sixLes années continuèrent à passer. Édouard pestait dans sa guérite contre les augmentations qui ne venaient pas. Émilienne buttait ses pommes de terre, charmait Monsieur Jourdan avec ses étuvées et croquait, à l’automne, des reinettes étoilées bien lustrées. Thomas s’enfarinait. Désiré faisait provision de latin et de grec. Nicolas passait d’un plaisir solitaire à quelques seins caressés à la sauvette, toujours avec le même désœuvrement. Fin 1911, âgé de 20 ans, il trouva un travail stable chez un fermier de Belmont qui n’avait besoin de personne en hiver mais qui craignait, revenue la bonne saison, de se trouver désarmé face à l’ouvrage, lui qui n’avait comme bras, hormis les siens, que ceux d’une femme courageuse et ceux d’une fille à la santé fragile, Juliette, née vingt ans plus tôt


