Tous les fantômes mènent à Rome…Gilles reprit la route vers l’Adriatique. Il fit à nouveau la grève des détours. Ce jour de reprise était rempli de fragilités. Pas de mauvaises rencontres ni d’hallucinations. Il profita à peine du paysage, replongeant dans les bouchons interminables et la chaleur. Chaque station-service était une bénédiction : climatisation et bouteilles d’eau glacée. Il sortit brutalement à Vérone, se réfugia dans la fraîcheur d’un musée où il traîna la patte, mangea une glace qu’aurait adorée Nina, circula dans une ruine collectionnant les escaliers, observa sans grand émoi le pont romain dont les piles mélangent depuis si longtemps les eaux de l’Adige… Deux bonnes heures de marche sans but, frôlant à peine une population de véritables touristes et de vrais indigènes à


