On nous a fait monter dans la jeep. Les armes sont restées braquées sur nous pendant tout le voyage, les insultes racistes n’ont pas cessé, j’étais accablé de remarques abjectes et dégradantes. A l’arrivée à la S.A.S., le jour se levait. Nous sommes descendus sous les coups de crosse, puis on nous a enchaînés à un mur, passage obligé du personnel et des appelés. Chacun avait été invité à venir nous dévisager comme des bêtes curieuses et à nous apostropher avec morgue et haine. Nous étions livrés à leur vindicte et leurs offenses n’avaient pas de limite. Les moghaznis n’étaient pas en reste. Inévitablement, le caporal B. m’a aperçu. Nos regards se sont croisés, le sien, atterré et empli de larmes, a déchiré le mien, il disait son incompréhension, sa stupeur, sa détresse et… Non, je ne peu


