Chapitre 4 - Inauguration

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CHAPITRE 4 Inauguration Le lendemain en fin de matinée, deux cents invités se massaient dans les jardins du musée pour l’inauguration de la statue du jockey. Tout le gratin de la Côte fleurie avait répondu à l’appel de la directrice. Le maire de Deauville, Henri Koutousov passait pour un crétin sympa. Il n’était ni crétin ni sympa. Fils d’un immigré ukrainien, il avait fait fortune dans la chirurgie esthétique. Il possédait une clinique à Deauville, une autre à Houlgate et une dernière à Saint-Cloud. Ce chirurgien quinquagénaire natif de Caen s’était spécialisé dans l’implant mammaire. Il connaissait à force d’en poser toutes les prothèses, capable de réciter leur nomenclature technique sous la douche, en faisant du golf ou en dormant. Sa petite taille lui offrait un point de vue privilégié sur bon nombre de décolletés. À la vue d’un corsage, il était immédiatement capable de donner les mensurations de sa propriétaire et de déterminer la solution la plus adéquate : taille et forme du bonnet, implantation sur ou sous le muscle, composition en gel de silicone ou solution physiologique. Cette expertise alliée à une réputation d’inculture crasse lui valait le sobriquet peu amène de mammodidacte. Koutousov venait d’arriver et déjà il serrait des mains. En à peine quinze mètres, il s’était déjà fait une trentaine de paluches. Bronzé, blazer et chemise blanche, foulard de soie, il avait le sourire crispé, le pas rapide et des cheveux abondants, noirs, plaqués en arrière. Au milieu d’un groupe comprenant Tournevire et Lacroix, il pivotait sur lui-même comme une toupie, gratifiant chacun d’un sourire carnassier. – Bonjour monsieur le maire, Bertrand Friville, dit un gros bonhomme avec une pochette colorée, tout sourire. – Vous êtes de la famille du député Friville ? demanda le maire. – Non, mais j’ai un cousin en Ardèche qui… L’homme n’eut pas le temps de finir sa phrase, que Koutousov était déjà passé au suivant. – Bernadette Chapuis, je suis… – Mais oui, je vous connais ma chère Bernadette, inutile de vous présenter, vous êtes l’épouse du Pr Chapuis. Comment va-t-il ? Toujours aussi bon au golf ? Il faudrait que je fasse un green avec lui. – Il est mort, répondit la femme. – Ah bon ! Je vous présente mes sincères condoléances. Depuis quand ? – Dix ans. – Ah, tout de même ! dit Koutousov. Le temps passe si vite. L’élu se tourna alors vers une femme blonde d’une grande maigreur. On aurait pu enserrer ses mollets d’une main. Elle portait une robe rose tendre et un collier de perles. Ses yeux bleus dévoraient son visage émacié. – Ma chère madame Bougival, comment allez-vous ? – Très bien monsieur le maire. – Comment se porte votre mari, Jean-Guy ? – Beaucoup de travail mais ça va. Le maire se tourna vers Jean-François Lacroix. – Bonjour monsieur le maire, Jean-François Lacroix, magistrat à la chambre régionale des comptes de Rouen. Koutousov le regarda avec sérieux. – Si vous venez pour les finances de la ville, c’est déjà fait. Vos collègues sont passés, il y a un an. Tout était nickel. – Non, pas du tout, nous venons pour le musée. Koutousov retrouva son sourire. Il tendit la main vers la femme en robe rose. – Tenez, ça tombe bien, vous avez ici l’épouse de l’agent comptable du musée, Mme Hortense Bougival. Lacroix et Hortense Bougival esquissèrent un sourire sous l’œil amusé d’Églantine. – J’espère que votre mari ne stresse pas trop, ironisa Lacroix. – Juste un peu plus que d’habitude, répondit Mme Bougival. Il est d’un naturel inquiet. Le maire pivota de quelques degrés sur ses talons. Il se trouva le nez face à la poitrine de Tournevire. 85B. Il leva les yeux. La magistrate était élégante en tailleur sombre. – Vous êtes hôtesse au musée ? demanda Koutousov. Pensez à m’appeler, je vais vous faire affecter au Centre international Deauville. Vous serez parfaite pour escorter John Baltimore lors de son hommage pendant le Festival du film. Églantine sourit avec malice. – Désolée monsieur le maire, je suis magistrate à la Cour des comptes. Mais, si vous m’invitez au festival, je viendrai volontiers. Avec ou sans John Baltimore. Le sourire de Koutousov se figea. Il avait le sentiment d’avoir fait une bourde. La magistrate devait connaître du monde. – Oui, intervint Lacroix, Mlle de Tournevire est conseillère référendaire à la Cour des comptes, en détachement à la chambre régionale des comptes de Rouen. Elle conduit avec moi le contrôle sur le musée. – Le Festival du film se présente bien ? demanda Églantine. – Parfaitement. Il commence dans quelques jours. Nous avons une programmation exceptionnelle. On célèbre le film maritime américain. Outre John Baltimore, j’ai fait venir des États-Unis le voilier de Robert Redford dans le film All Is Lost. On a prévu un photocall en mer sur ce bateau avec le jury au début du festival. – Un photocall ? demanda Lacroix. – Une séance photo si vous préférez. Les photographes interpellent les stars, d’où le call. On les tient généralement devant l’entrée du palais du festival ou sur les planches devant les cabines de bain. – Ah ! répondit Lacroix légèrement pensif. J’ai lu que Paul Hector Flambard était également invité. – Oui, il vient présenter son nouveau film sur l’environnement, sa nouvelle grande cause. – Il défend l’environnement maintenant ? demanda Églantine avec une curiosité feinte. Koutousov répondit d’un regard complice. L’intellectuel Paul Hector Flambard ou PHF était certes un brasseur de vent, mais il avait ses entrées à Paris. Il pouvait être utile. Il était d’ailleurs invité pour cette unique raison. Tout le monde se contrefoutait de son long-métrage. – Je crois que vous attendez également le ministre de la Culture ? glissa perfidement la magistrate qui savait pertinemment que le maire ne supportait pas Pierre Armengaud, un de ses adversaires pour les primaires à la présidentielle. – Effectivement, mais ce n’est pas encore sûr. Notre cher ministre pense venir à la remise des prix. Les primaires approchent, que voulez-vous… Koutousov, agacé, sourit mécaniquement et pivota de quinze degrés dans le sens des aiguilles d’une montre. Devant lui, un beau sexagénaire avec une raie sur le côté impeccable, un blazer à boutons dorés, une cravate club et un pantalon gris. Il portait de belles Ray-Ban qui masquaient un regard fatigué et des paupières tombantes. Le genre à siroter du whisky pour se désaltérer. – Salut mon Claude. Tu vas bien ? lui dit-il en lui posant la main sur l’épaule. – Impeccable, monsieur le maire, répondit l’homme d’une voix bien timbrée qui portait. Koutousov pivota de quelques degrés supplémentaires. – Bertrand Friville, dit l’homme à la pochette colorée. – Tiens, comme l’autre ! s’exclama Koutousov. – Oui, comme l’autre, en l’occurrence moi ! On vient de se dire bonjour, vous entamez votre deuxième tour. Henri Koutousov lâcha un rire forcé. – Je vous aurai arrêté au troisième, dit Friville en souriant. La directrice arriva à point nommé pour sortir le mammodidacte de cette situation embarrassante. Pimpante dans son tailleur bouton-d’or soulignant sa complexion cuivrée, elle jeta un regard assassin aux deux magistrats. Un sourire immense irradia le visage de Koutousov. Il lui prit la main et la baisa, s’inclinant exagérément. – Chère Isabelle, quel plaisir de te voir ! – Moi aussi Henri. – Vraiment, un grand merci pour cette réception. – C’est tout à fait normal. Ton père est un excellent sculpteur qui mérite cet hommage. La directrice n’en croyait pas un mot. Koutousov le savait. Le maire n’avait aucun goût artistique, mais il n’était pas nécessaire d’être l’élève de Michel-Ange pour s’apercevoir que son père avait coulé une daube de la pire espèce. – Oui, une injustice de l’histoire enfin réparée. Je suis vraiment heureux que cette statue figure dans ce magnifique musée. – Je peux vous l’enlever ? demanda la directrice en prenant par le bras Koutousov. Mme Bokor s’éloigna de quelques pas avec le maire. Laissé orphelin, le groupe se disloqua. Tournevire demeura avec Lacroix et ledit Claude. – Vous êtes de la famille de Tristan de Tournevire ? demanda ce dernier. Églantine était méfiante. Elle adorait son père mais son merveilleux géniteur avait bien souvent défrayé la chronique, y compris judiciaire. – Oui, c’est mon père. Vous le connaissez ? – Je l’ai connu en Afrique. Il est toujours dans le commerce… – Oui, il vend des armes, dit Églantine qui préférait appeler un chat un chat. – Quel beau métier ! – Si vous le dites… – Vous lui passerez mon amical souvenir. – De la part de ? demanda Églantine. – Claude, Claude Papichu. – Vous faites quoi dans la vie monsieur Papichu ? L’homme regarda la magistrate dans les yeux et prit un air mystérieux. – Je suis un homme de l’ombre qui travaille au soleil. – Pardon ? – J’ai travaillé longtemps en Afrique. Maintenant, je suis responsable de la sécurité de l’Impérial, le plus beau palace de Deauville. – Je transmettrai, dit la magistrate. En ce moment, mon père vit à l’étranger, je le vois assez peu. Mais que faisiez-vous en Afrique ? – Je vous expliquerai. Vous aimez le tir ? – Au pistolet ? Je n’en ai jamais fait. Je serai curieuse d’essayer. – Je suis président de l’Amicale de tir deauvillaise. Nous possédons un magnifique stand de tir souterrain sous l’Impérial. Vous pouvez venir quand vous voulez. Je vous donne ma carte. Plus loin, la directrice et Koutousov croisèrent Me Janville. Le commissaire-priseur était bronzé. Il revenait d’un séjour aux Maldives. Koutousov ne l’aimait pas. Il avait toujours une difficulté avec les homosexuels. – Cher Patrick, comment allez-vous ? demanda Koutousov avec un immense sourire, en lui prenant le bras. L’homme à la chevelure blanche portait un magnifique costume sur mesure croisé taillé à Savile Row, une cravate en grenadine de soie sur une chemise immaculée en coton d’Égypte. Ses pieds fins étaient enveloppés dans d’élégantes bottines Berluti. – Très bien monsieur le maire, nous revenons de vacances avec Joao. Koutousov tendit une main rapide au compagnon de Me Janville, un danseur brésilien de vingt ans son cadet. – Je vous souhaite une bonne journée, dit-il en s’éclipsant, feignant d’apercevoir une autre connaissance. – Alors Patrick, vos affaires marchent bien ? demanda la directrice. – Un peu difficile en ce moment, répondit le commissaire-priseur qui avait refait entièrement son étude et la salle des ventes attenante l’année dernière. Avec la crise, les transactions sont plus rares. Me Janville possédait la plus importante étude de la Côte fleurie. Elle trônait à Deauville en plein centre-ville. Sa belle réussite dans le marché de l’art lui avait permis d’investir avec bonheur dans plusieurs immeubles et d’ouvrir sans trop de publicité des comptes en Suisse. – Vous allez me tirer une larme, mon cher. Dites-moi, ce n’est pas l’un de vos chevaux qui a remporté une course dimanche dernier ? demanda Mme Bokor. Le commissaire-priseur ne put s’empêcher d’esquisser un sourire de satisfaction. Il regarda amoureusement Joao. Le Brésilien sourit niaisement. Il avait l’air de s’ennuyer à mourir. – Oui, effectivement. Le prix de Provence, un galop de deux mille huit cent cinquante mètres, gagné par Merveilleuse d’Arsault, une jument fabuleuse de 3 ans. – Toutes mes félicitations mon cher. Vous voyez, vos affaires ne vont pas si mal. Me Janville vérifia qu’il n’y avait personne autour d’eux puis se tourna vers son compagnon. – Joao, peux-tu s’il te plaît aller me chercher mes lunettes de soleil dans la voiture ? Le Brésilien s’éloigna, trop content d’échapper cinq minutes à l’emprise vigilante de son compagnon. Janville se rapprocha de la directrice et d’un ton très bas : – Il faudrait que nous ayons une discussion sur nos petites affaires, madame la directrice. Je ne suis pas satisfait des derniers arrivages. Le dernier bronze, Le Canard de Pompon, était dans un état déplorable. La patine noire était très abîmée. La directrice vérifia à son tour qu’il n’y avait personne près d’eux. – Soyez discret maître. Ne parlons pas de cela ici. Je transmettrai le message à Vlad. – Oui, il le faut, sinon nous risquons quelques ennuis. Espérons que Le Loup au repos d’Estignac soit plus présentable. Vous direz également à Vlad que j’ai viré les fonds correspondants au Canard sur sa société moldave. – Oui, oui, cher maître. Mais pas ici ! Soyez plus discret. Nous parlerons de cela plus tard. Une casquette bleue brodée d’or apparut au loin. Le préfet de la Perruchole, en uniforme, venait d’arriver. Tous tournèrent la tête vers lui. Thierry de la Perruchole était bel homme. Élancé, il portait bien l’uniforme et le savait. Doté d’une belle barbe blanche, il se tenait parfaitement droit, bombant le torse comme un conquistador. Il saluait de petits mouvements de tête condescendants les différents convives à la manière d’un prince. Le préfet était suivi, trois pas derrière, par son directeur de cabinet surnommé par tous le Petit Marquis. Ce fonctionnaire aux cheveux courts grisonnants avait raté l’ENA mais avait été éduqué dans un pensionnat anglais. Franc comme un âne qui recule, il souriait à tous et assassinait chacun d’une pique dans le dos. Un corps frêle dans un costume de banquier, un maintien affecté, des lentilles lui donnant un regard fixe. Le Petit Marquis collectionnait les ivoires chinoises et les lieux communs mais connaissait les dernières directives ministérielles par cœur et était capable de les déclamer sur tous les airs. Cocktail hétéroclite de compétence, de suffisance et de veulerie, il obéissait plus vite que son ombre. Suffisant pour que la Perruchole en fasse son homme-lige. Le préfet fonça sur Koutousov, ignorant les autres invités et abandonnant son vassal en rase campagne. Koutousov avait le vent en poupe. Brachenville éliminé, il avait de bonnes chances de gagner la région. Il pourrait ensuite revenir au gouvernement, voire plus. La Perruchole se serait bien vu directeur de cabinet. Évidemment, il faudrait supporter les crises de nerfs du mammodidacte, son inculture effroyable et ses amis m’as-tu-vu. Mais après tout, le représentant de l’État en avait connu d’autres. Il faut savoir mettre du fumier sur ses terres comme disait son père. – Bonjour monsieur le ministre, dit avec révérence le représentant de l’État, prenant soin de se courber pour ne point paraître trop grand. – Bonjour monsieur le préfet. Heureux de vous voir. – J’ai tout de suite répondu à l’invitation de Mme Bokor quand j’ai vu de quoi il s’agissait. Je ne savais pas que votre père était un artiste. – N’exagérons rien, répondit Koutousov. – Si, j’insiste monsieur le ministre. Quand j’ai vu sur le carton d’invitation la statue du jockey, j’ai tout de suite pensé à Brancusi. – Branlecousi ? – Oui, monsieur le maire, Brancusi, le grand sculpteur. – Ah ! D’accord. – Je vous prie de m’excuser monsieur le maire, j’ai une prononciation perfectible. – Vous avez raison. Il y a effectivement un côté Branloucouzi dans l’œuvre de mon père. Mme Bokor ayant pris congé de Me Janville revenait vers eux. En apercevant la directrice, la Perruchole retira sa casquette pour la glisser sous son bras. Libéré de son couvercle, son abondante chevelure grise se dressa comme la crête d’un cacatoès. Le préfet avait un faible très prononcé pour Mme Bokor. Il l’avait poursuivie de ses feux pendant des mois jusqu’à ce que des renseignements de haute police lui prêtent une relation intime avec Koutousov. Le préfet avait alors sagement rentré ses ardeurs. Déambulant au milieu des invités Églantine de Tournevire et Lacroix bavardaient de choses et d’autres. Le premier conseiller aperçut soudain le préfet. – Églantine, dit le magistrat. Je vais saluer la Perruchole. Tournevire, pour avoir entendu le président de Vos à son sujet, avait une piètre image du personnage. – Je vous laisse faire cher Jean-François. – Enfin, Églantine, entre aristocrates, vous devriez venir avec moi. – Vous plaisantez, Jean-François, rien à voir ! Les Tournevire étaient des chevaliers. Leur filiation remonte au XIIe siècle. Rien à voir avec les Perruchole qui ont dû acheter leur titre à l’époque de Louis XIV. Un bon moyen d’ailleurs de renflouer les caisses de l’État. On devrait y penser comme recommandation pour le prochain rapport public de la Cour des comptes. Jean-François Lacroix haussa les épaules. – J’y vais Églantine, je vois que la directrice et le maire l’ont quitté. Le préfet regardait de loin la statue en plissant les yeux. Mon Dieu, c’est vraiment une horreur. Quand je pense que ce con ne connaît même pas Brancusi… J’espère qu’il est plus doué que son père pour tailler les bustes. – Excusez-moi. La Perruchole baissa les yeux vers Lacroix. – On se connaît ? – Oui, nous étions à un colloque sur la Lolf à Bercy. La Loi organique relative aux lois de finances. – Merci je connais ! – Nous avions discuté ensemble. – Peut-être, je ne sais pas. Je rencontre tellement de monde. – Je suis le premier conseiller Lacroix de la chambre régionale des comptes de Rouen. Thierry de la Perruchole regarda le magistrat de haut en bas. Il connaissait tous les énarques de la région Basse-Normandie et Lacroix n’en faisait pas partie. En outre, en tant que service de l’État, la préfecture relevait de la Cour des comptes et non de la chambre régionale des comptes de Rouen. – Je ne me souviens plus de vous, mais enchanté tout de même, dit la Perruchole en cherchant du regard d’autres personnes. Lacroix, un peu refroidi, ne désarma pas. – Je conduis un contrôle sur le musée. – Intéressant, dit le préfet, le regard ailleurs. – Je le conduis avec ma jeune collègue, Églantine de Tournevire, qui nous vient de la Cour des comptes. L’évocation de la juridiction parisienne de la rue Cambon raviva l’intérêt du préfet. – Où est la magistrate de la Cour des comptes ? Lacroix tourna la tête en direction de sa jeune collègue. La Perruchole suivit son regard. Il eut un éclair dans les yeux. La plastique élancée de Tournevire lui tapa dans l’œil. – Monsieur le premier conseiller, dit le préfet, passez donc avec votre collègue à la préfecture. Je serai très heureux de vous recevoir. La Perruchole sortit une carte de visite. Il gribouilla au verso son téléphone et la tendit à Lacroix.
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