Le silence qui suivit ma prétendue reddition était une insulte. Alessandro ne me regardait même plus. Il s’était replongé dans ses écrans, la lumière bleue sculptant les angles de son visage avec une dureté inhumaine, transformant ses traits en une statue de marbre froid et inaccessible. J’ouvris le dossier de Julian Varga. Mes doigts, encore parcourus par les rémanences de l’électricité de tout à l’heure, agrippèrent le carton avec une force qui fit blanchir mes jointures. Chaque page était une gifle. Ce n’était pas de la logistique, c’était un manuel de démolition sociale. Julian Varga. Un nom qui revenait dans chaque transaction occulte, chaque montage financier conçu pour aspirer la substance de petites entreprises avant de les recracher exsangues. Blanchiment, détournements de fonds


