Il n’en a plus l’occasion. Il y a longtemps qu’elle ne relève plus ses remarques. Comment sans passer pour une folle, lui dire que les mots qu’il lui faut, des mots jamais interchangeables, lui échappent parfois lorsqu’elle les cherche, comme effrayés à l’idée d’être utilisés, couchés sur la feuille blanche, épinglés comme les papillons morts d’un entomologiste. Et qu’elle doit aller les débusquer. Sans en avoir l’air. C’est pourquoi dans ces moments-là, elle se cache derrière la flûte, comme pour leur faire croire qu’elle court non pas après eux mais après des notes, de petites notes innocentes et permettre ainsi à ceux qui sont partis faire l’école buissonnière, de revenir en elle, là où elle saura les retrouver. Une chose est sûre. Bernard-Hubert n’aime guère la flûte. Lorsqu’elle en


