Amour inattendu. (1)

1522 Mots
Kelan et moi avons passé une formidable journée. Nous nous sommes baignés jusqu’à en avoir la peau toute fripée, puis nous avons doré au soleil un moment. Vers onze heures, nous nous sommes promenés sur la côte jusque dans les calanques des surfeurs, où je suis restée bouche bée en regardant les fantastiques figures qu’ils exécutaient. — Dommage, c’était trop beau pour y croire, a soupiré Kelan. — De quoi parles-tu ? — Je croyais qu’il n’y avait que moi que tu admirais de cette manière, a-t-il ri. — Mais il n’y a que toi ! Ce ne sont pas les hommes que je regarde, mais leurs figures acrobatiques époustouflantes ! ai-je dit rapidement, craignant de l’avoir blessé. — Je sais, ne t’inquiète pas, je disais juste ça pour rire ! Tu les regardes comme une petite fille qui rencontrerait le père Noël, alors que quand tu me regardes, moi, ton visage s’illumine comme si j’étais le trésor le plus précieux au monde. — Tu l’es. Il n’y a que toi pour chambouler mon cœur en moins de temps qu’il n’en faut pour cligner les paupières, ai-je avoué. Son visage s’est émerveillé et j’ai alors goûté pour la seconde fois de la matinée à la douceur de ses lèvres s’accordant parfaitement aux miennes, profitant tous deux du doux velouté parfumé de ce b****r passionné. L’après-midi s’est passé de la même manière, ne pensant à rien d’autre que la joie que nous procurait le fait d’être l’un avec l’autre. L’amour grandissant à chaque instant, nous nous découvrions l’un et l’autre, sans pour autant que j’en sache trop sur sa vie passée. J’ai vu que cela le travaillait et je l’ai rassuré : — Je sais que tu me parleras le moment venu le plus approprié. Ce qu’il a apprécié et nous n’y avons plus repensé. Il est environ vingt et une heures trente quand ma mère fait une apparition dans ma chambre : — Séléna, je te souhaite une bonne nuit, je dois partir plus tôt demain matin, une dure journée m’attend à Los Angeles et je ne sais pas si je vais pouvoir rentrer demain soir. Mais Tamy restera là pour toi, alors n’hésite pas si tu as besoin d’elle. — Pas de problème maman, bonne nuit. — Ne vous couchez pas trop tard ! Elle s’en va et Kelan se lève. — Elle a raison, ta journée a été longue, tu risques d’être fatiguée demain. Je devrais te laisser dormir. — Tu es vraiment obligé de partir ? — Que veux-tu que je fasse d’autres ? — Reste avec moi, proposé-je dans un souffle. Mon cœur s’affole et je me sens rougir tandis que j’attends sa réponse. Il me scrute d’un œil douteux et je finis par baisser les yeux. — Ce n’est pas grave, on se verra demain, lui dis-je en tentant de maîtriser ma voix tremblante. Je le serre une dernière fois contre moi, avant de le relâcher et de me diriger vers ma salle de bains sans même le regarder. J’ai honte en pensant à ce qu’il a bien pu imaginer à propos de ce que je souhaitais. Une fois enfermée, je prends une douche fraîche qui apaise le feu de mes joues et me remet les idées en place. Quelle idée ai-je eue, de faire un tel caprice ? C’était d’un ridicule éhonté ! J’enfile mon pyjama court en satin rose. Mes cheveux brossés et mes dents lavées, je sors et m’apprête à monter dans mon lit, quand je constate qu’il était toujours là. — Je croyais que tu voulais rentrer, tu as oublié quelque chose ? Il s’approche de moi, me prend fermement par la taille et me hisse à sa hauteur. — Je dois avouer que tu es extrêmement sexy dans ce pyjama, me dit-il en effleurant ma bouche. Si je m’absente une demi-heure, ai-je le droit de revenir ? — Que veux-tu faire ? — Prendre une douche et me changer, voyons ! Je ne peux tout de même pas donner une mauvaise image de moi ! s’esclaffe-t-il. — C’est vrai. Mais ne te sens pas obligé de revenir, ne te sens pas obligé de répondre à tous mes caprices, c’est mal ! — Je le fais parce que j’en ai envie, Séléna. Je ne pensais pas que tu interpréterais mal mon silence. J’ai juste été surpris que tu souhaites la même chose que moi, me dit-il en me déposant sur mon lit avant de s’asseoir à mon côté. En plus de cela, demain matin, nous avons deux heures de maths auxquelles je n’assisterai pas, alors j’ai vraiment envie de passer le plus de temps possible avec toi. — Dans ce cas, fais vite, je t’attends… Il dépose un b****r sur mon front et se sauve. Je dispose comme à mon habitude, mes gros oreillers au centre de mon lit, jette les petits coussins encombrants sur le divan et m’installe sous la couette. Aux anges, en attendant le retour de Kelan, je repense à ma journée tout à fait inattendue, pour moi, en tout cas. Vingt minutes seulement se sont écoulées, quand il revient. Il a été tellement discret, que je ne l’ai pas entendu arriver, occupée à répondre aux messages de Sam et Lie qui s’inquiétaient de ne pas avoir de nouvelles de moi. Quelle ne sera pas leur surprise, demain, quand ils sauront à quoi j’ai occupé ma journée ! Je relève les yeux de mon téléphone quand la caresse d’une rose rouge me surprend. Il la dépose à côté de moi, j’en hume son parfum enivrant et la pose sur mon chevet avant de me tourner vers Kelan. En lui tendant la main, je l’invite à me rejoindre. Avant de lui laisser le temps de réagir, je me redresse sur mon lit en apercevant sa tenue. — Au risque de passer pour une vicieuse, tu comptes dormir dans cette tenue ? ! m’exclamé-je en montrant du doigt sa chemise et son pantalon de costume. Sans me répondre, il se déchausse, me rejoint et m’embrasse fougueusement. Ce que je comprends à cet instant, c’est qu’il s’attend à ce que ce soit moi qui les lui enlève. Sa chemise et son pantalon finissent par joncher sur le sol, nos corps s’entremêlant avec le peu de tissus qui nous sépare de l’acte ultime, nos cœurs battant la chamade. Mais ce soir, nous restons sages. Je me réveille encore plus heureuse et amoureuse que la veille. Kelan, dans mon dos, déjà réveillé, me fait comprendre qu’il sait que je ne dors plus, en me caressant le bras et m’embrassant le long de mon cou et de mon épaule. Je roule sur le dos et m’étire. Il s’appuie sur son coude et me regarde avec tant de tendresse que j’ai l’impression de fondre sur place. — Bien dormis ? me demande-t-il en se penchant sur moi pour explorer mes lèvres avec passion. Je mets quelques minutes avant de pouvoir lui répondre. — Plus que bien, même ! dis-je, encore haletante. Tes bras sont le plus douillet des nids, comment vais-je faire maintenant pour dormir seule ? Je fais une moue qui le fait éclater de rire. Je plaque ma main sur ses reins et l’attire sur moi. — Cela ne durera plus très longtemps, j’espère… me répond-il en m’embrassant derechef, son corps épousant le mien. Nos cœurs s’emballent à l’unisson, nos baisers nous laissant à peine le temps de respirer, nous en oublions le temps qui passe. Jusqu’à ce que Kelan me dise : — Tu risques d’être en retard… — Je me passerai de petit-déjeuner, mais pas de toi… Me caressant la mâchoire d’un doigt qu’il laisse descendre le long de mon cou, de ma poitrine (j’étouffe un gémissement de désir.) pour s’arrêter au creux de mon ventre, ceci accompagné de baisers avides. Il me fait remarquer : — Ce n’est que passager, il faut que tu manges sinon tu auras faim pendant les cours. — Tu es plus raisonnable que moi, décrété-je. Il se détourne et nous nous levons. Le voyant en caleçon, je me mords les lèvres : — J’adore cette vue… Il s’approche et me souffle à l’oreille : — Moi également. Mais il faut qu’on s’habille avant que Tamy ne se demande ce qu’on fiche et se décide à monter. J’ouvre mon armoire et en déniche un bustier bleu à volants ainsi qu’une jupe en jeans. — Tes cheveux ont encore poussé, m’annonce Kelan au moment où je m’apprête à les brosser. — C’est catastrophique ! hurlé-je en me regardant dans le miroir. Comment je vais faire ? Je ne peux pas les cacher. — Pourquoi veux-tu les cacher ? — Tout le monde risque déjà de remarquer que je ne porte plus de lunettes, même si je raconte que je porte des lentilles, je ne peux pas les berner quant à la couleur de mes yeux, qui s’est éclaircie et ressemble étrangement aux tiens d’ailleurs ! Alors tu imagines bien que mes cheveux qui ont pris au moins trente centimètres en quatre jours, ne seront pas faciles à expliquer ! — Fais-moi confiance, me dit-il en m’entraînant dans l’escalier.
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