V

98 Mots

V PRÈS DU PONT. Assez, poète, assez de tragiques rebuts ! Et toi, musicien, assez de doubles croches ! Statuaire, respecte enfin le marbre brut ! Peintre, fais enfin trêve ! En paix laissez les cloches. Puisque l’Art indigné dut souffrir vos bamboches, Puisque à tous vos méfaits la critique se tut, Puisque vous voilà ronds, membres de l’Institut, Le laurier au collet et de l’or plein vos poches, Taisez-vous maintenant, dormez ! C’est bien le moins Que vous alliez mourir sans bruit et sans témoins, Et sans accabler l’Art de nouvelles offenses. Ô traîtres ! convaincus de lèse-majesté, Vous auriez, s’il était d’équitables vengeances, Un carcan immortel aux pieds de la Beauté.

Lecture gratuite pour les nouveaux utilisateurs
Scanner pour télécharger l’application
Facebookexpand_more
  • author-avatar
    Écrivain
  • chap_listCatalogue
  • likeAJOUTER