6.

2748 Mots

6.Il s’écoula une année. M. de Mailly fut parfait pour moi ; il était admirable de respect et d’abnégation ; il me dissimulait son amour et se contraignait à une froideur affectueuse par égard pour ma douleur. J’avais fini par me croire à peu près heureuse, tant il était bon. Je lui savais gré surtout du soin qu’il avait mis à conserver en tous lieux le souvenir de mon père, dont il ne parlait jamais sans émotion et d’une voix altérée ; mais il était écrit au livre des destinées que le bonheur n’était point fait pour moi. Je suis née, à n’en pas douter, sous la plus funeste des étoiles. Nous habitions Mailly depuis mon mariage. Cependant nous allions quelquefois à Preil, et nous y avions laissé à peu près tous les domestiques qui s’y trouvaient du vivant de mon père. Un soir, l’un d’eux

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