OS Aguilar de Nerha (Assassin's Creed) [1/2]

2200 Mots
J’essayai de forcer la serrure du tiroir du grand bureau avec rapidité et efficacité. Les gardes de l'Inquisition étaient derrière la porte, tambourinant contre. Notre infiltration dans leurs locaux avait raté et nous nous étions alors réfugiés dans le bureau de leur chef, après tout notre priorité c'était d'accomplir la mission qui nous avait été confié ! - Harley ! - J'y suis presque, tiens le coup encore un peu ! Le temps pressait réellement, nous ne repartirions pas sans ces documents mais il était également hors de question de se faire capturer ! Le déclic indiquant que le cadenas s'ouvrait retentit dans la pièce et apporta un certain soulagement, nous allions enfin pouvoir décamper.. - Aguilar j'ai les documents ! Je refermai le tiroir d'un geste sec et eu à peine le temps de me retourner qu'il saisit mon poignet et m'entraîna vers la fenêtre. Sans perdre une seconde de plus, alors que les gonds de la porte étaient en train de céder, il ouvrit l'ouverture menant vers l'extérieur. Nous avions un échappatoire mais s'en sortir ne serait pas un jeu d'enfant, l'Inquisition savait que des assassins se trouvaient chez eux et une véritable armée avait sans doute été déployée afin de nous arrêter. - Essayons de nous en sortir en passant par les toits ! J'hochais de la tête aux paroles d'Aguilar, c'était la seule solution qui s'offrait à nous de toute façon.. Je grimpai sur le toit à sa suite, à l'extérieur je pouvais entendre avec distinction le cri des soldats qui nous cherchaient. Heureusement que j'étais habitué à ce genre de situations stressantes, je ne savais pas pour Aguilar, mais si cela avait été le contraire j'aurais été terrifié et bien inutile. Je chassais les pensées inutiles de mon esprit, ce n'était pas le moment de se laisser aller ! Nous courrions sur les tuiles, dont certaines se décrochaient sous le poids de nos corps et surtout à cause de nos pas effrénés et dépourvus de toute délicatesse, après tout nous avions peut-être des assassins ce n'était pas le moment de faire dans la finesse. Pas alors qu'une véritable armée était à nos trousses et bien décidé à ne pas nous laisser respirer une seconde de plus. Je fis l'erreur de regarder en bas, une véritable foule nous entourait de tous les côtés. Les toits étaient une bonne idée pour se faufiler quand il fait nuit ou pour s'échapper, mais pas vraiment quand une nuée de gardes est au courant de votre localisation. - Aguilar, j'espère que tu as encore un plan de secours car la situation empire ! - Il va falloir sauter ! Il pointa l'horizon du doigt, de l'eau, nous étions à côté d'une grande rivière qui menait directement à une forêt, où nous aurions clairement l'avantage. C'était une bonne stratégie, seulement le courant de cette rivière était réputé pour être fort et nous nous écraserions sur les rochers en tentant d'emprunter cette voie. - C'est de la folie ! Nos os se briseront contre la paroi des rochers. Il est préférable de se cacher derrière un écran de fumée et de profiter de la confusion pour s'échapper, si on se cache pour attendre la nuit, nous nous en sortirons sans problèmes. Ne prenons pas de risques inutiles ! - Je sais que c'est risqué mais s'ils croient que nous avons péris alors cela nous confère un avantage supplémentaire. Tu as confiance en moi Harley ? - Bien sûr que j'ai confiance mais je- Je n'eus pas le temps d'en dire plus qu'il m'attrapa par la taille et sauta dans le vide. Aucun son ne sortit de ma bouche, sans m'en rendre compte et surtout sans faire attention, j'avais donné mon accord pour accomplir cette folle action, ma confiance était tout ce dont il avait eu besoin.. Je voyais la surface de l'eau se rapprocher de plus en plus, plaquée contre le corps d'Aguilar je ne pouvais pas vraiment bouger mais j'essayai tout de même de faire en sorte de protéger le plus possible mon corps d'un plat v*****t. Heureusement, l'entrée dans l'eau ne fut pas trop violente mais tout de même le choc me secoua quelque peu, je bataillai pour sortir la tête hors de l'eau mais le courant m'entraînait dans tous les sens m'empêchait de remonter à la surface. Alors que ma respiration se faisait de plus en plus courte, un bras entoura ma taille et me remonta sur la berge, je recrachai toute l'eau contenue dans mes poumons et adressai un regard noir à Aguilar qui me souriait doucement. Son plan avait certes miraculeusement de la réalité, mais tout de même ! C'était risqué et je n'avais pas eu le temps de bien me préparer.. Mon égo d'assassin avait pris un petit coup alors que j'avais failli me noyer. - La prochaine fois préviens moi ! - Tu aurais hésitée et réfléchie et le plan aurait alors été compromis. Mais en te faisant prendre par surprise nous avons réussi à nous échapper avec brio. - Le terme ''brio'' est à revoir mais dans l'ensemble, oui nous nous en sommes sortis.. - Et bien désormais appliquons une partie de ton plan, faisons un feu de camp et attendons que le jour se lève avant de rentrer. Après de telles émotions il faudrait mieux se reposer. Je hochais simplement de la tête de haut en bas, bien trop fatiguée pour vraiment m'opposer à cette décision. Je pris quelques secondes histoire de retrouver mes esprits avant de me tourner vers mon compagnon, qui tendait sa main dans ma direction. Je saisissais cette dernière et il m'aida à me relever, son bras se glissa autour de ma taille une nouvelle fois, je levai un sourcil et l'observai l'instant de quelques secondes, il ne semblait pas vouloir lâcher ma taille. Enfin cela ne me dérangeait pas vraiment, après tout ma tête tournait encore et mes jambes n'étaient pas des plus solides pour le moment.. Heureusement la marche ne dura pas très longtemps et une fois à l'abri dans la forêt j'autorisai un long soupir à s'échapper de mes lèvres. J'avais hâte de rentrer chez nous et de remettre ces maudits documents histoire de dire : "mission accomplie !". En deux temps trois mouvements, Aguilar avait fait un petit feu discret, mais pas assez fort pour sécher nos vêtements malheureusement, je me rapprochai des flammes et levai mes mains au-dessus afin de les réchauffer, les nuits étaient toujours froides même dans les pays chauds.. - Tu devrais retirer ton haut et ton bas si tu ne veux pas attraper froid. - Pardon ? - Ne me regarde pas ainsi Harley, tu sais tu sais bien que rester dans ses vêtements trempés est le meilleur moyen pour tomber malade. Ne rajoutons pas cela à notre liste de problèmes. Ce qu'il disait était logique, cela avait du sens.. J'enlevai donc mon haut ainsi que mon pantalon, restant seulement en sous-vêtements, la fraîche brise de ce début de soirée me fit frissonner, mon corps appréciait moyennement ce choc de températures et je me mis à être prise de tremblements de plus en plus violents. Je me rapprochai du feu et également d'Aguilar qui s'était tout autant dévêtu que moi. - Regarde-nous, deux assassins entraînés presque nus comme des vers et tremblotants comme des nouveau-nés.. Dis-je sur le ton de la plaisanterie Je sentais le regard d'Aguilar sur mon corps, il ne se gênait pas pour le regarder sur tous ses angles et d'ailleurs il ne se limita pas qu'à ses yeux, je sentais bientôt sa main calleuse se glisser sur mon bras, caressant avec tendresse une cicatrice qui se trouvait à l'intérieur de mon avant-bras. Elle descendit encore et se posa délicatement sur mon estomac où une autre cicatrice me barrait ce dernier, il avait été présent quand je l'avais reçu et je crois bien que pour la première depuis la dizaine d'années que je le connaissais, je l'avais vu effrayé pour la première. Effrayé de me perdre.. - Nous avons frôlé la mort aujourd'hui.. Harley cette vie, notre combat.. Tout cela devient de plus en plus dangereux.. Je lui adressai un regard interrogateur, où voulait-il en venir en disant cela ? Nous savions très bien que la vie d'assassin n'est pas dénuée de dangers, parfois mortels, alors pourquoi dire une telle chose ? - Nous frôlons sans cesse la mort Aguilar, ce n'est pas nouveau. Mais nous approchons du but, encore quelques efforts et nous démantèlerons l'Inquisition ! Il ne semblait pas convaincu par mes paroles et je ne savais pas quoi dire de plus pour chasser ses pensées de son esprit, il n'avait pas besoin d'un poids supplémentaire à se traîner, cela risquait seulement de lui faire perdre sa concentration dans des moments cruciaux. - C'est différent Harley. Nous avons perdus tellement de nos frères et de nos sœurs pour notre cause ! Et bien que ce sacrifice soit dur je l'accepte, mais toi-! Si jamais je dois te perdre je ne sais pas si je pourrais le supporter. - Aguilar.. Nous en avons déjà parlés, nous ne pouvons pas, c'est trop risqué. La situation n'est pas adéquate, il y a trop de choses en jeu ! Ma voix tremblait tout autant que mon corps mais ce n’étaient pas des frissons de froid, bien au contraire, c'était la proximité avec le corps de mon compagnon qui provoquait cela. Cela faisait plusieurs années que nous nous tournions autour sans jamais sauter le pas, pour la simple et bonne raison que ce n'était pas le bon moment, ce n'était jamais le bon moment. Mais peut-être qu'après cette journée il était possible de changer cette chose et de cesser de résister, je partageais également les mêmes craintes que lui, je ne voulais pas le perdre, je refusais cette possibilité avec force. Alors si jamais quelque chose devait arriver à l'un comme à l'autre je ne voulais pas avoir de regrets. - Harley ne regrettons rien.. Ces quelques mots suffirent pour que je m'abandonne à mes envies, à ma passion afin de rencontrer la sienne. La nuit était froide mais nos deux corps s'unissant attisait un braiser intense qui ne prendrait jamais fin.. *********************************************** Plusieurs mois étaient passé depuis cette soirée, avec Aguilar nous avions décidé de garder notre relation un secret et nous arrivions très bien à faire cela. Nous nous rapprochions de plus en plus de notre objectif et bientôt il n'y aurait plus aucun obstacle à notre relation, seulement je ne savais pas combien de temps le secret allait pouvoir être gardé alors qu'un autre secret grandissait en moi.. Je cherchai d'ailleurs Aguilar, il devait être mit au courant de ce qui m'arrivait, de ce qui nous arrivait, après tout cela le concernait également. J'ouvris les portes menant au petit sanctuaire près de notre QG et me stoppai net dans mes pas en apercevant l'homme que j'aimais entouré par deux hommes, l'Inquisition nous avait trouvé. Ses yeux s'agrandirent en m'apercevant et je sus alors que je devais vite agir et profiter de la confusion que ma soudaine arrivé avait créé, mais à peine fis-je un pas en direction de l'ennemi qu'un bras encercla ma taille et l'autre mon cou le serrant douloureusement. Il y avait un troisième homme que je n'avais pas vu, j'avais été trop peu prudente et j'étais directement tombée dans un piège. - Harley ! - Tout va bien Aguilar.. Tout va bien.. Je sentis la panique monter en lui, son corps était tendu et son regard fixé sur ma personne. La situation n'était pas des meilleures et la peur s'emparait de moi, je savais que cela ne se finirait pas bien. Cela ne pourrait pas bien se finir, il n'y avait pas d'espoir pour un revirement de situation.. Je devais lui dire, je devais absolument lui dire cette chose, je ne pouvais pas mourir ainsi et le laisser dans l'ignorance. Mourir.. Non je ne pouvais pas mourir, je portais une vie en moi ! - Aguilar écoute-moi ! Je.. La pression sur mon cou s'accentua et je gigotai pour m'échapper, mes instincts de survie prenant le pas malgré que la force physique de mon assaillant soit bien supérieure à la mienne. De son côté il se débattait intérieurement, voulant venir à mon secours mais s'il décidait de faire cela, l'issue en serait encore plus tragique, il n'y aurait alors aucun espoir pour nous deux.. - Aguilar je porte ton enfant.. Je..-! Je fus de nouveau coupée dans mes paroles, mais à cause de la sensation d'une lame plongeant dans mon estomac, le déchirant de l'intérieur. Je lâchais un cri agonisant, à la fois de douleur physique mais aussi psychologique. Mon bébé, mon enfant. Nous venions tous les deux d'être poignardés.. - HARLEY ! La douleur me paralysait ainsi que la peur, je n'entendais rien à part mes cris, je ne voyais plus rien à part du noir. Aguilar, où était-il ?! Où était-il ?! Notre enfant allait mourir sans aucune chance de survie ! Ce n'était pas juste, ce n'était pas juste.. Je sentais ma conscience sombrer, je n'arrivais pas à rester éveillée. Mais ce n'était qu'un cauchemar, un simple cauchemar, je devais dormir et au réveil tout irait bien, oui tout irait bien..
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