L'adresse indiquée sur le carton d'invitation se situait à l'ouest de la ville. Je ne connaissais pas très bien les lieux, si bien que j'avais dû utiliser mon GPS. Une première depuis mon arrivée. Tandis que j'approchais de l'endroit que j'avais tant cherché, l'angoisse m'envahit. J'avais eu la bonne idée de glisser une arme sous ma robe, mais que pouvait un simple pistolet face a un troupeau de vampires. Sevastian avait zéro instinct paternel, néanmoins, c'était un vampire puissant qui ne faisait rien sans raison. Il avait une idée derrière la tête, un truc louche qui m'incluait moi. Je n'osais même pas imaginer ce que cela pouvait bien être. Il me connaissait mal, s'il pensait m'avoir aussi facilement. Je ne pourrais peut-être pas sortir vivante de ce merdier, mais sur mon honneur, il me suivrait dans la tombe. S'il tentait quoi que ce soit contre moi, je n'hésiterais pas une seconde. Les satanées balles modifiées de façon à tuer un vampire que je m'étais offertes coûtaient une blinde, mais feraient leur office le moment venu. Je m'assurerais avant de crever de lui vider le chargeur en plein cœur. Je le tuerais car il avait gâché mon enfance, je le tuerais pour avoir tué ma mère, mais surtout, je le ferais parce que ce serait jouissif. Dix bonnes minutes après avoir quitté la route et pris un chemin de terre, je commençais à me demander si ce n'était pas un piège, quand soudain, je la vis. Je n'y croyais pas. Quand j'étais plus jeune, j'étais fan d'un film que je regardais en boucle avec mon père. D'ailleurs, c'était la dernière chose que j'avais faite avec lui avant qu'il ne disparaisse de nos vies. Entretien avec un vampire. Ironique, je ne sais pas, mais flippant, certainement. J'avais en adoration la plantation du film. Une maison magnifique bordée pas des centaines d'arbres. Là, en face de moi se tenait la réplique exacte. Si ce n'était que celle du film était blanche et que celle-ci était entièrement peinte en noir. Je m'attendais à beaucoup de choses, sauf à ça. Plus cliché, c'était impossible et pourtant, ça atteignait une partie de mon âme. Choisir un château comme le comte Dracula restait certainement trop commun pour le grand Sevastian. Sans oublier les dizaines d'yeux fixés sur ma personne. Ma parole, cet endroit était aussi bien gardé que Fort Knox ! Je faillis faire demi-tour, puis je me résignai finalement à aller jusqu'au bout. J'étais quasiment sûre que l'un de ces agents de sécurité ? Mercenaires ? Que sais-je ? avaient déjà averti le grand manitou de mon arrivée. Mon ego ne survivrait pas au fait qu'il me prenne pour une froussarde. Armée de mon plus beau sourire, je me dirigeai vers l'entrée. Un homme immense au visage balafré et qui portait assez mal le costume m'accueillit. Enfin, je n'étais pas certaine qu'accueillir soit le mot adéquat, mais en gros, il se tenait sur le seuil et était le seul obstacle entre cette fichue soirée et moi. Plus que son apparence, il se dégageait de lui quelque chose de troublant qui me donnait envie de fuir. C'était agressif, fébrile, comme une faim insatiable ou un danger.
- Bonsoir, mademoiselle Jones. Votre père vous attend dans la bibliothèque, veuillez me suivre, s'il vous plaît.
Je ne pus m'empêcher de penser qu'il s'agissait d'une sorte de bizutage. Cet homme semblait se donner beaucoup de mal pour paraître différent de ce qu'il devait être. On le sentait clairement mal à l'aise, j'eus pitié de lui. Il tentait tout pour cacher un accent créole, ce que je trouvais vraiment d'hommage. Après quelques pas, son dos s'affaissa alors qu'il progressait dans le couloir comme si sa vie en dépendait. Une posture semblable à celle d'un animal prêt à bondir. Je continuai malgré tout à lui faire la conversation histoire de ne surtout pas perdre contenance.
- Que vous fera-t-il si vous vous comportez normalement ?
Il se gratta la gorge, tendu, et se redressa.
- Je ne comprends pas, dit-il, l'air intrigué.
- Cette mascarade est grotesque. Je préférerais que vous restiez vous-même, précisai-je. Un fichu prédateur.
L'homme baissa la tête et ne répondit pas.
Bon, Jones, tu viens de dépasser les bornes.
Jusqu'à ce que nous atteignions cette fameuse bibliothèque, il ne prononça plus un mot et moi, je le guettais du coin de l'œil, convaincue qu'il n'attendait qu'une occasion. Puis il s'arrêta enfin. Face à nous, la pièce était gigantesque, aussi grande que mon salon et ma cuisine réunis. Dire que je les trouvais déjà spacieux ! Le sol était en bois et les murs couverts de livres, des livres par milliers. De grands chandeliers de style baroque éclairaient le tout. Je me fis la réflexion que ce n'était vraiment pas un bon choix. Enfin, feu plus livre égale vampire inflammable. Mais qui étais-je pour remettre les goûts douteux de mon hôte en question ? Sevastian, lui, était assis face à un bureau venant d'une autre époque. Peut-être du XVIIe siècle. Tout chez ce type faisait cliché.
- Ah, mon sang ! Ma fête était bien terne sans toi. J'ai cru un instant que tu ne viendrais pas.
Il quitta son siège et flotta jusqu'à moi. C'était étrange. Dans mes souvenirs, il était plus grand. Ce soir, il portait une tenue de la même époque que ses meubles, une espèce de justaucorps en soie bleu roi boutonné de haut en bas. Je le toisai en lui montrant mon regard le plus méprisant. Si ma mère ne m'avait pas si bien élevée, je lui aurais craché à la gueule, ne serait-ce que pour son choix de mot ambigu.
- Sevastian, répliquai-je en lui tendant la main.
Pas question que cette sangsue approche mon cou de trop près et ce même s'il prétendait vouloir une bise. Il me regarda, contrarié, avant de se reprendre. L'homme qui m'avait guidée jusqu'ici se tenait derrière moi. J'aurai voulu ne pas le quitter des yeux, mais mon père était un prédateur autrement plus dangereux. Enfin, c'est ce que je croyais. Dans mon dos se jouait une scène surréaliste. Le type avait les yeux exorbités, tous crocs dehors. Des crocs foutrement bizarres. Il avait des canines de vampire, bien sûr, mais les autres semblaient taillés en pointes comme ceux des goules. Je n'eus pas le temps de m'en horrifier. Il hurla et se tapa la tête contre l'angle d'une étagère. Sans hésiter, je dégainai mon arme. Sevastian siffla.
- Qu'est-ce que c'est que cette m***e ? hurlai-je.
- C'est Angel, fit Sevastian, nonchalant.
- Angel ? Cette chose n'a rien d'un ange, bon sang ! Qu'est-ce qu'il a, il s'est cassé ses foutues ailes ? C'est pour ça qu'il pète un câble ?
- Pose ton jouet, Jones, je m'en occupe.
Je ne savais pas à qui il pensait s'adresser, mais tant que ce machin ne se trouvait pas à mille lieues de moi, je ne comptais pas me séparer de mon arme.
- Rêve toujours. Si tu ne calmes pas Angel, une balle entre les deux yeux l'aidera certainement.
- Il est inoffensif. Il a juste du mal à se tenir en public, ragea mon père.
- Non, sans blague ? Il est quoi ?
Son aura m'indiquait qu'il était goule et vampire, ses crocs aussi, d'ailleurs. Chose hautement improbable, ces deux espèces n'étaient pas compatibles. C'était comme mélanger de l'eau avec de l'huile. Alors, je donnais ma langue au chat.
- C'est mon tout premier hybride, se venta Sevastian.
Je tiquai sur le « mon ». Qu'avait-il fait ? Une expérience scientifique ? Il avait mordu une goule ? Rien que d'y penser, j'en avais des frissons.
- Ton hybride ? Je suis en plein cauchemar !
Il ne m'accorda pas plus d'attention et se dirigea vers cette chose démoniaque. Ce qu'il fit ensuite me laissa sans voix. Il le prit dans ses bras, tapotant son dos dans une étreinte amicale, protectrice même. Démonic Angel, se mit à renifler, puis à pleurer comme un gosse. La scène dura plusieurs minutes, puis la chose se reprit.
- Tu peux rentrer, Angel, je te rejoindrai plus tard.
Sans un seul coup d'œil pour moi, celui-ci s'éclipsa. Sevastian, quant à lui, reporta son regard insondable sur ma personne.
- Émouvant, ironisai-je. Vas-tu me dire ce que je fiche ici ?
J'avais beaucoup d'interrogations sur ce fameux Angel, mais je ne devais pas perdre de vue ce pour quoi je me trouvais là. J'avais des priorités et les expériences de mon père ne faisaient pas partie de mes problèmes.
- Il me paraissait essentiel de réunir ma famille.
- Une maladie incurable décime les vampires et tu es malade ? Tu t'es trouvé une conscience ? Tu as des regrets ? Non parce que tu n'as jamais pensé qu'à ta petite personne. Alors excuse-moi de ne pas trépigner d'impatience.
- Je comprends ta réticence, mais...
- Non, tu ne piges rien du tout. La seule raison qui m'a contrainte à faire le déplacement c'est ma mère. Tu vas me la rendre ou nous aurons un différend du genre fatal.
Sevastian me regarda telle une bête curieuse. Était-il assez stupide pour penser que moi aussi, je demanderais un câlin ?
Après le départ de mon père, alors que je n’étais qu’une enfant, j’avais longtemps rêvé qu’il reviendrait et qu’il me dirait qu’il nous aimait, ma mère et moi. Ensuite, il m’emmènerait sur son grand cheval blanc. À cette époque, mon père était mon prince charmant. Et puis les années avaient passé et mon espoir de voir mes rêves se réaliser s’était transformé en désillusion. Il y avait bien longtemps que je n’attendais plus rien de cet homme. Qu’il tente de me faire croire que j’avais tort me révoltait. Alors qu’on s’observait en chiens de faïence, il me présenta son bras comme si j’allais m’y accrocher. J’eus envie de lui rire au nez. Brave type ! Le câlin n’ayant pas fonctionné, il se rabattait sur un rapprochement.
— Même pas en rêve, lui dis-je.
— Tu devrais l’accepter, qui sait quelle autre de mes créatures rôde dans ces couloirs, fit-il le plus sérieusement du monde.
Je ne décelai chez lui aucune ironie. Le visage de sa goule vampirisée s’imprimait dans mon esprit par flashs comme une f****e photocopieuse. Cette vision me hanterait encore longtemps, cela me paraissait plus que certain. Alors, je révisai mon jugement et m’agrippai au bras de Sevastian comme à une bouée. Il ne sourit pas comme je m’y étais attendu. Ça et le fait que mon pouvoir ne se mettait pas en marche à son contact me portèrent à croire qu’il ne plaisantait pas.
— Pendant que nous marchons vers la chambre de ta mère, continua-t-il, permets-moi de répondre à quelques-unes de tes interrogations. « Alors oui, je confesse avoir transformé Elisabette. J’aurais évidemment préféré qu’elle soit un vampire, mais bien qu’elle semble m’avoir pardonné, elle détestait toujours ce que je suis.
— Laisse-moi rire. Quelle bonté d’âme ! Tu la respectes assez pour ne pas la transformer en monstre comme toi, mais pas assez pour ne pas la changer en quelque chose de pire encore à ses yeux ? Pourquoi ? Une vengeance ?
— Une vengeance ? s’étonna-t-il. J’ai toujours aimé ta mère. De quoi devrais-je donc me venger ?
— Peut-être du fait qu’elle exterminait tes semblables.
— J’avoue que ton argument fait sens. Sauf qu’Elisabette n’a jamais tué l’un des miens, elle s’attaquait à toutes créatures surnaturelles qui ne respectaient pas nos lois. Et crois-moi, aucun de mes enfants ne penserait à me trahir.
Ça, je voulais bien le croire. Alors que nous marchions depuis un moment, j’explosai. Voilà une éternité que nous avancions. Allions-nous visiter tout le domaine ?
— Nom d’un chien, tu l’as mise où, la vieille ? Je sais bien qu’elle peut être chiante, mais tu ne l’as tout de même pas mise à la cave ?
Sevastian éclata d’un rire franc.
— Vous êtes vraiment pareilles, toutes les deux. Elle m’a dit à peu près la même chose quand je l’ai conduite à ses appartements pour la première fois.
J’en restai bouche bée... J’avais du mal avec son affirmation. C’est vrai, j’avais passé ma vie à tout faire pour ne leur ressembler ni à l’un ni à l’autre.
— Pourquoi l’as-tu transformée, alors ? rageai-je.
— Elle était condamnée : un cancer.
À ces dernières paroles, je trébuchai. Là encore, il gardait le visage fermé. Si ce n’est que son regard était triste. J’eus besoin d’un moment pour me reprendre. Après ce qui me parut être un siècle où j'arrêtai même de marcher, je me repris :
— Il n’empêche, je reste convaincue qu’elle ne t’avait rien demandé.
Il ne dit rien, mais ses yeux à eux seuls valaient toutes les réponses du monde. Ils criaient à la culpabilité. C’est à ce moment que je me mis à me méfier encore plus. Comment un vampire comme mon père avait pu survivre à de telles émotions transparaissant dans son attitude ? Un doute s’insinua en moi : il me jouait certainement la comédie. Je me renfermai, guettant la présence d’éventuels monstres. Très vite, je les sentis tapis derrière chacune des portes que nous avions laissées sur notre parcours. Dans cette aile de la maison, il n’y avait pas un seul vampire. J’entendais très distinctement le cœur de ces créatures battre. La peur m’étreignit. S’il s’agissait d'un piège, j’étais fichue. Et comme si Sevastian lisait dans mon esprit, il lâcha :
— Ne t’inquiète pas, ils ne te feront aucun mal. Je sais que tu te méfies de moi, Jones. Et tu as toutes les raisons de le faire. Mais sache que je regrette sincèrement de ne pas avoir été présent. J’étais instable, capable de vous attaquer à n’importe quel moment. Je ne pouvais pas prendre ce risque. Crois-moi, j’ai pensé à une autre solution : l’expliquer à Elizabette. Elle, fière comme elle l’a toujours été, se serait armée et m’aurait permis de rester à vos côtés. Me convainquant qu’au moindre danger, elle me stopperait. Et elle l’aurait fait. Malheureusement, je savais qu’elle n’aurait pas survécu à ça. Au fait d’avoir dû me tuer pour vous protéger, elle et toi. Il y avait un grand risque qu’elle se déteste pour ça et qu’elle t’en veuille aussi.
— Très altruiste. Sauf que sans explication de ta part, que crois-tu qu’elle ait fait ? Elle me détestait. Certainement que je lui rappelais un peu trop le moins que rien qui l’avait abandonnée, criai-je malgré moi.
Je les sentis. Ils s’agitaient, mécontents que je m’en prenne à leur père. Je faillis en rire. N’était-ce pas… Sevastian siffla et le calme revint.
— Ne crois pas ça, tu te fourvoierais.
— Ah oui ? Ce n’est pas toi qu’elle a mis à la porte sans un sou.
— Je pense qu’elle n’a tout simplement pas supporté le fait que tu fasses les mêmes erreurs qu’elle : faire confiance à un monstre qui lui aussi t’a laissée. Mais tu ne l’as pas fait. En quelque sorte, tu l’as laissé tomber toi aussi.
— Tu plaisantes ? Elle m’a jetée à la rue enceinte et seule. Combien de fois ai-je failli mourrir en menant cette vie qu’elle m’a imposée ?
Sevastian avait stoppé sa marche et ouvrait une porte alors que j’étais sur le point de cracher ma hargne.
— Enceinte jusqu’au cou, oui, et si je ne m’en étais pas mêlé...
Le reste de sa phrase se perdit alors que ma mère se jetait sur moi. Je n’eus même pas le temps de sortir mon arme que ses crocs chatouillaient la peau fine de mon cou et que sa langue râpeuse suivait les contours de ma carotide.
— Elle fait partie de tes expériences, elle aussi ? balbutiai-je alors que mon père entraînait Elizabette, ma chère mère, loin de moi.
— Non, elle a seulement du mal à s’adapter et je crois bien qu’elle a un esprit pratique. Manger et boire sans gaspiller la moindre parcelle.
— Pratique ? J’aurais dit sadique.
— Tu comprendras pourquoi je ne peux la laisser en liberté dans les rues de cette ville. Oui, je comprenais sans mal.
— Désolé, Jones, nous allons devoir remettre à plus tard nos retrouvailles familiales. Je vais te conduire à la fête et revenir m’occuper d’elle.
— Il n’est pas nécessaire que...
- Que fais-tu avec ses loups, tu n'es pas qu'une vulgaire sorcière.
— Tu m’as fait venir pour insulter mon mode de vie ? le questionnai-je pour brouiller les pistes.
— Non. Tu n’es pas sans savoir que certains vampires ont des dons. Le mien est en quelque sorte la clairvoyance. Nous aurons bientôt un problème magique sur les bras. Un problème de sorcières. Mon armée est prête et je voulais m’assurer que toi aussi, tu le serais.
Trop obnubilée par cette discussion et je ne remarquais que trop tard que nous étions arrivés dans la salle de bal. J’avais beaucoup de choses à lui demander. Mais il ne m’en laissa pas le loisir. Dès l’instant où j’avais mis le pied dans cette pièce, je l’avais senti s’évaporer, me congédiant par la même occasion. J’eus juste le temps de sentir ses lèvres froides se poser sur mon front et Sevastian avait disparu.
Certains riches s’offraient des fontaines de champagne, mon père, lui, avait une nette préférence pour le sang. Alors que mes yeux s’écarquillaient sur la dizaine de sculptures d’où le liquide s’écoulait à flots, une main vint se poser sur ma hanche.
— Si ça, ça t’impressionne, imagine que lors de ma première venue, c’étaient des gens qui étaient dressés sur le buffet que Sevastian nous présentait.
Je lorgnai Noah, stupéfaite.
— Tu te fous de moi ? N’est-ce pas ?
— Je voudrais bien. Il ne le fait plus quand un membre de mon clan est convié sous son toit, le spectacle n’avait pas vraiment plu à mon père.
— Eh bien, j’embrasserais bien ton père.
— J’en serais presque jaloux, rigola-t-il avant de redevenir sérieux. Tu m’avais caché être la fille de Sevastian.
— Il reste encore à faire les tests ADN pour en être sûrs, raillai-je.
J’attrapai une coupe de champagne, car oui, il y en avait aussi, en moindre quantité néanmoins.
— Je suis curieux, tout ce temps, aucun de nos rapports ne mentionnait une fille et puis voilà que le maître de La Nouvelle-Orléans convie tout le beau monde à une célébration en l’honneur de sa progéniture.
— On va dire qu’il n’a pas vraiment été un père durant toutes ces années.
— Précisément. Il semblerait qu'il tente de rattraper tous ces moments perdus. En commençant par te trouver un bon parti. Et mon rôle est de te séduire.
Alors que je sifflais mon verre, je faillis m’étouffer en entendant ses mots.
— Que veux-tu dire ?
— Exactement ce que je viens de dire. Regarde autour de toi, il y a ici tous les meilleurs partis de la région. — Il me fait le coup du mariage arrangé ? Ce mec ne manque pas de culot !
— J’étais déterminé à montrer fermement à cette jeune femme qu’elle ne m’intéressait pas, chuchota Noah, trop proche de moi. Mais dès que je t’ai vue, je me suis ravisé.
— M’accorderais-tu cette danse ? Je n’avais aucune envie qu’un vieux vampire vienne me faire la cour, alors j’acceptai volontiers la main de Noah.
— Une danse et on s’éclipse, susurrai-je à son oreille.
Il me sourit et j’oubliai tout jusqu’au fait que je me tenais parmi d’innombrables vampires.