Au retour de Nick, il était accompagnée de Ridja. Leïssa, en voulant lui faire une surprise, se rendit à l’aéroport à l’attendre, elle était accompagné de Mike, le chauffeur de Nick. De loin, elle les avait aperçu entrain de se câliner, elle s’attrista tout en restant cacher, elle ne voulait pas que Nick l’aperçoive. Furieusement, elle attendit que Nick parte pour rentrer chez elle, elle ne voulait pas jouer la gamine vue la bonne relation qu’elle entretenait avec lui depuis son diplôme. Étant déplacée après le départ de Nick, elle se hâta d’arriver la première. Elle avait repris ses bagages chez elle pour les rapporter chez Nick.
D’un air suspect, elle embrassa Nick pendant que des tas de questions germaient dans sa tête car, à côté de sa confiance quoique nouvelle, commençait à sourdre davantage de doute.
- Mais, quelle tête tu fais ? Lui dit Nick
- Tout va bien. Répondit-elle en faisant bonne impression.
Rentrant du voyage, Nick était harassé, il ne faisait pas trop attention à Leïssa. Il enleva ses vêtements et fila sous la douche puis, alla se reposer. De son attention, elle en a voulu ; en apercevant que la porte était entrouverte, elle rentra et s’installa sur ses torses.
- Ma chérie, je suis vraiment fatigué. Lui dit-elle d’une voix enrouée.
- J’ai l’impression qu’on se rapproche et qu’on s’éloigne en même temps.
- Que dis-tu ?
- Et si, on parlait sans réserve ? Poursuivi Leïssa
- Parce que tu crois qu’il m’arrive de te mentir ?
- Par omission, toujours !
- Tu te fais des idées.
- Ah ouais ! Si je te demandais quelle est la deuxième personne la plus importante dans ta vie, tu me répondrais quoi ?
- Parce qu’après toi, il y a une autre ?
- Je ne peux pas être la seule qui t’importe.
- Dis-toi que t’es chanceuse !
- Mais, à quoi tu joues ? Réponds-moi s’il te plaît.
- Que veux-tu savoir que tu ne saches déjà ?
- Il y’a un tas de choses que je ne sais pas ?
- Comme quoi ?
En pleine conversation, Nick somnola. Leïssa l’ayant remarqué, se leva et retourna dans sa chambre. Elle décida de ne plus le questionner à ce sujet, puisqu’il n’était pas disposé à lui en parler. Le doute continuait à flotter dans sa tête, s’efforçant de s’auto persuader qu’il n’y avait rien entre cette fille et Nick. Et brusquement, les voix de ses amis resurgissaient dans sa tête, revinrent lui en dissuader que c’était tout le contraire. « Elle est parfaite pour Nick, elle est sexy et très séduisante. Elle a tout pour attirer l’attention de Nick. En plus, moi il ne me voit que comme une gamine, les filles ont raisons, Nick ne saurait m’appartenir ». En nourrissant bien d’autres pires idées dans la tête, elle s’engageait dans une lutte contre ses pensées, voulant sans confirmer ses soupçons, accepter ce qu’elle redoute le plus.
Pas un jour, Nick avait abordé à nouveau ce sujet. Quoi qu’il sache que Leïssa était un peu tourmentée.
C’était le week-end, et Nick avait décidé d’emmener Leïssa au village où vivaient ses grand-parents, à Fontainebleau, comme il le lui avait promis pour sa réussite. Seuls, ils étaient partis, leurs sacs de voyage bouclés, loin du quotidien, entre mer et soleil. Pour Leïssa, c’était comme une sortie entre amoureux, bien qu’elle n’avait confiance qu’en ses sentiments, comme deux partenaires qui se retrouvaient seuls, dans leur toute première escapade en amoureux afin de se révéler l’un à l’autre dans un face à face sans fard, elle avait tellement de question en tête car, ses sentiments étaient ambivalents, des doutes surgissaient à nouveau, rendant toutes interrogations inévitables mais, elle ne voulait pas trop gâcher ce moment qui sûrement, allait être empli de bonheur.
Aux environs d’une heure et demie, ils étaient arrivés, un peu traînante et lassée, n’ayant pas l’habitude de faire autant de trajet auparavant, Leïssa s’approcha des grands-parents de Nick pour les embrasser.
- C’est toi donc la belle Leïssa ? La petite fille qui était restée cacher dans la voiture ? Lui demanda la grand-mère.
Leïssa restait sans voix, elle leur détournait le regard, ayant un peu honte d’aborder le sujet.
- C’était il y a bien longtemps, n’en reparlons plus grand-mère. En plus, ce n’est pas un souvenir si agréable. Répondit Nick en lançant timidement un regard à Leïssa.
- Oh désolée ma grande ! Je n’ai pas voulu aborder un sujet sensible. Reprit-elle.
- Ne vous inquiétez pas, cela ne me dérange pas tant que ça. Répondit Leïssa en voulant être gentille.
Et soudain, la grand-mère de Nick rentra, en montrant à Leissa sa chambre, elle profita de se reposer un moment, pendant que Nick parlait à ses vieux amis, qui lui rappelaient que c’était le festival de l’histoire de l’art. Presque tous les villageois se préparaient pour y aller. Sans plus tarder, il se rendit dans la chambre où était Leïssa pour la prévenir.
- Ma chérie ! On a choisi le meilleur week-end ! Dit-il en toute hâte.
- Nicky ! Laisse-moi me reposer un peu, je suis harassée. Souffla-t-elle les yeux entrouverts.
- Le but de ce voyage n’estpas pour que tu te reposes, on doit se préparer pour le festival.
- Mais, quel festival ? Dit-elle d’un sursaut.
Nick surpris par son enthousiasme, la regarda en touchant son front.
- Quoi ? J’ai toujours rêvé de participer à un événement festif mais, j’en ai jamais eu l’occasion, je vais me préparer, l’heure n’est plus au repos. Ajouta-t-elle.
- C’est par là que j’aurais dû commencer ! Mais, tant mieux, cela me fait plaisir de te voir si enthousiasmée d’y participer.
Après avoir mangés, ils se mirent en route pour le festival. Toute étrange, Leïssa regardait la route, elle prêtait attention aux villageois joyeux qui, à ses yeux, leurs vies paraissaient trop modestes pour qu’ils soient heureux.
- Pourquoi tu fais cette tête ma chérie ? Qu’est-ce qui ne va pas ? Lui demanda Nick en conduisant la voiture.
- Tu crois que je serais autant heureuse si j’étais comme eux ? Répondit Leissa
- Es-tu heureuse ? Lui questionna Nick à nouveau.
- N’est-ce pas assez évident ?
- Et pourquoi tu l’es ?
- Parce que j’aime ma vie, je l’ai réussi, j’ai tout ce dont j’ai besoin, je n’ai pas à me plaindre à part, pour la mort de mon petit frère Arthur.
- Et tu crois que ce bonheur se résume à tout ce que tu possèdes, à tout ce qui t’es accessible ?
- En partie.
- Crois-tu qu’ils leur sont impossibles d’aimer leurs vies en n’ayant pas tout ce que tu possèdes ? Le bonheur ne s’installe pas en se procurant des richesses jusqu’à s’engouffrer mais, plutôt en appréciant ce qu’on possède, ce qui ne résume pas qu’à des biens matériels, cela peut-être les gens qui nous entourent, la famille, les amis ainsi que ce qu’on accomplit dans notre vie. J’étais heureux quand mon père était encore en vie, j’étais heureux quand ma petite sœur était née, j’étais heureux quand je savais qu’on pouvait payer le traitement de ma petite Sawa malgré le peu d’argent qu’il nous restait pour les dépenses quotidiennes. Il n’est pas donné qu’aux riches pour être heureux, tout le monde peut l’être, il est accessible à tous, ce n’est qu’un état d’esprit !
Dans quelques minutes, ils y étaient déjà. Il y avait une foule, des gens venant de part et d’autres, ils s’amusèrent et profitèrent librement de chacune des activités : conférences, débats, concerts, expositions, projections, lectures, rencontre dans le château et plusieurs sites de la ville de Fontainebleau.
- On dirait que c’est la toute première fois que tu y participes, tout comme moi ? Lui lança Leïssa.
- Suis-je autant impressionné comme toi ? Lui répondit Nick en caressant ses beaux cheveux.
- Non.
- J’en avais entendu parler, et oui, c’est ma toute première fois.
- Mais, quel est l’objectif de ce festival au juste ? Interrogea Leïssa
- Il met en lumière la discipline au regard des plus grands professionnels internationaux mais aussi du public le plus large.
Après, ils s’étaient rendus à la forêt de Fontainebleau, un lieu internationalement connu pour l’escalade de bloc. En altitude, ils admiraient dans le calme, les beaux paysages, laissant leurs vêtements flotter par le vent, faisant des balades photos, c’était la toute première fois qu’ils se prenaient ensemble en photos. Après cinq minutes de marche, ils tombèrent sur des rochers brisés par les amateurs et initiés à l’escalade.
- N’est-il pas imprudent d’escalader ces blocs de rochers ? Ils n’utilisent même pas de cordages pour s’assurer, à ce que je vois. Lui questionna Leïssa.
- Ils la pratiquent sur une faible hauteur, ce n’est pas dangereux. En plus, ils mettent des tapis matelassés pour amortir les chutes, et un petit sac de tissu contenant de la résine en poudre, l’attachant à la ceinture des varappeurs par une cordelette et destiné à saupoudrer les prises du rocher elles-mêmes et les semelles des chaussons d’escalade pour en augmenter l’adhérence.
- T’en sais assez pour une personne qui y participe pour la première fois. Lança Leïssa en étant fière de lui.
- Quand j’étais à l’université, mes amis du village m’envoyaient des vidéos du festival. Mais, je suis un bon observateur.
La forêt, n’était pas le seul lieu où ils avaient visités, ils avaient aussi parcouru un parc et des jardins, ils vivaient des moments riches en émotions. D’un instant à l’autre, ils s’étaient rendus à la plage se trouvant au cœur de la Fontainebleau, une étendue de sable fin, avec du soleil et de l’ombre. Assis seuls, dans leur espace à contempler la nature. Dans l’espace idyllique et dépaysante du voyage, le désir était facilement exalté et, dans leurs têtes, la relation étant vite idéalisée ; de façon inattendue, le couple naissait dans des rites affectifs et, aucun d’eux ne voulait que la journée se termine, encore moins que ce week-end arrive à sa fin.
De l’autre côté, il se trouvait un couple qui disputait, soit la fille qui avait surpris son copain entrain d’embrasser une autre et, curieusement, ils leur prêtaient attention, ce qui mettait Leïssa mal à l’aise. Nick l’ayant aperçu avec son visage rétréci, passa son bras autour de son cou en l’approchant de plus prêt et lui baisa le front.
- Il n’y a pas que la vie qui soit compliquée, les liens que nous tissons avec les autres le sont aussi et même encore plus. Nos imperfections, nos faiblesses, nos désirs, notre égo, tout cela affecte négativement notre relation avec autrui. Si cela t’était arrivé, qu’aurais-tu fais ? Dit Nick
- Est-ce qu’il y a vraiment quelqu’un qui peut être fidèle à son partenaire ? Demanda Leïssa à son tour en le regardant.
- Ne peux-tu pas l’être ?
- Tout le monde finit par succomber un jour ou l’autre.
- C’est ce que tu crois ? Ou c’est parce que tu ne te fais pas confiance ?
- Notre moi, peut nous surprendre parfois.
- Parce que notre moi, se diffère de nous ? On reste maître de nos décisions ainsi que de nos actions, bonnes ou mauvaises. Parfois, ce n’est pas parce qu’on est incapable de résister mais, on se met dans des situations où nous ne saurions faire demi-tour.
- Tu es unique Nicky ! Tes valeurs, tes principes, ta perception, tu es juste incroyable. Lança Leïssa.
- Je croyais que mes principes te dérangeaient ?
- Pas vraiment ! C’est quand tu joues le père sévère que cela me dérange.
- D’accord ! Mais, ne dis pas ça ! Je ne suis pas incroyable. Opposa Nick
- Dans ce cas, t’es génial ! Insista-t-elle en tentant de le rendre timide.
- Arrête d’accord !
Nick se leva en prenant sa main et quitta l’endroit. Quelques heures après, ils rentrèrent chez eux, se baignèrent et s’endormirent, car tôt, ils devaient quitter le village pour retourner à leur quotidien.