bc

La Fleur Fanée Tome I

book_age18+
50
SUIVRE
1K
LIRE
tragédie
like
intro-logo
Blurb

. Driss, un cafetier aisé, est tourmenté par un ardent désir d'avoir un fils qui porterait son nom. Malgré les réticences de sa première épouse Meriem, il décide de se remarier avec Najat, une jeune infirmière qu'il trouve fascinante.

Dès leur mariage, Najat tombe rapidement enceinte, ce qui soulève de nombreuses questions au sein de la famille. Va-t-elle vraiment donner à Driss le fils tant convoité ? Comment Meriem et les filles de Driss vont-elles accueillir ce nouveau-né et sa mère ?

Driss espère secrètement que ce mariage impromptu lui permettra de surmonter son complexe d'infériorité et de trouver la sérénité. Mais il devra composer avec les tensions qui ne manqueront pas de surgir entre ses deux épouses. Réussira-t-il à réconcilier Meriem et Najat ? Parviendra-t-il à s'imposer comme le patriarche incontesté de cette famille recomposée ?

Le déroulement ainsi que l'issue de cette situation familiale complexe seront révélés au fil de l'intrigue. Le lecteur sera captivé par les nombreuses interrogations que soulève cette situation atypique, notamment sur la nature des liens qui se tisseront entre les différents protagonistes.

chap-preview
Aperçu gratuit
QUATRIEME DE COUVERTURE
                                                     Quoi que je dise, je suis la résultante d’un ordre social mal agencé où mon éducation n’a pas été canalisée dès mon petit âge. J’ai une mère que je ne vois que rarement et je ne sais pas comment elle mène sa vie de fouineuse. La pauvre passe toutes ses journées à fourrer la tête dans les poubelles pour chercher quelques objets disparates qu’elle  vend à vil prix aux brocanteurs de la place publique.                     Quel genre de personne veux-tu que je sois si ce n’est pas un individu acariâtre et plein de rancune qui se révolte uniquement que pour agresser les autres et inoculer son venin dans leur veines ? J’avoue que je ne suis qu’un délinquant qui ne mérite ni la pitié ni l’empathie de qui que ce soit. Je ne suis qu’un dévoyé qui s’est engagé dans une  fausse piste et qui n’a pas su en bifurquer vers une autre pour se méprendre de son aberration et sa perversion.                                                                 PREMIERE PARTIE                                                                                  I                                 Les personnages de cette histoire habitaient à la même ville, dans des quartiers populaires du même voisinage où l’on se permettait de vendre et s’acheter clandestinement des stupéfiants, des cigarettes de contrebande genre tabac jaune, des boissons alcoolisées pour trinquer à l’occasion d’un anniversaire quelconque ou la veille de l’arrivée nouvel an, des pneus tubeless usagés ou réchappés à prix discount pour équiper sa voiture de première main, nouvellement acquise ou dépassant l’étape butoir  de son obsolescence ou sa charrette de vieux et miséreux cocher, qui passait toute sa journée à s’activer d’arrache-pied dans le transport de marchandises et de personnel trop lésé pour se payer le luxe de héler un taxi ou prendre à tout le moins le bus, tirée par deux chevaux chétifs et mal nourris faute de foin, devenu cher et trop insuffisant pour les empiffrer.                      En raison de la pauvreté, du chômage non intégralement résorbé en dépit des efforts consentis au niveau des instances concernées, de la promiscuité qui règne en maître, la mendicité battait son plein et elle n’est plus l’affaire des gens nécessiteux et invalides, que la confusion s’installe et les rôles s’intervertissent, des individus en gilets sans couleur qui se passaient pour des gardiens de voitures garées pour une minute ou encore plus grouillaient ça et là et dérangeaient un chauffard ou un conducteur confirmé qui voulait stationner son véhicule sans l’aide d’un pseudo gardien qui le guidait si mal qu’il manquait de rater de justesse d’heurter un piéton ou autres, la recrudescence des cas de vol avec effraction, pratiqué subrepticement ou à la tire,  par des teenagers et des chômeurs  de luxe pour s’emparer d’une somme d’argent liquide, d’un mobile, d’un collier d’or vrai ou de pacotille ou que sait-on, est devenue un sujet si inquiétant qu’on prenait ses dispositions à l’encontre de ces actes répréhensibles.                                                                                         Malgré l’existence de ses pratiques malsaines, les habitants de cette ville et en l’occurrence ceux de ce quartier vaquaient librement à leurs occupations et continuaient leur bonhomme de chemin en se gardant du mieux qu’ils pussent faire à vivre et se cohabiter dans la sérénité, la tranquillité, l’empathie, la bienveillance et la solidarité inconditionnelle.                                                                                  II                                                        Non loin de ces quartiers, vivait Driss, un homme bancal et sensiblement replet qui, pour se dégourdir les jambes, préférait souvent marcher plutôt que d’emprunter un petit taxi. Il se servait, depuis son rétablissement d’un accident de la circulation qu’il avait eu au moment de son retour à la maison, d’une paire de  béquilles d’aisselles dont le dessus et l’appuie-main étaient quelque peu coussinés et se déplaçait lentement et par petits bonds d’à peu près cent mètres chacun et au bout duquel il s’arrêtait pour pouvoir reprendre son souffle et rassembler ses forces avant de continuer.                        Il frisait la soixantaine, grand comme une girafe, d’une attitude vicieuse, visage imberbe, arrondi et marqué par la présence de quelques rides superflus, le teint brun, avare et curieux, intelligent et malicieux, mais qui ne savait qu’à peine effectuer des opérations de calcul d’arithmétique élémentaire, déchiffrer les vocables d’une phrase écrite en sa langue maternelle ou griffonner un nombre de plusieurs chiffres, la physionomie plus ou moins souriante et pouvait pour autant prêter aussi bien à la méfiance qu’à la suspicion, la tête ronde, les cheveux gris court, le front aplati, les yeux cernés, le nez en bec d’aigle, la bouche charnue, les joues joufflues et le menton pointu.                       Il était  chaussé d’un mocassin en cuir noir avec lacets et vêtu d’une chemise bariolée, manches longues et à col ouvert, pantalon ample beige, la taille serrée par un ceinturon de cuir marron, veste en laine grise, dont il ne cessait de louer le style en réitérant  à qui veut l’entendre qu’elle est confortable et de qualité incomparable, munie de cinq boutons rouges et de deux poches  contenant en permanence et entre autres sa tabatière et son mouchoir à carreaux bleus en tissu,  utilisé spécifiquement pour l’écoulement nasal résultant de la prise exagérée de doses de tabac, consécutives et à intervalles irréguliers, fortes et bien corsées, qui requièrent un nettoyage fréquent et bien appliqué des parties internes de ses narines qui prenaient avec le temps des couleurs apparemment vermeilles.                       Cet homme, qui respirait combien même la joie de vivre en fonction de ses sautes d’humeur, était bigame et habitait dans un coin moins peuplé, à proximité d’un quartier populaire, où il  logeait dans une grande maison, héritée de son père qui exerçait dans le commerce, bâtie sur une superficie de quatre cents mètres carrés, entourée d’un mur de trois mètres de hauteur construit en briques et bien cimenté, muni d’une porte d’entrée marron, de trois mètres de largeur, surmonté d’une sorte de portique, située sur l’une des quatre façades et faisant face à l’azimut  nord,  bordé de l’intérieur en guise de décor naturel d’un nombre restreint d’arbres de grenadier, d’olivier, de néflier et de figuier.                       Sur une surface gazonnée de dimension très réduite et en direction de la grande porte d’entrée était dressée une niche de bois style chalet abritant un chien berger allemand de stature impressionnante, au pelage plus ou moins dense, robe noire-marron-fauve et à la  truffe un peu foncée, attaché par le  bout de sa laisse à un piton soigneusement enfoncé en plein sol. Juste sur le côté droit se trouvait un garage où l’on garait une voiture de luxe rouge métallisée type féminin qu’on pourrait dire citadine et agréable à conduire  puisqu’elle  alliait confort et esthétique, qui appartenait à forte raison à sa deuxième femme.                        Elle se composait du rez-de-chaussée et deux étages, peints de couleur beige, où il régnait en maître et vivait aux côtés de ses deux épouses: Meriem qui,  par tradition occupait la place de la première femme, était âgée de la cinquantaine, analphabète et illettrée, mère de cinq filles toutes scolarisées, elle était mate de peau et avait la taille normale, ni mince ni grosse, le visage ovale, la tête carrée, couverte d’un foulard traditionnel bariolé, noué par accoutumance sur les cheveux lisses et mi-longs, le front étroit, les yeux glauques et torves, le nez sensiblement retroussé, la bouche mince et minutieusement décorée d’un double trait de tatouage, indélébile et vertical, dessiné en dessous de la lèvre inférieure et s’étendant jusqu’à la pointe du menton, les joues peu pommettes et saillantes, modestement vêtue d’une robe de maison manches longues de couleur bleu marine et blanc tacheté, elle se consacrait principalement à l’exécution quotidienne de la majeure partie des tâches ménagères et en particulier de la préparation des repas, du thé à la menthe, outre les achats de consommation et la surveillance rigoureuse et continue de toute la maisonnée.                       La deuxième épouse s’appelait Najat, elle était infirmière et exerçait dans un hôpital ; elle débordait de charme et de beauté, âgée de la quarantaine, elle avait la taille mannequin, le visage lisse et ovale, le teint injecté de sang,  la physionomie gaie et souriante, les cheveux châtain clair et parfois couleur noisette, le nez droit, les mains douces et fines, la démarche élégante, elle voulait toujours s’habiller comme une princesse et être tendre comme la rosée.                        Elle est était méticuleuse quant au choix de ses vêtements et tous les magasins de prêt-à porter qu’elle fréquentait  connaissaient ses goûts et préférences et lui proposaient  de meilleurs produits, mais à des prix faramineux qui dépassaient de trop ses émoluments mensuels et que seul l’argent que son mari prodiguait sans compter à ses soins de beauté pût couvrir.                       Cette femme, qui se taillait la part de lion et se permettait le luxe de s’acheter les meilleurs costumes, chaussures et produits cosmétiques les plus chers et de haute qualité, occupait une place prépondérante dans le foyer conjugal de Driss qui, malgré sa force de caractère et son autoritarisme phallocrate, cédait au moindre geste de Najat qui en plus des atouts de sa beauté, allait lui  donner un fils qui portait son nom et lui  restitua sa fierté et sa masculinité d’homme aux yeux de ses amis et voisins qui le regardaient d’un œil indifférent.                       Meriem était une épouse battante, loyale et inconditionnellement respectueuse. Elle n’a jamais fait l’objet de la moindre remarque concernant son comportement et sa conduite vis-à-vis du voisinage et en particulier de toute la maisonnée. Il veillait sans discontinuer à entretenir des rapports de cohabitation pour que cette famille demeurait soudée et bien solidaire.                       Quand elle était encore sa femme unique et mère de ses cinq filles, Meriem s’est aperçu au fil du temps que Driss avait changé, dans le mauvais sens, de comportement et d’attitude quand il commençait à se transformer, sous l’influence des idées noires qu’il se faisait au jour le jour au sujet de sa malchance de ne pas avoir un fils parmi ses cinq filles, en une personne mélancolique, grincheux et irascible.                                                                                 III                                                         Un jour quand ils se trouvaient tous les deux, face à face, attablés au café, elle voyait que c’était l’occasion  d’évoquer l’éventualité d’un deuxième mariage pour lui offrir l’opportunité d’avoir un fils et il lui lança  de but en blanc :                — Je te trouve un peu triste et morose ces derniers temps, veux-tu me dire de quoi est-il question derrière cette mine renfrognée ? Je ne sais pas exactement ce qui te tourneboule pour pouvoir te chercher un antidote ou un palliatif efficace à ce malheur lancinant qui t’affecte. Regarde-toi un peu dans le miroir pour voir combien tu es devenu blême et morose !              — Tu me surprends, Meriem, dit-il, en soupirant. Je ne savais pas que tu t’intéresses à mes sensations même si elles sont inexprimées et latentes au point de vouloir curieusement savoir tout ce qui se passe dans mon for intérieur. Je dois m’estimer heureux d’apprendre à l’heure qu’il est que tu m’accordes plus que jamais beaucoup d’intérêt. Mais ce que tu essayes d’insinuer, je le comprends avant même que tu le dises expressément. Je ne suis pas né de la dernière pluie pour ignorer où tu voulais en venir.              — Chacun de nous deux pourrait avoir des problèmes multiples mais à des degrés de gravité différents, lui expliqua-t-il,  et quand on se focalise à leur trouver simultanément une solution, on se perd comme celui qui court plusieurs lièvres et n’en attrape aucune, et notre pouvoir de concentration se disperse et on finit par céder en sombrant dans la mauvaise attitude de les rabâcher tout en demeurant passif.             —  Tu me parais étrange, répondit-elle. Ta façon de discuter ne m’est pas habituelle. Tu parles comme un guérisseur qui met la main sur le point exact de la douleur mais faute de moyens, il ne sait pas comment s’y prendre pour y remédier.              — Toi, aussi, Meriem, tu me surprends avec tes tournures de phrases qui ne peuvent provenir que d’une femme analphabète et illettrée mais douée d’un esprit lucide qui sait faire la différence exacte entre l’ivraie et le grain. Je salue ton raisonnement et ta logique. Mais dis-moi, pour changer de sujet, qu’est ce que tu prends ?           — Je prends un jus d’orange sans sucre, répondit-elle en souriant.  Et toi, mon mari bien aimé ?           —  Devine-le, ma chère femme, dit-t-il un peu décontracté, si tu aimes jouer aux devinettes, ça me fera plaisir de tester tes capacités de femme intelligente et futée.             — A mon avis, ça ne mérite même pas la peine de deviner tes préférences, lui dit-elle, puisque je les connais sur les bouts des doigts et je n’ai pas besoin d’être testée pour répondre à une question habituelle dont je suis sûre de la réponse. Je n’hésite pas de dire que tu veux prendre un verre de thé à la menthe avec une ou deux crêpes enduites  de beurre fondue.            — Tu sais toujours ce qui m’enchante ! lui dit-il, l’air gai et souriant. Garçon ! Viens par-là ! J’ai besoin d’un jus d’orange pour ma femme et un grand verre de thé à la menthe avec deux crêpes bien enduites de beurre fondue pour moi bien sûr.                   Le garçon, bien habitué et familier à Driss, s’exécuta sur le champ et revint avec le plateau de la commande qu’il apporta fièrement  au propriétaire de café en disant respectueusement :           —  Voilà, votre commande, à votre santé, je suis ravi que vous soyez là !                Driss et sa femme, qui étaient bien servis savouraient leur boisson un peu silencieusement. Mais Meriem ne voulait pas gâcher ces instants de plaisir où elle a jugé que son mari était bel et bien dans son assiette pour écouter avec réceptivité toutes ses suggestions à propos d’un nouveau mariage. Elle lui demanda au risque d’être réfutée :              —  Que penses-tu d’un nouveau mariage ?              — Comment ? demanda-t-il. Tu parles de mariage ? Tu divagues ou quoi ? Tu veux parler de qui ?             — De toi ! Et de personne d’autre, répond-elle. Ta vie m’importe beaucoup et je veillerai à ce que tu reprennes ton humeur d’homme agréable, doux et affable.             — Tu me parles sur le ton d’une voyante qui commence toujours par débiter que des flots de généralités intrinsèquement creuses et superficielles pour détourner l’attention de sa victime, remarqua-t-il. Veux-tu me dire en clair ce que tu entends dire par nouveau mariage !             — Ne t’inquiète pas mon cher mari, le rassura-t-elle. Tu vas me donner raison si tu écoutes mes suggestions. Elles ne seront que bénéfiques et utiles pour toi, en premier lieu, qui cherche à dépasser le complexe d’enfanter que des filles.             — Tu veux dire expressément que je suis complexé ? répliqua-t-il, l’air agacé. Comment oses-tu dire des choses pareilles sans que tu n’entres  dans mes tréfonds ? On peut dire à mon sens que la nature est mère de tous les phénomènes et avoir enfanté que des filles n’est absolument pas une fatalité en soi.            — Si je comprends bien, rétorqua-t-elle, tu veux m’expliquer que ni l’homme ni la femme ne sont responsables depuis  la conception jusqu’à  la naissance d’un nouveau-né, fille ou garçon. Sur ce point je ne saurai me prononcer sur ces lieux communs et personne n’a le droit de diaboliser ou condamner le père biologique ou la mère génitrice.            — Revenons à nos moutons de peur de ne pas être entraînés dans des considérations qui ressortent de l’ordre du divin et de la nature et dis-moi au juste tes dernières volontés si jamais tu meurs, lui demanda-t-il, en plaisantant.           — Je veux que tu te maries, lui imposa-elle, c’est clair ? Voilà ce à quoi je m’attache sans admettre le moindre argument de tes excuses infondées  pour esquiver ma proposition.             — Si tu désires de bon gré que je me marie, je ne dirai pas non à ta proposition. Mais j’aimerais savoir qui est cette chanceuse qui acceptera de se marier avec un homme bancal, rétorqua-t-il, l’air distrait et l’imagination en pleine fonction.            —  C’est à toi seul  de voir laquelle tu as dans la ligne de mire, dit-elle. Moi, mon rôle, c’est de t’accompagner pour aller voir ses parents et leur demander sa main. Pour ce qui est des critères de tes choix, le dernier mot revient toujours à toi et je ne peux que saluer ta décision finale.            — S’il est tenu à moi comme tu dis, à mon âge je préfère en connaissance de cause une femme  mûre plutôt qu’une fille vierge et frivole et mon choix revient à cette infirmière qui avait pris soin de moi inconditionnellement lorsque j’étais hospitalisé à l’hôpital du quartier à la suite de mon dernier accident.             —  Comment s’appelle-t-elle ? Décris la-moi si tu te rappelles bien de sa silhouette.            — Elle s’appelle Najat, c’est une infirmière diplômée d’état. Elle est divorcée d’avec le surveillant de l’hôpital. Elle n’a pas d’enfant. Elle est très élégante et déborde de beauté et de charme. Elle m’a été très utile pendant tout le temps que j’ai passé là-bas. Tu l’as reconnue, je suppose ?            — Ne suppose rien ! répliqua-t-elle. Si tu connais l’adresse où elle habite, nous pourrons nous y rendre au moment opportun. « Il faut frapper le fer quand il est chaud. », dit le proverbe.          — Une idée me vienne à la tête ! dit-il. Tu connais ma nièce, Jamila ? Elle travaille comme secrétaire médicale à cet hôpital et elle peut nous renseigner sur les coordonnées de Najat. Qu’en penses-tu ?            — je n’ai aucune objection si tu vois qu’elle peut nous aider à trouver l’adresse de son domicile personnel ou de préférence celui de ses parents, rétorqua-t-elle.           — Attends ! Je vais appeler tout de suite ma nièce sur son portable, j’ai son numéro de téléphone dans le répertoire.                  Après avoir composé les chiffres, le téléphone sonne, une voix de fille de l’autre bout répond :            —  Allô, oui, j’écoute, c’est qui ?            —  Allô, c’est moi Jamila, ton oncle Driss. Tu vas bien ?             —  Très bien, merci et vous oncle ?              — Tout va bien ma chère, répondit-il.               — En quoi puis-je vous être utile ? Dites-moi, oncle vous appelez d’où ?             — Je suis au café, ma chère et je voudrais te demander un service si ça ne te dérange pas.            — Absolument pas oncle, je suis entièrement à votre service. Dites-moi de quoi s’agit-il ?           — Je veux que tu me donnes les coordonnées de l’infirmière Najat. Elle travaille toujours avec vous, je suppose !          —  Ok ! Pas de problème, comptez sur moi, attends-moi au café, je vous rejoindrai dans dix minutes.         —  D’accord ma chère ! Nous sommes toujours là !                                                                               IV                   Jamila était la fille unique de Bouchra, la sœur cadette de Driss. C’était une fille mignonne, vigilante et toujours sur ses gardes. Sa curiosité de dénicher l’information était son fort. Elle connaît par cœur les tenants et les aboutissants de n’importe quelle affaire ou truc qui se tramait à l’intérieur de cet Hôpital.                Son travail de secrétaire médicale lui permettait d’établir toutes sortes de contact et d’asseoir ses relations de camaraderie avec le personnel exerçant à ses côtés. Profitant de l’utilité de ses accointances dans ce service médical, elle cumulait une infinité de renseignements sur ce qui touche de près ou de loin au déroulement de la situation de ses collègues.                Elle aimait beaucoup son oncle et le considérait comme étant son meilleur père qui avait veillé sur elle  depuis son jeune âge et quand elle avait perdu son père tué à coups d’arme blanche par un criminel que tout le monde qualifiait de psychopathe.                Driss s’occupait d’elle en prenant en charge son éducation et payait jusqu’au dernier sou ses frais de scolarité tout au long de son cursus scolaire.              Jamila n’a jamais déçu son oncle quant aux résultats obtenus. Elle était toujours une fille brillante et studieuse par rapport au reste de ses camarades de classe. Grâce à ses efforts et son assiduité, elle a pu décrocher son baccalauréat à la première session. Pour soulager les dépenses que son oncle prodiguait sur elle, Jamila a décidé d’arrêter ses études pour chercher un travail dans le secteur médical.              Elle était mariée à un collègue qui travaillait dans un centre hospitalier avec qui elle avait une fille que tous les deux considéraient comme la pupille de leurs yeux. Son mariage allait de mieux en mieux et son oncle Driss était toujours content de sa lucidité, son intelligence, sa répartie, sa  réussite et en somme de sa conduite irréprochable. Elle incarnait toujours pour lui l’exemple vivant d’une personne unique de son genre.                    Driss qui attendait avec impatience l’arrivée de sa nièce regardait de temps en temps l’heure et dit à sa femme :             —  Je vois que ces dix minutes se sont écoulées et Jamila n’est pas encore arrivée. Peut-être est-elle retenue par le service ou elle n’a pas pu obtenir l’autorisation de s’absenter de son poste.            —  Elle n’est pas libre d’en faire à sa tête, répondit sa femme. Un fonctionnaire doit se plier aux ordres de ses supérieurs sinon, il fera un mauvais cadre et il stagnera dans le même grade.           —  A t’entendre parler de la sorte, je ne peux m’empêcher de te dire  franchement que tu es un autre type de sage qui ne fait que condamner toute  objection de conscience. Je t’ai déjà dit que tu me surprends, ma chère…                 Et Jamila qui apparait tout essoufflée lui coupa la parole en disant :            — Excusez ce retard, c’est plus fort que moi. Pendant les heures de pointe la circulation devient de plus en plus difficile. J’ai été coincée dans un embouteillage juste à la sortie de l’hôpital comme  il m’arrive souvent de tomber dans ce piège. Le nombre de véhicules augmente plus que de raison et les voies sont un peu étriquées et cela est dû au  développement du progrès technique qui s’étend à pas de géant et à la production en série et pour juguler ce phénomène ou atténuer à tout le moins ses risques, il faut décongestionner en conséquence les villes en élargissant les artères et les rues.                —   Installe-toi ma chère ! lui demanda son oncle. J’ai besoin de te parler d’un sujet un peu spécial et je n’avais eu l’habitude de te mêler dans mes histoires de vie privée. Mais puisque, c’est toi seule qui peux m’éclairer, je te demande de me dire la vérité.              —  De quelle vérité parlez-vous oncle ? Voudriez-vous aller tout droit au but ?            —  D’abord qu’est-ce que tu veux prendre pour que tu sois bien rafraîchie et relaxée ? lui demanda-t-il, l’air souriant et doux.               —   Je prends un cocktail au jus d’orange et rien d’autres.                     Le garçon qui a reçu la commande s’exécuta et la discussion continue entre Driss et sa nièce qui a reposé la question autrement pour savoir ce qui se passe dans sa tête.            —  Dites-moi oncle ! Pourquoi voulez- parler avec moi tous les deux ici même au café ? Vous me cachez peut-être un truc que j’ignore ?             —  N’aie pas peur ma jolie, la rassura Meriem, il n’y a rien de mal. Seulement que votre oncle projette un deuxième mariage et il avait déjà une personne en vue et souhaite demander ton avis sur elle parce que c’est une collègue qui travaille avec toi.             — Vous voulez devenir bigame, mon oncle ? Y’a-t-il nécessité impérieuse pour vous vous mariez avec une deuxième femme ?           —  Oui, répondit Meriem, à la place de son mari. Il y’en a une et une seule. Tu peux déduire laquelle sans que je te l’explique sciemment.          — Je comprends tante l’objet du message que tu veux me transmettre. Je suis maintenant toute ouïe pour répondre à toutes vos questions, avant de passer prendre mon mari et ma fillette pour le déjeuner.           — Dis-moi, demanda Driss, quel est ton opinion sur l’infirmière Najat ? De quel genre de personne elle est ? Parle-moi franchement et sans détour. Le mariage n’est pas une question de vie ou de mort, c’est quelque chose de bien plus important que cela.             — Mon opinion, à vrai dire, c’est qu’elle est une femme hautaine et arrogante, mais qui met toujours en avant sa courtoisie, son ouverture d’esprit et sa volonté de servir l’autre. En plus de ces qualités, elle est sophistiquée, belle et élégante et quand elle veut obtenir quelque chose rien ne l’arrête. C’est une fonceuse. Mais devenir ta deuxième épouse si c’est elle que tu choisisses, je ne peux rien te garantir et je reste sans parti pris dans ce projet. C’est tante Meriem qui en doit être concernée parce que c’est elle qui est la première femme par tradition.            —  Je te remercie ma chère, tu peux repartir, je crois qu’il est aussi temps pour  nous de rentrer à la maison. Mais attends, on a failli oublier l’essentiel. Donne-moi les coordonnées de Najat.          — Je les ai pas sur moi, je te les enverrai par message, sois tranquille. Maintenant, Je m’en vais, à la prochaine ! Dîtes le bonjour aux filles.                  —  A bientôt Jamila ! lui lança Meriem. Dis le bonjour à ton mari et embrasse moi ta petite fillette. Et surtout ne dis rien à personne à propos de notre sujet de discussion.                                                                               V                                                             Driss et sa femme rentrèrent à la maison à bord d’un petit taxi. Ils se  mirent d’accord de ne rien souffler aux filles concernant ce projet de mariage. Dès leur arrivée un bip retentit sur le téléphone portable signalant la réception d’un message en provenance de Jamila. Driss en prit connaissance et dit à sa femme :             —  Ce message provient de Jamila, elle nous a envoyé toutes les coordonnées de Najat, ma future épouse. Elle n’habite pas loin d’ici et elle vit maintenant avec ses parents.            —  Nous devrons prendre nos dispositions pour aller voir ses parents, proposa-t-elle, mais je dois d’abord me rendre à l’hôpital pour lui en toucher un mot. Jamila peut m’être utile pour pouvoir prendre attache avec elle. Je crois que je vais entreprendre cette visite illico.           — Cette une bonne idée Meriem, lança-t-il, joyeusement. Va tout de suite ! Que Dieu te bénisse pour tes bons offices. J’en suis fier et super content parce que tu es une femme chouette et jamais envieuse et c’est ce qui fait ta force de caractère et renforce ton degré de crédibilité et de bienveillance A la sortie de chez elle Meriem héla un petit taxi conduit par un jeune homme de son voisinage qui lui demanda :               — Salut tante Meriem, lança-t-il avec un sourire aimable et doux. Tu veux aller où ?              — Tu prends, s’il te plaît la direction de l’hôpital, annonça-t-elle, l’air sérieux. Je voudrais voir une amie à moi, c’est une vieille connaissance, pour la féliciter du retour sain et sauf de son mari d’un long voyage à l’étranger. Tu m’amènes juste à côté de l’hôpital, c’est là bas qu’elle habite            —  Ok ! Je comprends, dit-il. Comment va Si Driss ? Cela fait longtemps  que je ne me 

editor-pick
Dreame-Choix de l'éditeur

bc

Dangereuse addiction

read
26.2K
bc

Prisonnière de trois amours

read
1K
bc

Obsession brûlante

read
12.8K
bc

SOUMISE AU PDG DOMINANT

read
4.7K
bc

La Compagne Interdite de L'Alpha

read
4.4K
bc

Refusée comme Gamma, je suis devenue l’Alpha la Plus Puissante

read
1K
bc

Un Amour Impur : Mon beau père me baisse

read
6.4K

Scanner pour télécharger l’application

download_iosApp Store
google icon
Google Play
Facebook