IINous étions au 7 d’un assez vilain mois d’hiver. Il allait être minuit. Ma petite lampe fumait, j’étais sans feu et j’avais du chagrin. J’étais alors étudiant en droit (comme tant d’autres, j’ai failli être avocat) ; je crois me rappeler que je faisais mon métier en conscience. J’allais à mes cours quelquefois, au café trop souvent, et me montrais de loin en loin dans ces bals publics où il est d’usage que la jeunesse française complète ses études et trouve le placement de son cœur. Je n’avais pas d’enthousiasme pour cette vie ; mais il y a tant de points d’interrogation autour de la tête d’un jeune homme, on sait si peu, à cet âge solennel où il s’agit de choisir une direction, la route qu’il serait bon de prendre, qu’il ne faut pas trop en vouloir à ceux qui, faute d’une vocation déte


