A mon retour, j’ai écrit une sorte de petit journal de voyage. Je ne l’ai jamais fait, mais cette rencontre est trop importante pour que je puisse oublier ensuite mes impressions, mes émotions, l’intensité des moments partagés et les confessions de Kenan. Il n’est pas encore neuf heures, je ne peux pas aller voir Kenan tout de suite, je veux le laisser se reposer ou peut-être écrire, s’il va mieux. J’ai promis à son éditeur de ne pas le gêner dans son travail. Par la fenêtre de ma chambre, j’aperçois Selima qui revient, à grands pas, elle doit en avoir fini avec Kenan. Soudain, on frappe à ma porte: – Madame, c’est moi, Selima. Pouvez-vous m’ouvrir ? – J’arrive. – Je reviens de chez Kenan, il ne va pas bien. – Que se passe-t-il ? – Il est bouillant, il tremble, il s’étouffe et il a à


