XIICe soir-là, M. Leterrier vint faire visite à M. Bergeret. Au coup de sonnette du recteur, Riquet sauta à bas du fauteuil qu’il partageait avec son maître et aboya terriblement, en regardant la porte. Et quand M. Leterrier entra dans le cabinet de travail, le chien l’accueillit par des grognements hostiles. Cette ample figure, cette face grave et pleine, dans un collier de barbe grise, ne lui était pas familière. – Toi aussi ! murmura doucement le recteur. – Vous l’excuserez, dit M. Bergeret. Il est domestique. Quand les hommes, en instruisant sa race, ont formé le caractère qu’il a hérité, ils croyaient eux-mêmes que l’étranger était l’ennemi. Ils n’enseignaient point aux chiens la charité du genre humain. Les idées de fraternité universelle n’ont point pénétré l’âme de Riquet. Il re


