XXXIV

2101 Mots

XXXIV Il est peut-être nécessaire, pour bien faire comprendre la démarche que tentait, à cette heure la comtesse d’Estournelle, de nous reporter à dix années en arrière. En 1844, un soir, trois jeunes femmes entouraient une table de thé, dans un petit appartement de la rue Saint-Lazare. Elles avaient vingt ans, elles étaient jolies. L’une allait débuter à l’Opéra, l’autre recueillait chaque soir les couronnes et les bouquets sur une scène de genre, la troisième recevait pour l’instant les hommages d’un baron saxon, qui avait mis à ses pieds ses burgs, ses revenus, et le plus bel attelage de chevaux irlandais qu’on eût jamais vu à Paris. La cantatrice ne chantait pas ce soir-là ; l’actrice s’était fait donner par un médecin complaisant un certificat de maladie ; leur belle amie avait d

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