BONNE LECTURE â€
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đŽ SUMMER BURN
"A storm can destroy you... or reveal you."
LĂNA
Je nâai pas rĂ©ussi Ă dormir.
Je me suis retournée toute la nuit dans mes draps, encore secouée par ce b****r imposé, par ses mots humiliants.
âTu es aussi nulle quâune enfant qui essaie de faire la cuisine pour la premiĂšre fois.â
Putain, pourquoi ça me faisait si mal�
Je me suis rĂ©pĂ©tĂ©e cent foisâŻ:
Câest juste un c*n.
Juste un c*n.
Mais ça ne suffisait pas.
Ă lâaube, jâai entendu ChloĂ© et Maya rentrer. Elles ont frappĂ© Ă ma porte, timidement. Jâai refusĂ© dâouvrir, je nâavais pas envie de leurs excuses.
Pas envie de leurs visages gĂȘnĂ©s.
Jâai laissĂ© mon tĂ©lĂ©phone en mode silencieux, et je me suis enterrĂ©e sous la couette, comme si le monde extĂ©rieur nâexistait plus.
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Vers seize heures, jâai fini par me lever. Mon estomac me rĂ©clamait quelque chose, mais mon cĆur Ă©tait vide.
Quand je suis descendue dans le salon, jâai trouvĂ© un mot posĂ© sur la table basseâŻ:
On sort faire des courses, on rentre tout Ă l'heure. Prends soin de toi, on tâaime. M & C.
Super.
Elles partaient sâamuser et me laissaient seule avec mes dĂ©mons.
Jâai haussĂ© les Ă©paules, jâai pris une gorgĂ©e dâeau glacĂ©e au frigo, et jâai claquĂ© la porte de la villa.
Je ne supportais plus ces quatre murs.
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Je marchais sans but, le soleil encore haut dans le ciel, chauffant mes épaules nues.
Je portais juste un short en jean, un petit débardeur blanc, et mes sandales.
Je voulais me vider la tĂȘte, oublier.
Alors jâai avancĂ© le long dâun chemin cĂŽtier, la mer turquoise Ă©claboussant les rochers en contrebas, lâair chargĂ© dâiode et de vent.
Des surfeurs se faisaient tirer par les vagues, leurs cris fusaient comme un appel à la liberté.
Jâai mĂȘme souri en les regardant, un instant.
Plus loin, je suis tombée sur un petit stand de glaces ambulant.
Une vieille caravane repeinte en rose pastel, qui balançait de la musique italienne un peu kitsch.
Le vendeur, un type bronzĂ© avec un sourire immense,âŻm'interpelle :
â Hey, princesseâŻ! Besoin dâun petit bonheur sucrĂ©âŻ?
â Je prends une fraise-citron, rĂ©pondis-je, la voix rauque.
Il me tendit le cornet avec un clin dâĆilâŻ:
â Ăa soigne tout, les peines de cĆur.
Je me suis forcée à rire.
â Tu croisâŻ?
â Ici, tout se soigne, ma belleâŻ!
Jâai haussĂ© les Ă©paules et je suis repartie, la glace fondant dĂ©jĂ sur mes doigts.
En continuant ma balade, jâai dĂ©couvert un marchĂ© improvisĂ© sur une place en bord de falaise.
Des Ă©tals bariolĂ©s, des bracelets faits main, des fruits trop mĂ»rs, des poteries dĂ©corĂ©es de coquillagesâŠ
Tout avait ce parfum dâĂ©tĂ©, de libertĂ©.
Je mây suis perdue, les yeux brillants, touchant les tissus, goĂ»tant des morceaux de mangue offerts par une grand-mĂšre au sourire dâor.
Ăa, câĂ©tait censĂ© ĂȘtre mes vacances, pensai-je en croquant la mangue. Pas un champ de bataille avec un enfoirĂ© de maĂźtre-nageur.
Au bout dâune heure Ă flĂąner, je me suis posĂ©e sur un banc, un peu Ă lâĂ©cart.
Le soleil commençait Ă descendre doucement, colorant lâocĂ©an en or et en rose.
Jâai ouvert mon carnet.
Ma main tremblait.
Je me sens vide. Jâai mal. Pourquoi il arrive Ă me toucher autantâŻ? Pourquoi je sens encore ses lĂšvres, son odeur, son rire moqueurâŻ?
Jâai refermĂ© brusquement, comme si je me brĂ»lais.
Une voix me glaça les os.
â Tiens donc, qui avons nous lĂ ? N'est-ce pas la chialeuse ?
Je sursautai, mon cĆur explosa.
Nathan.
Putain.
Il se tenait devant moi, bras croisés, le regard planté sur mon carnet, un demi-sourire méprisant sur ses lÚvres.
â Quâest-ce que tu fous lĂ âŻ? grognai-je.
â Jâte retourne la question. Tâas dĂ©cidĂ© de te la jouer drama queen loin de ta villaâŻ?
Je me levai dâun bond.
â Va te faire foutre, Nathan.
Il arqua un sourcil, amusé.
â Toujours aussi charmante, princesse.
â Pourquoi tu me suisâŻ?! hurlai-je.
â Je te suis pas. JâĂ©tais lĂ . Et crois-moi, je prĂ©fĂšrerais mille fois me noyer que de respirer le mĂȘme air que toi.
Je sentis mon ventre se tordre, entre haine et envie de le frapper.
â Parfait, alors casse-toiâŻ!
â Non. Pas envie.
Il sâapprocha, envahissant mon espace, son torse Ă deux centimĂštres de moi, sa respiration chaude et salĂ©e me frappa en pleine poitrine.
â Tâas pleurĂ©, princesseâŻ? demanda-t-il avec une voix doucereuse.
Je serrai les poings.
â DĂ©gage !
â Dis-le. Avoue que je te fais perdre pied.
Je le giflai mentalement dans ma tĂȘte, mais je me contentai de reculer dâun pas.
â DĂ©gage, NathanâŻ! Tu mâas assez humiliĂ©e hierâŻ!
Il eut un petit rictus cruel.
â Tâas adorĂ©, nonâŻ? Ce b****râŻ?
â Va au diable.
Il éclata de rire, et ça me vrilla le ventre.
Ses yeux brillaient comme des braises.
â Tu devrais me remercier. Dâautres se damneraient pour goĂ»ter mes lĂšvres.
â Ferme-laâŻ!
Il ne recula pas, au contraire. Il avança encore, si prÚs que nos fronts se frÎlaient.
â Tâas peur de quoi, LenaâŻ? Peur de kifferâŻ?
Mon cĆur battait Ă une vitesse folle, jâavais envie de hurler.
â Tâes un monstre, Nathan. Un p****n de monstreâŻ!
Il sourit, tout doucement.
â Peut-ĂȘtre. Mais tâas envie de moi quand mĂȘme.
Je lui aurais arrachĂ© la langue sâil nây avait pas eu ce p****n dâorage qui se mit Ă gronder, au mĂȘme instant, comme une explosion au-dessus de nos tĂȘtes.
Jâai levĂ© les yeux, paniquĂ©e.
Des éclairs déchiraient déjà le ciel.
â m***eâŻ! soufflai-je.
La pluie commença à tomber, lourde, glacée.
En une seconde, jâĂ©tais trempĂ©e.
Nathan mâattrapa violemment par le bras.
â On bouge, LenaâŻ!
â LĂąche-moiâŻ!
â Jâai ditâŻ: on bougeâŻ!
Il me tira avec une force dingue, me forçant à courir à travers la pluie battante.
Mes sandales glissaient, mes cheveux collaient Ă mon visage, je ne voyais plus rien.
Mais il ne me lĂąchait pas.
On a fini par trouver refuge dans une cabane en bois sur pilotis, probablement un poste de secours fermé pour la nuit.
Nathan claqua la porte derriĂšre nous, trempĂ©, ses muscles ruisselants, ses tatouages encore plus noirs sous lâeau.
â p****nâŻ! grognai-je en claquant des dents.
Il mâobserva, impassible.
â Tâas froidâŻ?
â Sans blagueâŻ?!
Il sâapprocha, son torse nu Ă quelques centimĂštres de moi.
â Faut te rĂ©chauffer. Retire ça.
Il montra mon débardeur.
Je le fixai, choquée.
â Tâes maladeâŻ?!
â Si tu restes avec des fringues trempĂ©es, tu vas choper une grippe, princesse. Bouge toi.
Je serrai la mĂąchoire, rouge de honte, mais il avait raison. Jâai retirĂ© mon haut, tremblante, les bras couvrant ma poitrine.
â ContentâŻ? grinçai-je.
Il me regarda sans aucune pudeur, ses yeux glissant sur mes courbes, lentement.
â Fais pas la prude, Lena. Jâai dĂ©jĂ vu des corps trempĂ©s mille fois.
â Tu me dĂ©goutes, soufflai-je.
Il haussa les épaules, décontracté, puis retira lui aussi son sweat, révélant ses abdos et ses tatouages.
â m***e ! criai-je, paniquĂ©e.
Il ricana.
â SĂ©rieuxâŻ? AprĂšs mâavoir roulĂ© une pelle hierâŻ?
Je sentis la colĂšre remonter en flĂšche.
â Tu crois que jâavais le choixâŻ?!
Il sâapprocha, son visage tout prĂšs.
â Et tâas aimĂ©âŻ?
â Ferme-laâŻ!
Il me plaqua contre le mur, pas violemment, mais fermement. Nos souffles se mélangeaient.
â Avoue-le, Lena. Avoue que ça tâa fait vibrer.
Jâavais envie de hurler.
Je le haĂŻssais.
Je le haĂŻssais Ă en crever.
Mais mon corps, lui, réagissait à sa chaleur, à son odeur de mer et de fumée.
Et ça me rendait folle.
â NonâŻ! crachai-je.
Il se mit Ă rire, grave et bas.
â Tâes une menteuse.
Je tremblais encore plus fort.
Un Ă©clair illumina la piĂšce, rĂ©vĂ©lant nos visages proches, nos regards remplis de rage et dâautre chose⊠plus dangereux encore.
â Nathan⊠murmurai-je.
â QuoiâŻ?
â Je te hais.
Il sourit, son sourire de diable.
â Parfait, princesse. Moi aussi.
Et je jure quâĂ cet instant prĂ©cis, jâai failli lâembrasser.
Jâai failli tout laisser exploser.
Mais jâai dĂ©tournĂ© les yeux, mon corps secouĂ© de frissons.
Il soupira, se laissa tomber sur le sol à cÎté de moi, dos au mur.
â On attend que ça passe, dâaccordâŻ?
Jâai hochĂ© la tĂȘte, Ă©puisĂ©e, brisĂ©e, trempĂ©e.
La pluie cognait encore sur le toit de la cabane, masquant nos respirations hachées.
Et dans ce silence, je me suis jurĂ©eâŻ: Je ne tomberai pas pour lui. Jamais.
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