Une seule chose est certaine. Il n’est plus sûr du tout que l’idée de ce petit déjeuner commun soit si bonne. Nathalie, une blondinette au nez impertinent a tout de suite dit oui. Samira, elle, a fixé sur lui ses yeux très noirs une seconde de plus que nécessaire avant d’accepter. Elle l’impressionne car elle incarne pour lui toute la détermination, la hargne même, des enfants d’immigrés de la deuxième génération, de ceux qui, en ayant marre d’être considérés comme des zonards, sont bien décidés à montrer aux Français d’ici ce qu’ils savent faire. Elle est douée. C’est à elle plutôt qu’à lui qu’Hélène demandait le plus souvent de préparer ses discours. François a continué. Bernard-Hubert en ressent un certain dépit. Bref, il est jaloux. Il n’en est que plus curieux de savoir ce qu’elle pe


