Lorsqu’il m’a rendu mes écrits, j’ai senti émaner de lui un sentiment que je n’aimais pas. La pitié n’est pas toujours bonne, du moins je ne voulais pas que transpire cette chose... « J’ai beaucoup de regrets, Élisabeth », ont été ses seuls mots et son unique commentaire. Oui, mais quelle sorte de regret ? Celui de m’avoir envoyée chez les Indiens, celui de m’avoir ordonné de revenir, ou le fait des Blancs trucidant les Indiens ? Je ne sais. Je n’ose lui demander. Nos conversations sont, et seront sûrement toujours comme la sécheresse d’un désert. La seule chose qui découle de mon initiative, c’est qu’il a arrêté de me poser des questions. Il m’a aussi proposé de l’accompagner dans ses déplacements à travers la prairie. Proposition dont j’ai tout de suite été très enthousiaste. Éléonore


