Amour inattendu. (2)

1657 Mots
Dans la cuisine, Tamy nous a préparé un petit-déjeuner rapide et une fois que je suis installée, elle s’affaire à m’attacher les cheveux. — Tamy, c’est gentil de ta part, c’est très joli, mais ce n’est pas comme ça que ça ne se verra pas ! Avec quelques mèches de devant, elle a formé un chignon à l’arrière de ma tête, de sorte à dégager mon visage, laissant le reste tomber dans mon dos, elle a aussi donné un peu de volume avec quelques boucles. — Je ne l’ai pas fait pour cacher tes cheveux, juste pour te faire plaisir, le temps que tu t’habitues à coiffer cette longueur, se renfrogne-t-elle. — Puisque vous avez l’air de ne pas vous affoler, je tenterai de faire de même, dis-je en essayant de me convaincre moi-même. Merci beaucoup Tamy. Elle se détend et me sourit. — De rien. Maintenant, filez avant d’être en retard et la prochaine fois, si vous n’êtes pas capables d’être raisonnable, c’est moi qui viens vous réveiller ! ! Sur le perron, je remarque que la voiture de Kelan n’est pas là. — Où est ta voiture ? — Chez moi. — Et comment as-tu fait pour revenir si vite hier soir ? — Eh bien parce qu’en réalité, j’habite la maison derrière la butte sur ta gauche. — Je vois, et quand comptais-tu me dire que tu es tout simplement mon voisin ? — Probablement, ce soir, quand je t’y aurais emmené, mais cela devait être une surprise. — Pardonne ma curiosité débordante s’il te plaît. J’espère qu’elle ne va pas tout gâcher. En réponse, j’ai eu droit à un b****r furtif. — Je peux conduire ? ajoute-t-il. Je lui tends mes clefs et le laisse me conduire au lycée. J’en profite pour enregistrer chaque détail de sa personne dans ma tête. — Que vas-tu faire pendant que je serai en maths ? — Je vais profiter de la carte de bibliothèque et étudier les cours que tu m’as donnés hier. — Dis-moi, je sais que tu ne peux pas tout me dire, mais je ne me trompe pas quand je me dis que nous ne sommes pas humains, n’est-ce pas ? — Exact. — Pourquoi ne l’ai-je jamais remarqué, du moins en ce qui me concerne ? — Parce que les différentes transformations que tu subis commencent, dans ton cas, quand notre espèce atteint sa majorité. Je ne peux pas t’expliquer « ton cas » pour l’instant. Mais nous atteignons notre majorité à dix-sept ans. — Dois-je avoir peur ? — Je ne sais pas, je n’avais pas prévu la douleur occasionnée par la transformation de tes yeux. Et je ne sais pas à quoi m’attendre pour le reste. À moins que… ce soit ma faute… J’ai du mal à comprendre cette dernière phrase, mais je comprends que ce sera tout ce qu’il m’apprendra pour aujourd’hui. Nous nous garons sur le parking au moment où la première sonnerie retentit. Je donne un b****r rapide à Kelan et me dépêche de rejoindre Rowan et Kalsy dans le couloir qui mène en cours de maths. — Tiens, c’est bizarre, dit Rowan, Kelan Harris, le nouveau, n’est pas là. — Non, en effet, il a déjà étudié la leçon d’aujourd’hui, lui annoncé-je. — Sinon, tu as l’air d’aller mieux, j’ai vu Sam jeudi matin, il était très inquiet concernant ta santé. — Oh rien de grave, juste une grosse fièvre. — J’espère que tu ne m’en veux pas d’avoir donné ton numéro de portable à Kelan ? — Du tout. — Il semblait vouloir te joindre et Sam était trop furieux pour le lui donner, alors… (Il hausse les épaules.) T’a-t-il appelé ? — Curieux ! m’esclaffé-je en lui adressant pourtant un sourire que je n’ai pu réprimer. Rowan me lance un clin d’œil complice, il doit être comme moi. Pour les autres, Kelan a eu raison de me dire de ne pas m’inquiéter, personne n’a remarqué que je ne porte plus de lunettes ou bien que mes cheveux ont changé. Je me concentre sur la leçon pour éviter de compter les minutes et de penser à la journée d’hier, à cette nuit, ou même au moment où je le retrouverai. Quand la sonnerie indiquant la fin du cours retentit, je me rue dans le couloir, pour retrouver Kelan au prochain cours, mais il est là, nonchalamment appuyé contre le mur, heureux de me voir et il me tend les bras. Je me précipite sur lui et la tête appuyée contre son torse, j’inspire profondément, respirant son odeur enivrante, tandis qu’il enfouit son visage dans mon cou. Chacun comme si nous retrouvions notre oxygène. — Tu m’as manqué, souffle-t-il. — Toi aussi, tu m’as manqué, j’ai dû faire appel à toute ma concentration pour éviter de ne penser qu’à toi. — Dorénavant, j’assisterai à tous tes cours, c’est insupportable d’être loin de toi. Nous sortons de notre bulle amoureuse pour rejoindre Sam et Lie en sciences et nous nous apercevons que tout le monde nous regarde. Certains avec le sourire, d’autres indifférents et quelques-uns accusateurs : — Il fallait s’en douter, deux nouveaux, deux intellos, ils ne pouvaient tout de même pas se fondre dans la masse ! dit l’un. — Il n’a pas honte, de sortir avec « ça » ! dit une autre, que j’ai reconnu comme étant une élève de notre cours d’anglais. — Il sera bientôt à MOI ! me souffle Ambre en passant tout près de moi. En s’éloignant, elle ricane comme une chèvre avec ses deux acolytes. Je n’arrive pas à croire ce que j’entends, de quel droit nous jugent-ils ? C’est comme un coup de poing dans l’estomac, je me sens défaillir, mais Kelan le sent et raffermit sa prise autour de ma taille et me somme de ne pas prêter attention à tous ces sarcasmes. Sam et Lie me serrent dans leurs bras, soulagés de constater que je vais bien, sans faire attention aux changements physiques que j’ai subi. Comme si tout était normal. Néanmoins, ils ne manquent pas de remarquer Kelan et sa main sur mes hanches. Un sourire leur échappa. — J’adore ta coiffure, me dit Lie, tu devrais faire ça plus souvent ! — Oui, ça met tes yeux en valeur, renchérit Sam. — Merci, c’est Tamy qui me l’a faite. — Tu crois qu’elle serait d’accord de me coiffer pour mon anniversaire, me demande Lie, soudain toute excitée. — Demande-lui, elle sera certainement d’accord si tu la préviens assez tôt. Le reste de la journée se passe relativement bien, Ambre s’est trouvé un autre bouc émissaire. Le prof de sport est absent ce qui nous permet d’être libres à quatorze heures. Ma mère m’a appelée pendant la pause déjeuner, pour me dire qu’elle ne rentrera que dans trois jours et, en vue de la soirée qu’il préparait, Kelan a demandé à Sam de m’emmener faire du shopping. Je lui laisse donc ma voiture pour qu’il puisse rentrer chez lui et Sam me ramènera. — Tu es sûr de ne pas pouvoir venir avec nous ? demandé-je à Kelan. — Si je veux que la soirée soit parfaite, et même si je n’aime pas être loin de toi, oui, j’en suis sûr. Ces quelques heures me paraîtront une éternité, mais ne te préoccupe pas de moi et profite ! Nous échangeons un b****r court mais passionné et nous nous séparons. — Alors dis-moi, Sam, tu as reçu des ordres pour cette escapade ? — Non, pas vraiment, seulement quelques infos qui m’aideront. — Et par quoi commençons-nous ? — Par « Chez Chloé’stétik ». — C’est parti ! Direction le centre commercial. Au lieu de prendre notre petite route habituelle, Sam prend la quatre voies et nous arrivons en dix minutes. Dix minutes durant lesquelles j’ai dû répondre à un interrogatoire assidu, auquel Lie participait vivement grâce à la visiophonie du téléphone de Sam, accroché au tableau de bord. — Aller vas-y, raconte-nous tout, a commencé Lie. — On veut tout savoir sur ton week-end, a renchéri Sam. — Tu te doutes bien de notre surprise ! On te laisse malade comme une mourante et on te récupère avec un petit ami que l’on connaît depuis quatre jours ! Comment t’as fait ? Même Ambre qui lui a léché les bottes pendant deux jours, utilisant toutes ses armes de séduction, n’a pas réussi à le coincer dans ses filets ! — Lie, tu devrais penser à respirer de temps en temps. — D’accord mais dis-nous, on n’attend que ça depuis ce matin ! — Lie, laisse-la parler ! Pour l’instant, c’est toi qui tiens le crachoir ! a répliqué Sam. — Il n’y a pas grand-chose à expliquer ! — Menteuse ! — Lie ! — Quoi ! ? — J’ai eu une grosse fièvre et j’ai dormi pendant trois jours, je me suis réveillée dimanche matin vers une heure et j’allais très bien, nous ne savons pas ce qui s’est passé. — Et ensuite ! — Bah rien ! Il m’a appelé pour prendre de mes nouvelles, il est passé chez moi parce que je devais lui donner des fiches de cours. Et là, en gros, il m’a dit qu’il était tombé sous mon charme avant qu’Ambre n’essaye de lui mettre le grappin dessus. Nous ne nous sommes pas quittés avant d’arriver au lycée ce matin. Et voilà, c’est tout. — T’es pas drôle, tu ne nous donnes même pas de détails croustillants ! m’a reproché Lie. — Ça suffit, Lie ! À demain. Sam a raccroché et j’ai soufflé. — Merci Sam, tu m’as sauvé ! — Je ne parle pas moi-même de ma vie sexuelle, je ne vais pas t’infliger ça ! — De toute façon, je ne peux pas parler de quelque chose que je ne connais pas… T’inquiète, ça viendra, mais n’oublie jamais qu’il faut que ce soit ton choix. Aller, vite, on a du pain sur la planche !
Lecture gratuite pour les nouveaux utilisateurs
Scanner pour télécharger l’application
Facebookexpand_more
  • author-avatar
    Écrivain
  • chap_listCatalogue
  • likeAJOUTER