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La Locomotive ivre

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Réunies dans le recueil La Locomotive ivre, ces nouvelles de Mikhaïl Boulgakov, chroniques de la Russie des années vingt, à l’ironie mordante, forment une peinture incisive de la société soviétique et nous plongent à travers ces textes, pour beaucoup inédits, dans l’ambiance de la Russie du communisme de guerre et celle de la NEP (Nouvelle Économie politique). Des récits lucides et sensibles, journal d’un monde qui bascule… des récits à la frontière de la réalité où se mêlent émotion, dérision et humour…

EXTRAIT DE TROIS KOPECKS

L’aiguilleur en chef de la gare d’Orékhovo s’est présenté pour recevoir son salaire.

Le comptable a fait claquer son boulier avec ses doigts et lui a dit la chose suivante :

– Comme salaire, on vous doit 25 roubles et 80 kopecks (clic !). Votre crédit à la TPO se monte à 12 roubles 50 kopecks (clic !). Plus 65 kopecks pour le Goudok (clic !). Le prêt de l’organisation de couture de Moscou s’élève à 12 roubles 50 kopecks (clic !). 2 kopecks pour l’école. Le total à vous régler est donc de… (clic ! clic !)

T-r-o-i-s—k-o-p-e-c-k-s.

L-e-s—v-o-i-c-i.

CE QU'EN PENSE LA CRITIQUE

Une lecture très agréable, qui nous plonge dans l'URSS de la grande époque. On ne sait jamais trop si on doit rire ou pleurer, car on sent que le réel n'est jamais loin de la farce. - Blog Chez Mark et Marcel

Un ensemble révélateur d'une symbiose heureuse entre la vie d'un écrivain et la réalité de son temps. - Gustave, Babelio

À PROPOS DE L'AUTEUR

C’est à Kiev que Mikhaïl Boulgakov est né en 1891 et a grandi. Il entre à la faculté de médecine en 1909 et se marie. Abandonnant la médecine en 1920, il se consacre à la littérature. Auteur de comédies, de romans et de nombreuses nouvelles, ennemi de la bureaucratie et des compromis, cet artiste, incompris et écrasé par le pouvoir soviétique, dut se contenter d’emplois subalternes. Mikhaïl Boulgakov est mort en 1940 à Moscou.

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AUTOBIOGRAPHIES[1]
AUTOBIOGRAPHIES[1] Version de 1924Je suis né en 1891, dans la ville de Kiev. J’y ai fait mes études universitaires et obtenu, en 1916, le diplôme de docteur à la faculté de médecine avec la mention excellent. Le destin a voulu que je n’aie pas le loisir de profiter longtemps ni de ce titre, ni de la mention excellent. Une nuit de l’année 1919, au plus profond de l’automne, dans un train chaotique, à la lumière d’une petite bougie enfoncée dans le goulot d’une bouteille de pétrole, j’ai rédigé mon premier petit récit. Dans la ville où le train m’avait entraîné, je l’ai porté à la rédaction d’un journal… Il y fut publié. Ensuite, ils publièrent plusieurs articles satiriques. Début 1920, j’ai abandonné mon titre médical avec mention excellent pour écrire. J’habitais une lointaine province où je mis en scène trois pièces au théâtre local. Par la suite, à Moscou, en 1923, en les relisant, je me suis empressé de les détruire. J’espère que plus aucun exemplaire ne traîne quelque part. Fin 1921, désargenté et les mains vides, je suis arrivé à Moscou afin de m’y fixer pour toujours. Là, j’ai longtemps souffert ; pour subvenir à mon existence, j’ai travaillé comme reporter et auteur satirique pour des quotidiens, et fini par haïr ces deux titres sans mention d’excellence. Du coup, je me suis mis à haïr les rédacteurs, que je hais encore aujourd’hui et que je haïrai jusqu’à la fin de mes jours. Pendant deux ans, j’ai écrit des articles satiriques et humoristiques pour le quotidien berlinois La Veille. J’ai rédigé mon livre Notes sur des manchettes, non pas à la lueur d’une petite bougie mais d’une terne ampoule électrique. L’éditeur berlinois La Veille me l’a acheté avec promesse de le publier en mai 1923. Mais il ne l’a jamais fait. Au début, cela m’a fortement affecté, par la suite, je suis devenu indifférent. J’ai fait paraître une série de récits dans des revues de Moscou et de Leningrad. Pendant un an, j’ai écrit mon roman La Garde blanche : je le préfère à l’ensemble de mes autres écrits. Moscou, octobre 1924. Version de 1937Fils de professeur de l’Académie théologique de Kiev, je suis né dans cette ville le 3 mai 1891. En 1909, j’ai terminé mes études au lycée n° 1 de Kiev et, en 1916, la faculté de médecine de l’université de Kiev. Dans les années 1916-1917, j’ai exercé en qualité de médecin dans le zemstvo[2] de la province de Smolensk. Dans les années 1918-1919, j’ai vécu à Kiev où j’ai commencé à m’adonner à la littérature tout en ayant une clientèle médicale privée. En 1919, j’ai définitivement abandonné la médecine. En 1920, j’ai habité à Vladikavkaz où j’ai travaillé à la sous-section des Arts en écrivant mes premières pièces pour le théâtre local. En 1921, je me suis définitivement installé à Moscou. Dans les années 1921-1924, à Moscou, j’ai travaillé pour la direction de l’Instruction politique et littéraire, comme chroniqueur dans différents journaux, et, plus tard, tout en rédigeant des articles satiriques (pour le quotidien Goudok et d’autres), j’ai commencé à faire paraître mes premiers petits récits dans des quotidiens… En 1925, mon roman La Garde blanche fut publié (dans le journal Rossiïa) ainsi qu’un recueil de récits intitulé Diablerie[3] (aux éditions Nedra[4])… En 1926, le théâtre moscovite Khoudojestvennyï[5] monta ma pièce Les Jours des Tourbiny ; la même année, à Moscou, le théâtre Vakhtangov mit en scène ma pièce intitulée L’appartement de Zoïka. En 1928, c’est ma pièce L’Île pourpre, qui fut montée au théâtre de Chambre de Moscou. En 1930, j’ai été engagé au théâtre Khoudojestvennyï en qualité d’assistant-metteur en scène. En 1932, ce théâtre monta ma pièce d’après Les Âmes mortes de Gogol avec ma participation en tant qu’assistant-metteur en scène. Au cours des années 1932-1936, j’ai poursuivi ce travail d’assistant-metteur en scène au MKhaT[6], tout en exerçant, un certain temps, le métier de comédien. (Par exemple, j’ai interprété le rôle du président de la Cour dans le spectacle Le club Pickwick d’après Ch. Dickens.) En 1936, le MKhaT mit en scène ma pièce Molière avec ma participation comme assistant-metteur en scène. La même année, le théâtre moscovite La Satire monta ma pièce Ivan Vassiliévitch, interdite après la générale. En 1936, après que ma pièce Molière a été retirée du répertoire, j’ai démissionné du MKhaT pour me faire engager au Bolchoï, théâtre académique d’État de l’URSS de Moscou en qualité de librettiste et de consultant, fonctions que je continue d’exercer à ce jour. Cette même année, j’ai écrit le livret de l’opéra Minine et Pojarski pour le Bolchoï, théâtre académique d’État, actuellement en répétition avec ma participation. En 1937, j’ai écrit pour le Bolchoï le livret d’opéra La Mer Noire. Hormis celles déjà citées, je suis également l’auteur des pièces théâtrales La course, Alexandre Pouchkine et quelques autres. Mes oeuvres sont traduites en langues allemande, anglaise, française, italienne, suédoise et tchèque. Moscou, le 20 mars 1937[7].

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