Un après-midi tranquille. Afin de tromper mon désœuvrement, je me rendis au potager. Je pris les poignées de radis terreux que m’offrit Albert ; debout au bout des lignes de légumes, j’observai les garçons, les aisselles trempées, en train de bêcher et de sarcler. Fury me rejoignit un petit moment. Nous tombâmes d’accord pour trouver le sol parfait pour les brassicacées – choux, choux-fleurs – et je lui fus reconnaissante de se servir du lexique du jardinier. Mais le pasteur revint. C’était la fin de l’après-midi ; les ombres s’allongeaient. J’étais retournée à la cuisine où je lavais des feuilles à grande eau lorsque j’entendis frapper à la porte qui donnait sur la cour. Il était très essoufflé, comme s’il avait fait le chemin en courant. — D’abord, nous ne sommes pas tous pareils. Nou


