‹‹ Que celui qui n'a pas traversé ne se moque pas de celui qui s'est noyé ››.
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~~~Ramatoulaye Diallo
Franchement, ça ne me déplaît pas de parler avec lui, il est vraiment drôle. Je ne sais pas s'il le fait exprès d'être gentil et drôle comme ça, mais bon, ça lui va bien, quand même. Je souriais même à ses blagues pourries, chose que je n'ai jamais voulu faire. On discutait avec beaucoup d'enthousiasme quand Isseu a voulu me dire quelque chose, mais elle se fait interrompre par Talla Bouki.
Isseu : Rama, lui c'est le...
Talla : Puis-je vous parler un moment ?
Elle haussa les épaules avant de se lever et de le suivre. Dès qu'ils sont partis, c'est au tour de l'ami de Talla de me faire rire. En tout cas, cette nuit est loin d'être finie.
~~~Mouhamadou Talla Sylla
Je demande à Mademoiselle Niass de me suivre parce que je voulais lui parler en tête-à-tête. Nous nous asseyons sur les chaises hautes du bar.
Moi : Ton amie, elle est compliquée, dé. Personne ne peut lui parler sans qu'elle sorte ses armes de combat, lui dis-je en souriant.
Isseu : Ah Rama, dé mi ngui nonou rék, mais je vois bien que vous vous connaissez aussi ? Me demande-t-elle.
Moi : Oui, mais c'est une longue histoire. En tout cas, elle est méfiante, dal.
Isseu : Pourtant, elle est comme ça juste envers les mecs, répondit-elle.
Moi : Envers les garçons ? Demandai-je en essayant d'avoir l'air surpris.
Isseu : Bah oui, elle a vécu quelque chose de terrible dans sa vie et depuis, elle porte un regard particulièrement sévère sur la gent masculine. Mais bon, pfff, c'est du passé maintenant. En parlant de ça, c'est d'elle dont je vous parlais, pour le poste de restauratrice...
La chance me sourit on dirait. Mais je voulais en savoir plus sur son vécu, c'est pourquoi je lui demande :
Moi : Est-ce que vous lui avez déjà parlé de moi ?
Elle me regarde en fronçant les sourcils, signe qu'elle ne comprend pas ma question. Je continue.
Moi : Je veux dire, est-ce que vous lui avez dit que c'est moi le grand patron de l'entreprise ?
Isseu : Ah, non, j'étais sur le point de lui dire là quand vous m'aviez interrompue.
Al-hamdoulilah ! C'était une opportunité de plus pour moi, car connaissant Ramatoulaye, elle n'acceptera jamais, même dans ses rêves, de travailler là où je suis le propriétaire.
Moi : Ne lui dites rien, s'il vous plaît.
Isseu : Mais pourquoi ? Demande-t-elle en croisant les bras sur sa poitrine.
Thieuy Yalla on dirait que sén caractère bi dou si Ramatoulaye kassé dé (Elles ont un sacré tempérament dis donc)
Moi: Elle va vous expliquer si vous lui demandez. Mais faites ça, s'il vous plaît.
Isseu: Hum, ok alors c'est d'accord.
Moi: Merci beaucoup. On retourne à nos places?
Isseu: Oui.
Nous retournons à nos places et je vois Khadim, l'amie de Ramatoulaye et cette dernière en train de discuter. La fille rit à gorge déployée tandis que Ramatoulaye esquisse seulement un sourire. Même avec ce sourire, j'ai un petit pincement au cœur.
Moi: Vous êtes heureux, dites donc? Dis-je, une pointe d'envie dans ma voix.
Khadim: Oh que oui.
Mes yeux s'assombrissent, mais il semble que Khadim n'en ait rien à faire, car il continue de sourire, ce c****n.
Moi: Boy kha sama place ngua togu dé (Kha tu t'es assis à ma place, hein?).
Khadim: Mais va t'asseoir à ma place. Ça ne change rien de toute façon.
Je ne bronche pas et vais m'asseoir à sa place. Je lui lance des regards féroces (mdr) pendant le reste de la soirée.
Xamatouma sakh li soirée di saff(Le reste de la soirée était fade pour moi)
~~~Omniscient
La soirée prit fin à 03h30 du matin. Les trois filles commençaient à bâiller sans arrêt. Ramatoulaye voulait rentrer dans la voiture de son amie Isseu, mais Talla s'est proposé de l'amener.
Ramatoulaye: Ce n'est pas la peine. Bamay nieuw andouma wone ak yaw, kone boumay gnibi dou yaw lay andal. (Ce n'est pas la peine. Je vais rentrer avec elle, tu n'as pas besoin de te déranger.)
Talla se sentit vexé, mais ne se laissa pas abattre. Pourtant, il n'était pas du genre à se rabaisser ou se faire manquer de respect, même s'il ne comprenait pas sa réaction. C'est Isseu qui décida d'intervenir.
Isseu: Diank wagnil ni ngua mél nak aahh guerre mondiale sakh ame na fin, yaw nak ngua diap ni do bayi rék. (Arrête ce que tu fais, même la guerre mondiale a pris fin, mais toi tu ne lâches jamais.)
Elle croisa les bras, essayant de ne pas céder. Khadim s'approcha d'elle et lui toucha le bras, mais Ramatoulaye eut un mouvement de recul comme si quelque chose le brûlait dans les mains de Khadim. Même Talla était étonné.
Khadim: Nangoul rék sama linguère bi, mi ngui goudi nak. (Accepte toi aussi ma linguère s'il te plaît, il fait nuit.)
Houraye: T'es trop orgueilleuse toi bilaye. (Tu es trop orgueilleuse, sérieusement.)
Puisqu'elle n'avait pas le choix et que les autres ne cessaient de parler, elle accepta à contre cœur, mais à une seule condition : que Houraye monte également dans la voiture. Ce qui arrangeait d'ailleurs Khadim, qui était aux anges, contrairement à Talla qui bouillonnait.
Pendant le trajet, Talla voulait parler mais ne savait pas par où commencer. Il lançait des regards à Khadim dans le rétroviseur comme pour lui dire de descendre. Ramatoulaye avait tourné la tête de l'autre côté, regardant le paysage défiler.
Quand elle arriva à destination, elle voulut descendre, mais Talla retint son poignet, provoquant de violents frissons dans les deux corps. Dès qu'elle se rendit compte de la situation, elle retira sa main avec violence.
Ramatoulaye: Ne me touche plus, dit-elle d'un ton ferme.
Talla: Calme-toi, je ne te veux aucun mal, je te le promets.
Ramatoulaye: Comme si j'allais te croire. Les promesses, c'est du vent.
Talla: Je veux juste gagner ta confiance, rien de plus.
Elle sourit avant de se retourner pour lui faire face.
Ramatoulaye: Je te souhaite alors bonne chance ! Sache qu'avec le temps, je me suis forgé une carapace et que même les beaux parleurs qui utilisent leur charme pour m'amadouer n'ont plus de prise sur moi.
C'était une attaque directe, mais elle se dit qu'il l'avait cherchée. Elle le regarda une dernière fois avant de sortir de la voiture. Juste avant qu'elle ne franchisse la porte de sa maison, elle entendit :
Talla : Alors, heureusement que je ne fais pas partie de cette catégorie, lui dit-il comme s'il ne se sentait pas concerné.
Sans se retourner, elle sourit et secoua la tête de gauche à droite avant de rentrer dans la maison.