II – Il y a une vingtaine d’années de cela (mais que fait le temps, puisqu’il n’a jamais dirigé les hommes et que l’actualité n’est qu’une forme passagère de l’éternel !), vivait à Bez-en-Bedennes (Aveyron) – consultez, je vous prie, le Dictionnaire des Communes – un meunier nommé Pesquidoux. Ce n’était pas un de ces minotiers opulents qui régentent les halles au blé provinciales. Non, c’était un pauvre diable de bluteur de farine bise, mais bien mal outillé et ne faisant guère plus que pour le pain de sa propre maison. Aussi n’avait-il pas grand goût aux choses de son moulin, d’autant que la bâtisse, étant très vieille, était infestée de rats qui lui crevaient ses sacs de la pointe aiguë de leurs dents et ne lui toléraient aucun bénéfice en son commerce. Sa vie eût donc été la plus misér


