonne nouvelle. Tout le monde était très content. La mère de Charlie m'a personnellement salué pour avoir été aux côtés de son enfant dans les pires et dans les mauvais moments alors que je savais qu'il ne m'aimait pas. Ils m'ont proposé de venir vivre avec eux durant tout le temps de la grossesse. Je leur ai répondu que j'allais venir mais avant, je voudrais en parler avec ma famille. La mère de Charlie m'aimait tellement bien qu'elle ne voulait plus se séparer de moi.
TROIS ANS PLUS TARD
( Loukman )
Depuis la mort tragique de l'oncle Charlie, les choses n'allaient plus normalement dans ma vie. Partout où je désirais apprendre un métier, l'on me rejetait. Personne ne voulait de moi car ma grande mère était une sorcière d'après plusieurs rumeurs. Je vis dans la même maison qu'elle et jamais je n'ai rien vu qui soit similaire à de la magie. J'ai simplement compris que les gens dans le quartier ne nous aimaient pas. Ils ont tellement salit notre réputation que c'est tellement difficile de trouver du travail même hors du quartier. Sans vouloir devenir un poids pour ma grande mère, j'ai décidé de me débrouiller pour réussir. C'est dans cette lignée que je sors de la maison pour faire de petits jobs qui me rapportaient juste le nécessaire pour manger. Du moment ou j'arrivais à mettre quelque chose sous la dent, cela me suffisait.
Aujourd'hui c'est samedi et je suis au bord d'une voie avec mes amis. Je suis dans un autre quartier vu que c'est difficile pour moi de parler avec les enfants de mon quartier. Leurs parents respectifs leurs ont empêché de m'approcher. Du coup, j'avais des potes dans d'autres zones.
On était là et on bavardait quand tout à coup une demoiselle passait sous nos yeux. Mes amis ont essayé de me pousser à la draguer. J'étais du genre timide et je refusais de l'approcher. Le plus courageux d'entre nous s'est levé et puis il est allé rejoindre la demoiselle. Ils ont échangé jusqu'à ce qu'il a prit son numéro. Même s'il n'avait pas de téléphone portable, il avait noté le numéro sur un bout de papier. Nous autres le regardons puis nous sourions. Toute la b***e était fière de lui. A la fin, il nous a rejoint.
_ Les gars et si on allait fumer un peu ? (Demandait un autre de mes amis)
_ Oui tu as raison. Depuis le matin mon cerveau chauffe. J'aurais vraiment besoin de fumer. (Répondait quelqu'un d'autre parmi mes amis)
Quant à moi, j'étais là et je souriais. Après quelques minutes de conversation entre potes, nous avons tous décidé d'aller fumer. Je ne voulais pas ressembler à quelqu'un de stupide alors je les ai accompagné. J'avoue que depuis que je traine avec ses garçons, je n'avais jamais fumé de la cigarette. Aujourd'hui serait ma toute première fois. Même si ses gars ne sont pas d'une bonne moralité, je préfère marcher avec eux car je me sens à l'aise en leur compagnie. Les minutes qui ont suivi nous avons finalement été dans un bon coin où l'on fumait tous y compris moi. Pour une première fois la fumée me chauffait les poumons. Je toussais constamment
_ Cela prouve que tu es un débutant dans ses genres de choses mon frère. (Disait un de mes potes)
Tout à coup les autres riaient aux éclats. Au fond de moi j'étais gêné. J'avais envie de fumer davantage pour leur prouver que je méritais leur respect.
A NEW YORK
(Mouïnath )
L'amour entre deux personnes est pur que quand il est réciproque. C'était ce que je vivais avec Abayomi au début de notre relation amoureuse.
En effet, j'aime mon époux Abayomi et je sais qu'il m'aime aussi. Néanmoins, il m'arrive d'avoir du mal à le croire depuis un moment. Je me suis mariée à lui depuis plus de 3 ans et au fur et à mesure que le temps évoluait, les choses changeaient entre mon homme et moi. Abayomi, qui au début de notre relation amoureuse, passait tout son temps auprès de moi n'est plus pareil aujourd'hui. Dans le temps, il passait plus de temps avec moi. Les seuls moments qu'Abayomi était loin de moi c'était quand le boulot l'emmène à l'étranger. Mais quand il est à New York, il ne va pas au bureau. Il est le PDG de sa compagnie et se sont ses employés qui lui font constamment le bilan de ses activités. Tous ses esprits étaient concentrés sur moi. Mais aujourd'hui, mon époux à changer. Parfois il ne dort plus à la maison et quand je l'appelle pour savoir ce qui se passe, il me répond qu'il est au boulot. Il m'est arrivé de vérifier si ses propos étaient justes et effectivement à chaque fois qu'il ne rentre pas et qu'il me dit qu'il est au bureau, je fais un tour et je le trouve vraiment au travail. Mais je n'étais pas du tout contente. J'avais l'impression d'être inexistante dans sa vie. Même le peu de temps qu'il passe à la maison, il lit un journal ou il est toujours concentré sur son téléphone. Abayomi n'avait plus mon temps. J'étais très inquiète. Mais j'avais l'espoir qu'un jour les choses allaient changer.
Cependant, aujourd'hui était un jour férié. Je faisais la cuisine et Abayomi était au salon. Mais avant, je me suis fait toute belle. Je voulais passer une excellente journée avec lui. Au bout d'un moment son téléphone portable se mit à sonner. Mon époux décrocha. J'ignorais qui était à l'autre bout du fil mais après quelques minutes de conversation téléphonique, Abayomi me rejoint à la cuisine et il m'informe qu'il allait sortir. Je lui ai demandé où il allait et il me faisait comprendre que c'était à propos du travail et qu'il était désolé de devoir me fausser compagnie.
_ Mais aujourd'hui est un jour férié. Quel travail voudrais-tu faire encore ? (Lui demandais-je)
_ Je suis désolé Mouïnath. (Rétorquait-il tout simplement)
Je n'arrivais pas à le croire. Même un jour férié où il devait rester auprès de moi, monsieur s'envolait pour le travail. Désespérée, j'ai arrêté la cuisine. Je suis allé prendre mon téléphone portable et puis j'ai essayé de surfer sur les réseaux sociaux afin de ne pas me plonger dans les soucis. Néanmoins, il me venait à l'esprit quelques fois de me poser la question de savoir si mon époux ne me trompait pas. J'avais juré ne plus retombée amoureuse après le mauvais coup que m'a fait BAKARI Mouchid le père de Loukman. Mais Abayomi a surgi dans ma vie et mon coeur a cessé de battre. Grâce à lui j'ai aimé à nouveau. Néanmoins j'ai tellement peur. J'ai peur d'être encore blessé. Si cela arrivait à nouveau, je ne le supporterais pas.
A suivre..