– Bon, je vais te laisser, Kenan. Essaie de revoir ce que je t’ai indiqué et bon courage. Je repasserai dans quelques semaines. – Entendu. – Tâche de me tenir au courant. Je n’ai rien dit à Kamel, mais la nuit a été pénible, les fourmillements n’ont cessé de m’assaillir. Tôt ce matin, j’ai été pris de tremblements ininterrompus, je n’arrivais plus à contrôler mes gestes. J’ai senti encore un peu plus le délitement inéluctable de mon corps. Une grande tristesse m’a envahi. L’inanité de mes luttes, de mes combats et de mes espoirs ingénus m’est apparue évidente. Me lever m’a semblé vain, écrire une préoccupation de luxe parce que la souffrance morale ou physique m’accablait. J’ai eu envie de hurler mon désespoir devant ce temps qui me ronge et me rapproche de la fin. De hurler que la vie


