— Par les cornes du diable, murmura Actéon, remettant tranquillement la lettre dans sa poche, si la comtesse lit cette lettre, et elle la lira, j’imagine, elle vouera au seigneur Raphaël une bien belle amitié. Actéon faisait cette réflexion mentale en continuant son chemin ; il était tellement préoccupé, qu’il bouscula un passant marchant en sens inverse, et le coudoya de la façon la plus injurieuse. — Corpo di Bacco ! jura le passant avec un accent italien bien prononcé. Encore un Italien, pensa le page. Il en pleut donc à Paris ? — Maladroit ! continua le passant. — Maladroit vous-même ! riposta Actéon. Après avoir échangé ces mots peu polis, le page et le passant s’arrêtèrent d’un commun accord, et se toisèrent du regard. Actéon, d’un seul coup d’œil, jugea son adversaire. C’étai


