PDV David
Les cours viennent de se terminer. Ça m'a grave ennuyé. En plus, j'ai eu sommeille tout le long du cours et je m'efforçais pour ne pas dormir.
Quand la cloche sonne, je suis le premier à sortir. Il faut que je retrouve mon lit. Je sens déjà le bien que me procura cette détente.
Alors que je me dirige vers ma caisse, des bras s'enroulent autour de mes hanches. J'élabore un sourire en reconnaissant les doigts fins de Tris. Elle est super belle avec ses yeux noisette, ses longs cheveux qui lui descendent au creux des hanches. Elle a des joues énormes et des lèvres pulpeuses dont mes lèvres n'arrivent toujours pas à se passées. Et puis elle a son petit mètre 50 qui me permettais de la soulever à ma guise.
Je la tire de sorte qu'elle vienne devant moi, et prend ses lèvres sans plus attendre.
On ne sort pas ensemble, mais on fait beaucoup de chose ensemble, entre griffes.
Elle a son petit ami qui se trouve dans un autre lycée, mais elle m'aime trop pour me laisser. Il s'appelle Brice, et j'avoue que je déteste ce prénom tout autant que la personne qui le porte. Je ne sais pas ce qu'elle lui trouve.
Une fois que je la libère, elle arrange mes mèches de cheveux qui retombent sur mon front. J'aime bien quand elle fait ça. Parfois, je fais exprès de les laisser en bataille, juste pour pouvoir sentir ses doigts doux sur mon front.
− Ça va ? C'était comment les cours ?demande-t-elle en s'accrochant à mon cou.
− À mourir. Je ne te dis pas.
En la voyant froncer les sourcils, je fais de même.
− Qu'est-ce ce qu'il y a ?
− Ta mère nous regarde.
− Quoi ?
Je me retourne et en effet, je reconnais la BMW que ma mère utilise souvent pour ses petites sorties. Je me penche vers Tris et plaque un bisou sur sa joue avant de me diriger vers la voiture.
Ma mère baisse la vitre en sortant une main, et affiche son plus beau sourire, ce sourire dont je suis tombé amoureux la première fois que je l'ai vu...
Elle était resplendissante comme toujours, et en la voyant, on aurait cru qu'elle s'apprêtait à poser pour un magazine.
C'était l'impression que j'avais eu en la voyant entrer dans ma chambre la première fois que je l'ai vue.
Flash-back
Recroqueviller près de ma table, je fixais un point sans vraiment le voir. J'étais perdu dans mes pensées, je repensais encore et encore à ce jour funeste où j'ai trouvé mon père allonger par terre, un verre dans la gorge.
N'ayant plus aucune famille, j'ai été du coup placé dans un orphelinat. J'y ai passé deux ans. Deux ans à me tourmenter, à penser sans cesse à la mort de ma famille. Ils m'avaient abandonnés parce qu'ils ne pouvaient vivre sans l'autre. Je les aimais aussi. Mais j'étais jeune. À 5 ans, on ne pouvait pas décider de mettre fin à ses jours pour rejoindre sa famille. En tout cas "moi " je ne pouvais pas décider de mettre fin à mes jours.
En sortant de mes pensées, j'ai remarqué une jeune dame devant moi. Elle était très belle avec sa grande taille, ses grands yeux pers, sa bouche fine et sa peau fraîche, j'avais l'impression de voir un mannequin en plein défiler.
Elle m'a souri et m'a tendus une main fine que je n'ai pas hésité à serrer dans ma petite main. Je lui aie rendu son souris sans me rendre compte que s'était mon premier depuis la mort de mon père.
− Ça va ? M’a-t-elle demandé d'une voie douce.
− Maintenant oui.
Son rire avait merveilleusement brisé l'air sombre de ma chambre. C'était comme une nouvelle vie, et cette impression avait emplit une partie de mon cœur. J'avais eu envie de toujours la voir rire, l'entendre aussi.
− On m'a dit que tu t'étais bagarré avec un enfant.
− Moi aussi je suis un enfant, donc deux enfants qui se bagarrent, il n'y a pas de mal, non ? Ai-je répliqué, farouche.
- Vous ne vous êtes pas bagarré. "Tu" l'as frappé.” rectifie-elle.
J'avais haussé les épaules en m'adossant contre ma chaise.
− Peut-être bien.
Fin du flash-back
− Mais que fait tu ici maman ? Je demande en l'embrassant.
− Un salut ne coûterait même pas un dollars.
− Excuse-moi. Bonjour maman. Je suis juste surpris de te voir ici. Tu ne m'a pas dit que tu venais.
− C'était une surprise. Entre.
− On va où ?
− Mais entre d'abord.
− Je te rappel que j'ai ma caisse.
Elle sort de la voiture, et je souris. Elle ne perd rien pour attendre. Maintenant, tout le lycée nous regarde. Elle demande au chauffeur de conduire ma voiture, donc je lui tends mes clés et elle grimpe ensuite au volant de la BMW.
Je fais un peu la tête, puis monte.
− Comme si j'étais un bébé, pff.
Elle rire tandis que le chauffeur nous devançait.
− Mais tu es mon bébé.
− Ah non. Quand j'avais dix ans peut-être mais plus maintenant. J'ai 17 ans je te rappel.
− "Bientôt " 17 ans, rectifie-elle.
− Comme tu veux.
Elle se penche soudainement contre la vitre et je fronce les sourcils en me demandant ce qui pouvait bien attirer ainsi son attention.
− Elle m'a l'aire bien triste.
− Qui ça ?
− La fille, là, dit-elle en se callant pour me permettre de voir "la fille, là" en question.
Mon cœur rate plusieurs battements, et je mets la faute sur la position pas très confortable que j'aie adoptée.
− Ce n'est pas une pauvre maman.
− Mais elle a l'aire de ne pas aller bien, insiste-t-elle.
− Ça, ce n’est pas ton problème, dis-je sèchement.
− Je pourrais lui proposer qu'on la...
− Ah ça non ! Je proteste en devinant la suite de ses pensées.
− Mais quoi ? Tu la connais ?
− Non.
− Alors ?
− Elle n’entre pas dans cette caisse. Je suis sérieux maman !
Elle fronce les sourcils et jette un regard par la vitre avant de se tourner vers moi.
− Ce n'est pas très gentil ce que tu dis là.
La- voiture s'arrête enfin à la maison après un quelques minutes. Je tends la main à ma mère pour l'aider à sortir, mais elle m'ignore royalement.
− Je ne suis pas vieille, protesta-t-elle en sortant.
− Après, ne me reproche pas de ne pas être galant.
Nous nous dirigeons vers l'entrée de la maison et en voyant le jardinier, je lui fais un signe de tête en guise de salutation.
− Bonsoir m'sieur. M'dame.
Je déteste quand il me donne du Monsieur. Je ne sais plus combien de fois je lui ai refusé de m'appeler ainsi.
− Comment allez-vous ? demande ma mère dans un sourire en cueillant une rose rouge.
− Très bien m'dame.
Une fois à l'intérieur, je n'ai qu'une envie, c'est de m'étaler sur mon lit. Je suis complètement épuisé. Mais alors que je me dirigeais vers l'escalier, ma mère m'attrape par le coude et me tire vers le salon, malgré mes protestations.
− Maman, je ne te dis pas combien j'ai sommeil. On ne pourrait pas parler plus tard ?
− Non, non. Assied toi.
− Il y a un problème ?
− Non. Juste que... je voulais savoir... enfin...
Je finis par rouler des yeux.
− Parle, maman.
− Je voulais savoir, t'as bien une copine ?
− Non.
Elle me regarde étonner avant d'élaborer un sourire.
− Et la jeune fille que tu embrassais tout à l'heure ?
− Mais enfin. Ce n'est personne. Juste une amie.
− Ah bon ?
− Hum....
− Et tu embrasses toutes tes amies ?
− Pas toutes. Seulement celles qui me plaisent, je réponds en m'adossant paresseusement.
− Et tu penses me présenter une d'elles quand ?
− Jamais. Aucune d'elles ne méritent que tu les rencontres. Donc...
− Mais peu importe !
− Non. Je ne veux pas qu'elles se fassent des idées. Si je fais ce pas, elles croiront que je tiens à elles.
− Et tu n'as personne à qui tu tiens vraiment ?
− Non, personne. Et je ne le veux même pas.
− David ?
Je sursaute en ouvrant mes yeux lourds de fatigue. Ma mère me regarde avec un air moqueur.
− Tu es vraiment fatiguer on dirait.
− C'est ce que je te disais.
− Bon va te coucher.
Elle se lève et je l'imite, et monte l'escalier quatre à quatre pour vite atteindre ma chambre. Je ne prends même pas le soin d'enlever mes habits, je m'étale de tout mon long sur le lit et soupire d'aise. Depuis le temps que j'attendais ça.
Prenant une profonde inspiration, je ferme les yeux.
Mais l'image maudis de cette fille me monte en tête et m'empêche de dormir. Ces yeux pers comme ceux de ma mère, son visage ovale, sa bouche pleine, et son corps (même s'il n'est pas du tout séduisant) se dessinent devant moi.
Je grogne en la chassant de mon esprit, mais elle ne veut pas parti.